A la lumière de l'affaire Kerviel
Ce mardi, le procès de Jérôme Kerviel débutera. Cet ex-trader de la Société Générale avait causé à la banque des pertes de 4,9 milliards d'euros après avoir pris jusqu'à 50 milliards de positions sur les indices européens il y a deux ans. Celle-ci clame son innocence dans cette affaire et prétend avoir été victime d'une fraude.
Je ne vais pas m'étendre davantage sur cette affaire qui va encore faire couler beaucoup d'encre. Toutefois, celle-ci a mis au jour l'activité de trading pour compte propre des banques, appelée aussi prop trading.
Celle-ci est beaucoup scrutée dans la sphère financière, car très rentable. En résumé, les traders de la banques vont exploiter différents marchés, comme un hedge funds. D'ailleurs, dans le milieu, un hedge funds, c'est un trader qui a réussi, comme on dit. Les stratégiés Relative Value ou fixed income arbitrage sont nées des salles de trading des banques.
Lorsqu'une banque publie ses résultats, ce segment est particulièrement surveillé. Il est capable à lui seul d'influencer négativement le cours de Bourse de la société s'il s'avère décevant. Il faut dire que les montants engagés dans cette activité peuvent excéder les fonds propres de la banque. L'affaire Kerviel l'a démontré.
Aux Etats-Unis, le président Barack Obama a voulu serrer la vis sur cette activité. Mais après le lobby des banques à Washington, il devrait en résulter juste une augmentation des fonds propres de celles-ci. La question des véhicules hors bilan, qui avaient tant posé problème lors de la crise financière, reste en suspens.
Pour revenir aux marchés, il faut savoir que le prop trading génère beaucoup de volumes de transactions. Rien que sur les marchés d'actions,son influence est certaine. Sur Euronext Bruxelles, Crédit Suisse, BNP Paribas et Morgan Stanley ont fait tourner à plein régime leur prop trading en mai. Et ce, grâce au trading algorithmique.
Celui-ci commence à prendre le pas sur le trader humain. Si bien que lors du krach éclair du 6 mai à Wall Street, les regards se sont tournés vers les bots.
Jérôme Kerviel pourrait bien s'avérer le dernier trader à faire paniquer les marchés.

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