Posté le 18 juin 2010 par Jennifer Nille

Des marchés vraiment liquides?


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En plein coeur de la tempête financière en 2008, seuls les marchés d'actions ont continué à fonctionner normalement. Du côté des Bourses, on le répète à l'envi depuis. Elles entendent par là que la liquidité du marché a toujours été assurée, c'est-à-dire qu'un ordre de Bourse puisse être exécuté sans problème.

Certes, un coup d'oeil aux autres marchés permet de comprendre le désastre. Les marchés d'actions figurent de  petit poucet comparés aux marchés obligataires, et je ne parle même pas du change et des dérivés (les deux plus gros). Et beaucoup, si pas la totalité des transactions, s'effectuent de gré à gré. Du côté du marché des changes, on argumente que vouloir réglementer tout ça va poser des problèmes, notamment de standardisation. Le même argument a été avancé pour le clearing des credit-default swap.

Lors de la crise, la panique chez les intervenants a asseché certaines parties de ces marchés. Le plus saisissant fut l'exemple des CDO (ces obligations adossées à un emprunt), pour lesquels le marché a tout simplement cessé de fonctionner.

Du côté des marchés d'actions, tout n'est pas rose pour autant. Depuis MiFID, les marchés européens doivent  composer avec une part grandissante du gré à gré. Près de 40% des volumes de transactions transitent hors Bourse, hors MTF, désormais.

Sur les Bourses et les MTF, une nouvelle forme de teneurs de liquidités a également fait son apparition dans le même temps. Sur les marchés européens de NYSE Euronext, Citadel Investments et Getco figurent parmi les traders les plus actifs.

Chez Citadel Investments (une firme de hedge funds), même si l'on s'en défend, le trading à haute fréquence représente une poule aux oeufs d'or. Getco, un arbitragiste, lui, en a fait son business.

Getco traite aux Etats-Unis plus d'un milliard d'actions par jour. Il s'agit du plus gros trader à haute fréquence sur les marchés américains. On peut également dire qu'il est le plus gros trader à haute fréquence au monde.

Il faut savoir que ces traders un peu particuliers n'ont pas les mêmes obligations que les autres acteurs du marché. A commencer par l'obligation de négocier les ordres coûte que coûte.

Durant le krach éclair du Dow Jones le 6 mai, Tradebot, le deuxième plus gros trader à haute fréquence à Wall Street, a tout simplement décidé de couper ses programmes devant la volatilité des marchés. Pas étonnant que la liquidité se soit brusquement assechée.

Zero Hedge, un blog très bien renseigné sur les pratiques de Wall Street, s'inquiète régulièrement de ce qu'il appelle "l'incroyable liquidité des marché qui rétrécit". Le MIT s'est d'ailleurs aussi penché sur le phénomène.

Bizarrement, du côté des régulateurs, cet aspect-là échappe pour l'instant à toute enquête.





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