L'Europe au centre de l'attention
Les statistiques publiées lundi par Thomson Reuters sur la fragmentation des marchés européens montrent que l'Europe est particulièrement ciblée par les investisseurs étrangers. Aux Etats-Unis, les volumes de transactions ont chuté. Sur le Vieux Continent, le phénomène inverse s'observe.
Les volumes ont aussi bien progressé depuis le début de l'année hors Bourse que sur les marchés réglementés et les MTF. Sur Euronext Bruxelles, malgré une part grandissante du gré à gré, les transactions ont également augmenté. Un article de l'Echo papier soulignait lundi qu'en mai, près de 50% des volumes de transactions sur le Bel20 se sont déroulés hors Bourse, loin d'Euronext Bruxelles, de Chi-X et des dark pools.
Attention, les chiffres de Thomson Reuters doivent être pris avec des pincettes. Le président de la Bourse de Bruxelles et CESR (le comité des régulateurs européens de valeurs mobilières) ont souligné qu'une même transaction peut être comptabilisée sur plusieurs places d'éxecution.
Derrière cette progression, on retrouve nos amis les algo traders. L'actualité européenne avec, au choix, la crise grecque, la contagion aux autres économies, la fragilité de l'euro, les plans de rachat d'obligations de la BCE, les mesures d'austérité prises ici et là,... donnent le tournis aux bots.
Les chiffres de Thomson Reuters montrent également une transparence moindre des marchés. Entre 30 et 40% (et parfois plus) des volumes de transactions se traitent hors Bourse, comme si chaque investisseur (on imagine institutionnel) voulait qu'on ne sache pas ce qu'il traite. Il faut dire que sur les marchés comme Euronext ou Chi-X et même les dark pools, certains bots peuvent aller détecter les ordres de bloc.
Toutefois, ces chiffres illustrent aussi la fragilité du sentiment des investisseurs. MTS, la plateforme sur laquelle s'échangent les obligations d'Etat, voit augmenter la part de gré à gré lors de chaque tension sur les marchés, comme en 2008, comme maintenant.
Coïncidence, la part du gré à gré sur les marchés européens a commencé à augmenter depuis novembre 2007, date de l'implémentation de MiFID. En juillet 2007, les soubresauts des marchés commençaient, avec la chute des hedge funds de Bear Stearns et les autres développements du subprime. Le parallèle est interpellant.
Dès lors, que doit-on comprendre avec cette augmentation du gré à gré en Europe?

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