Bourse de PME, où es-tu?
En France, sous l'impulsion de Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, Fabrice Demarigny s'est penché sur le sort des petites et moyennes entreprises cotées. L'ancien secrétaire général du Comité des régulateurs européens des valeurs mobilières (CESR) en a conclu qu'il fallait abaisser les exigences de cotation pour celles-ci. Mais aussi de créer un MTF paneuropéen (système multilatéral de transactions) pour la négociation de ces valeurs.
Du côté de la Commission européenne, ce projet a le soutien de Michel Barnier, le commissaire au Marché Intérieur. Eddy Wymeersch, le président du CESR, juge également ce projet intéressant. "Nous devrions essayer de le mettre sur les rails" a-t-il confié lundi, lors de la conférence annuelle sur les services financiers.Un tel marché n'a rien de compliqué à mettre en place selon le président du CESR. Il existe déjà des dispositions légales permettant d'alléger les exigences de cotation des petites PME."Le principal problème d'un tel marché est sa liquidité. Comment assurer celle-ci?".
La réponse tient dans ce terme étrange de teneurs de liquidité. Un broker achète et vend en permanence des titres pour assurer la liquidité (la capacité d'un titre à être échangé). Mais évidemment, il ne le fait pas gratuitement. A Bruxelles, certaines PME disposent d'un teneur de liquidité. Mais elles doivent le rétribuer.
Pas simple, donc.
Mais ce projet arrive dans un contexte particulier pour les Bourses. NYSE Euronext, le London Stock Exchange et Deutsche Börse doivent composer avec une concurrence qui rogne leurs revenus.
Cette concurrence a eu pour effet de concentrer la bataille sur les titres les plus liquides comme ABInBev, Fortis, Dexia et KBC chez nous. Mais les Bourses se plaignent désormais de devoir assurer la cotation des PME, beaucoup moins rentables.
Elles pourraient être tentées de se débarrasser de celles-ci. Le projet de Demarigny viendrait alors à point nommé.
Mais il reste en suspens la question des titres cotés sur Alternext et le Marché Libre. Ceux-ci ne seront pas éligibles pour le MTF paneuropéen de Demarigny.
Peut-être que leur sort tient dans les mains d'une autre Bourse, spécialement dédiée à celles-ci. Bruno Colmant, l'ancien président d'Euronext Bruxelles, le pense.
Un dossier à suivre, donc.
Jennifer Nille

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