Posté le 4 mai 2010 par Jennifer Nille

Dérivés, la voie de salut des Bourses

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NYSE Euronext a publié ce mardi ses résultats trimestriels.Premier constat: seule son activité dérivés lui a rapporté sur la période. Les transactions sur actions aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe (le groupe rassemble Bourses de New York, Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne) se sont elles révelées encore moins rentables.

Le groupe ne cesse depuis quelques trimestres de mettre l'accent sur la diversification de ses activités. Il ne veut plus dépendre uniquement des commissions de cotation et surtout du trading en actions.

Aux Etats-Unis et en Europe, le trading est désormais devenu moins rentable sous l'effet de la concurrence. Des acteurs comme Bats Trading et Chi-X ont apporté un nouveau modèle de prix, rétribuant la liquidité apportée sur leur marché.

Ce modèle a toutefois une limite: si la plateforme alternative veut espérer survivre financièrement, elle doit atteindre une certaine part de marché et générer des volumes importants. En  Europe, seul Chi-X peut y prétendre, et  encore. Un coup d'oeil sur le site de la plateforme permet de comprendre. 

Les Bourses comme NYSE Euronext ont dû réagir. Elles ont dû diminuer leurs tarifs et procéder à de lourds investissements informatiques pour pouvoir contrer les attaques de Chi-X et consorts.

Elles doivent aussi trouver de nouvelles sources de revenus. D'où les dérivés.

Patrick Young, président de Derivatives Vision, et auteur du livre "The New Capital Market Revolution", y écrivait notamment, en 2003: " le plus gros marché du monde en 2010 ne sera pas celui des actions, ni des obligations, ni des changes". Ce sera selon lui les dérivés.

Une Bourse comme le Chicago Mercantile Exchange, uniquement dédiée à ceux-ci, pèse désormais plus lourd que NYSE Euronext en termes de capitalisation boursière. Seul Deutsche Börse la dépasse. Mais la Bourse allemande tire l'essentiel de ses revenus des dérivés.

NYSE Euronext mise donc sur le bon cheval, on dirait.

Réactions

Oui, mais d'où lui viendra alors au sous-jacent (actions et obligations) son pricing s'il n'y en a plus de marché, s'il n'y en a plus d'offre ni de demande pour cause d'hypertrophie du marché des dérivés et structurés?
Ainsi c'est le marché ou l'offre et la demande de dérivés ou structurés qui pilotera le pricing d'un sous-jacent censé être lui-même à la base du pricing des dérivés et structurés (via notamment la volatilité; mais si tout le marché abandonne le sous-jacent pour ne s'occuper que de dérivés ou structurés, d'où lui viendrait alors au sous-jacent sa volatilité?).
Ce sera donc le marché des dérivés et structurés qui décidera du marché (s'il y en a encore) du sous-jacent, et donc c'est le prix (calculé paradoxalement à partir d'un sous-jacent fantôme) des dérivés et structurés qui décidera du prix du sous-jacent pourtant censé servir de base pour le calcul du prix des dérivés et structurés.

Le plus gros volume de structurés émis en 2005, sauf erreur, c'était en Europe. Et au sein de l'Europe, le pays qui a utilisé en 2005 le plus de produits structurés, c'est l'Italie. Ce pays n'est-il pas réputé pour être le siège social d'une organisation pas très saine ni très transparente? Tout comme les produits susmentionnés?

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