Des marchés à deux vitesses
Les marchés d'actions peuvent se diviser en deux. D'une part, on y retrouve les blue chips, les plus échangés et proie des traders à haute fréquence. D'autre part, on y retrouve les actions de sociétés beaucoup moins sous les feux des projecteurs, et dont la liquidité laisse à désirer.
Pour ces titres, quelques solutions ont été trouvées pour augmenter leur liquidité, mais cela dépend. Sur les marchés européens de NYSE Euronext, certains bénéficient d'un teneur de liquidité, c'est-à-dire qu'un membre de la Bourse (une banque ou société de Bourse) va acheter et vendre en permanence les actions d'une société. Toutefois, ce service n'est pas gratuit pour cette dernière. Et toutes ne choisissent pas cette option.
Les petites et moyennes entreprises se retrouvent confrontées à ce problème en Bourse. Toutefois, en Europe, toutes ne sont pas logées à la même enseigne. En Allemagne, les Bourses locales servent à la cotation et au trading des PME, bien loin des turpitudes existentielles de Deutsche Börse, la Bourse de Francfort où se concentrent les poids lourds comme Daimler, Siemens ou Deutsche Bank.
Chez Deutsche Börse, on jure pourtant traiter les PME avec soin. Des spécialistes sur le parquet de la Bourse sont spécialement dédiés à celles-ci.
Au Royaume-Uni, l'Alternative Investment Market visait aussi celles-ci. Lancé en 1995, celui-ci a attiré plus de 3000 sociétés. Dix années plus tard, Plus Markets, une initiative indépendante, viendra compléter l'offre pour les PME. Celle-ci liste 185 sociétés, et détient le statut de Bourse. Il est bâti sur un modèle quote driven (avec teneurs de liquidité). Sa particularité repose sur les investisseurs auxquels il s'adresse: les particuliers.
Au niveau européen, des projets se fomentent pour créer un MTF (un système multilatéral de transactions) paneuropéen pour les PME. C'est le souhait de Fabrice Demarigny, l'ancien sécrétaire général du CESR, avocat chez Mazars, soutenu par le Commissaire européen au Marché Intérieur, Michel Barnier.
En Belgique, les PME disposent d'Alternext et du Marché Libre sur Euronext Bruxelles. Mais une étude plus attentive de la cote bruxelloise montre que même certaines valeurs du Bel20 tombent dans la catégorie des PME, si on les considère à l'échelle européenne. Le label PME que veut Demarigny pourrait inclure des titres comme la BNB, la Gimv, Omega Pharma,... des titres pas très traités en Bourse.
"Les options se mutliplient pour les PME cotées" constatait il y a peu Anshuman Jaswal, un analyste chez Celent, une firme de consultance. Même du côté belge?

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