Qui veut la peau des algo traders?
Bloomberg rapportait vendredi que la Commission européenne se penche sur le cas des traders à haute fréquence (ou algo traders). Celle-ci a indiqué qu'elle enquête auprès des hedge funds et des banques pour comprendre cette pratique. Ceci, dans le but de définir de nouvelles règles, plus strictes, pour sa directive sur les abus de marché.
La révision de cette directive est attendue pour la fin de l'année.
La Commission européenne a visiblement décidé de prendre les devants pour tout ce qui touche de près ou de loin à la réforme financière. La semaine dernière, lors de la réunion annuelle sur les services financiers, Michel Barnier (photo), le commissaire au Marché Intérieur, a dévoilé son plan d'attaque. La priorité est donnée à la régulation des credit default swaps.
L'intervention de la Commission survient alors que le comité des régulateurs européens de valeurs mobilière (CESR) a clôturé vendredi dernier son call for evidence sur les pratiques des marchés. Lors d'une interview que L'Echo a conduite avec Eddy Wymeersch, le président du CESR, celui-ci avait reconnu que le trading à haute fréquence s'avère beaucoup plus difficile à contrôler pour les régulateurs.On le comprend. Derrière ce trading se cache un ordinateur qui envoie les ordres en moins de temps qu'il ne faut pour dire ouf. Hedge funds comme Citadel Investments, Getco (deux acteurs importants sur les marchés européens) et Renaissance Technologies l'utilisent. Le trading pour compte propre des banques aussi. La vitesse compte avant tout pour ceux-ci, et les régulateurs doivent s'adapter tant bien que mal.
Outre-Atlantique, les régulateurs tentent de déterminer si ces pratiques bénéficient à Wall Street plus qu'aux investisseurs particuliers.
Certaines stratégies utilisées par le trading à haute fréquence posent en effet quelques questions. La première, c'est le flash trading. Ici, un trader peut voir avant tout le monde les ordres sur une valeur.
Une autre, c'est le Liquidity rebate trading, où le programme analyse tous les ordres entrant sur un marché pour essayer de repérer celui d'un gros institutionnel.
Certains hedge funds ont développé des programmes pour scanner les ordres sur les dark pools (ces plateformes où les ordres sont exécutés de manière anonyme). Ceci s'appelle le gaming. Et ce terme fait bondir Eddy Wymeersch.
Aux Etats-Unis, la Securities Exchange Commission (SEC) s'est aussi penchée sur le cas des stratégies dites d'arbitrage de latence. Avec la tendance à la colocation des ordres (où le serveur de la Bourse ou d'un MTF abrite les propres serveurs informatiques des banques et hedge funds), celles-ci sont apparues. Les traders vont tout simplement détecter les ordres de leurs concurrents sur le serveur de la Bourse ou du MTF.
La liste peut encore s'allonger. Irène Aldrige en a même fait tout un livre.
Attention, il ne s'adresse qu'à un public assez calé dans cette matière.

le gaming = truc pour detecter un gros ordre instutionnel puis" go go front running"... pas tres ethique tous ca. y en a mare des bots... sauf quand il se trompe héhé
Réaction de henry | 3 mai 2010 à 5:13
vous avez oubliez de parler des algorithmes qui analyses les nouvelles reuters et blomberg en vue de detectez les new importante et de reagir aux centieme de seconde. y a plus de trader humain dans les banques plus que des bot avec des "java specialist" des des "risk manager" et autre back office à la con.
Réaction de henry | 3 mai 2010 à 5:17
Je n'ai pas oublié. Il y a un précédent post qui est entièrement consacré à ce sujet.
Réaction de Jennifer Nille | 3 mai 2010 à 5:19
liquidity rebate ne cherche pas vraiment a reperer les gros ordres. Juste profiter de la politique de tarification des echanges type chi-x: les ordres offrant de la liquidité sont payés. Si une strategie arrive a trader beaucoup de volume (sans perdre d'argent ni en gagner) en apportant de la liquidité, cela génére un profit.
Réaction de julien | 3 mai 2010 à 5:38
Merci pour ces précisions, Julien.
Réaction de Jennifer Nille | 3 mai 2010 à 5:41
Ensuite c'est vrai que souvent les strategies essayent de combiner plusieurs idées ensemble pour en tirer le meilleur.
une strategy liquidity rebate, qui en plus génère des profits en elle même est forcement plus interessante.
Ceci dit en europe les echanegs type chi-x sont encore moins liquides que les echanges plus classiques.
Réaction de julien | 3 mai 2010 à 5:57
Et que penser des Life Settlement, ce marché secondaire des assurances vie américaines, revendues sous forme de fonds de type branche 23 en belgique ? merci pour vos avis éclairés sur ce sujet.
Réaction de malko | 4 mai 2010 à 8:50
Malko, le marché du life settlement a subi une désertion importante durant la crise financière, et certaines banques se sont dégagées définitivement de celui-ci. Quelques gestionnaires de hedge funds que j'ai rencontré m'ont également dit avoir quitté celui-ci. Et une banque que je ne citerai pas ne veut absolulement pas s'y engager.
Aux Etats-Unis, le monde de l'assurance voit d'un mauvais oeil ce marché. Des réglementations ont déjà été adoptées pour encadrer celui-ci et certains pensent que ce n'est pas fini. Il y a eu des abus.
Goldman Sachs veut en outre titriser ce marché.
A vous de voir.
Réaction de Jennifer Nille | 4 mai 2010 à 10:21
Une taxe de 0.01% de tous les ordres rendraient ces pratiques moins rentables, donc plus rare.
Réaction de Jean-Louis | 4 mai 2010 à 1:37
la grosse question etant: pourquoi vouloir retirer ses pratiques?
les algos apportent de la liquidite, encouragent les echanges a baisser les couts.
Est ce vraiment mieux d'avoir des specialistes qui s'entendent sur les prix et quotes des spreads enormes? Je ne suis pas sur
Réaction de julien | 4 mai 2010 à 2:56
pour julien. ces techniques de bot doivent soit disant apporter de la liquidité au marché... hem hem. quel blague!!les marché ne me semble pas si liquide ca... tu veut vendre market 1000 cnp (c'est dans le bel 20) a l'ouverture c'est -3% direct. les carnets d'ordre sont vides. y a peine 5 ans y avait plein d'ordre limit fixe qui freinait la baisse du marché dans les mid cap. mais tu veut vendre 5000 sofina ou 1000 d'iteren en vitesse c'est -10%. vive la liquidité.
Réaction de henry | 4 mai 2010 à 11:21
moi je trouve l'ancien modele de la bourse monopolistique meilleurs. Tout le monde gagnait ca vie proprement. sans manipulation. y avait plus de spread achat vente certe mais la liquidité etait meilleur.kbc ou dexia bougeait moins que maintenant. le mieux est l'ennemi du bien. comme maintenant les courtier gagne plus rien en executant des ordres ; ils font du front running. super la progrès!!!
Réaction de henry | 4 mai 2010 à 11:26
Henry:
je sais pas si les stocks du bel20 font assez de volume pour attirer les bots de liquidité.
La difference de situation ne viens pas simplement dela presence de bots ou pas, clairement les volumes echangés sont en forte baisse ces deux derniéres années. Forcement ca reduit aussi la présence d'ordres limites.
N'etant pas courtier et ne travaillant pas avec eux, je peux pas trop dire sur le front running.
Réaction de julien | 5 mai 2010 à 12:25