Posté le 11 mai 2010 par Jennifer Nille

A qui la faute?

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La Securities and Exchange Commission (représentée ici par sa présidente, Mary Schapiro)  a entendu lundi tous les patrons de Bourses américaines, du moins, six d'entre elles, et non des moindres. NYSE Euronext, Nasdaq OMX, BATS, Direct Edge, l'International Securities Exchange et le CBOE ont tous plaidé pour des règles communes de transactions.

Avant cet accord de principe, les critiques avaient fusé contre le New York Stock Exchange. La Bourse dispose de coupe-circuits qui interrompent les transactions durant 30 à 90 secondes si le Dow Jones chute d'au moins 10%.

Les autres marchés ne disposent pas du même système. Bats annule tout simplement les ordres qui divergent du prix de référence (le National Best Bid & Offer). Randy Williams, vice-président, a précisé que 95% des ordres sur Bats ont été annulé  durant les dix minutes du plongeon du Dow Jones. 

Le NYSE s'est lui défendu en critiquant l'absence de coupe-circuits sur les plateformes alternatives. 

Tous se sont en revanche accordés pour conclure qu'il ne s'agissait pas d'une transaction erronée à l'origine du krach éclair de jeudi. 

Dealbook rapporte toutefois qu'un hedge fund, Universa Investments, a investi dans 7,5 millions de dollars d'options put sur le CBOE juste avant que le Dow Jones ne dégringole.

Le hedge fund compte parmi ses conseillers Nassim Taleb, Mr. Black Swan. 

La SEC doit encore déterminer ce qui s'est passé.

Un point inquiète toutefois certains observateurs. "Il semble qu'une banque a rencontré de sérieux soucis sur son desk" commente un gestionnaire de fonds. "On dirait que le processus de risk management d'une banque n'a pas fonctionné pour couper cet ordre"' souligne Patrick Young, président de Derivatives Vision. "Ce n'était pas une erreur, c'était quelqu'un qui voulait vendre un gros montant de titres" ajoute-t-il.

Normalement, les dark pools servent à absorber les ordres de cette taille. Ceci permet de minimiser l'impact sur les marchés. Ici, rien n'a fonctionné. Larry Leibowitz, le COO de NYSE Euronext, a précisé que tous les ordres ont été déroutés vers le Big Board. 

Ce n'est pas la première fois que des banques montrent des problèmes avec leur gestion de risque. Les épisodes de la Barings, et de Jérôme Kerviel à la Société Générale présentent d'étranges similarités avec ce qui s'est passé jeudi dernier.

Sauf que depuis la crise financière, la taille des banques a considérablement grossi. Je vous laisse imaginer quels dégâts ceci peut causer.

Jennifer Nille


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