De précieux colocataires
Mercredi dernier, NYSE Euronext a annoncé l'ouverture officielle de son centre de données européen. Celui-ci est localisé à Basildon, à une trentaine de kilomètres de Londres.
Ce déménagement avait suscité de vives réactions l'an dernier en France lorsque les projets avaient été dévoilé. En Belgique, par contre, ceci n'a pas fait grand bruit. Le grand Shakespeare aurait demandé si beaucoup de bruit aurait été fait pour rien.
La raison invoquée par NYSE Euronext pour ce changement, c'est la possibilité de réduire le temps de latence des ordres. Le centre de données va pouvoir abriter les serveurs informatiques de sa clientèle. Ceci s'appelle la colocation.
Tous les membres de NYSE Euronext ne demandent pas ce service. Les petits courtiers ne le font pas pour une question de frais. Les grandes banques d'investissement et les hedge funds en sont par contre particulièrement friands.
Pour ces acteurs, la proximité physique avec une Bourse est importante. Concentrés à Londres, ils utilisent le trading algorithmique, pour lequel la vitesse d'exécution compte plus que tout. La colocation répond à leur besoin de vitesse.
Entre 55 et 58% des volumes de transactions sur NYSE Euronext en Europe (y compris à Bruxelles) proviennent de ces acteurs anglo-saxons. Je rappelle qu'à Bruxelles, les volumes de transactions se concentrent sur les titres les plus liquides du Bel20, à savoir ABInBev, Ageas, KBC, Dexia, Delhaize, ...
Coïncidence, ce jeudi, les indices phares des marchés européens de NYSE Euronext ont connu "des problèmes de diffusion"...Une colocation difficile?

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