juin 2010

Ce blog veut essayer de faire découvrir le monde obscur du trading. Il veut décrire comment les dark pools, algo-traders, MTFs,... fonctionnent, et ce qu'ils entraînent comme changement sur les marchés. Les autres acteurs (régulateurs et Bourses traditionnelles) seront également épinglés.

Posté le 4 juin 2010 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

En mai, les bots font ce qui leur plaisent


671192

Le mois de mai s'est achevé sur une hausse des volumes de transactions sur les marchés. Du moins, sur ceux de NYSE Euronext, qui publiait ce vendredi ses chiffres du mois. 

Le nombre de transactions  sur le marchés au comptant du groupe a progressé de 37,9% par rapport  à mai 2010 en Europe, et de 28,2% par rapport à avril, précise un communiqué. 

Derrière cette progression, on retrouve les traders à haute fréquence. La hausse de la volatilité sur les marchés le mois dernier s'est avérée une belle source d'opportunité pour ceux-ci. 

Citadel Investments, un hedge fund très présent sur les marchés du Vieux Continent, mais aussi Crédit Suisse, BNP Paribas, Morgan Stanley et Société Générale ont été particulièrement actifs sur les marchés cash d'Euronext. 

Les titres les plus liquides des indices européens ont été plébiscités, en particulier les valeurs financières. 

Dans le même temps, les volumes sur les dérivés ont également progressé, Le volume moyen quotidien sur les dérivés sur NYSE Euronext en Europe a bondi de 52% sur un an. Les futures et les produits liés aux indices ont été prisés. Ceci sent la couverture de positions à plein nez.

Les bots ont tiré leur épingle du jeu en mai. L'analyse fondamentale employée par certains hedge funds, dont les fonds Equity Long/short, n'a pas vraiment fonctionné. Ceux-ci signent une piètre performance de -5,13% sur le mois, selon Bank of America. 

L'approche buy & hold aura également montré ses limites. Rappelons que les marchés évoluent dans le rouge depuis le début de l'année, et le mois de mai à lui seul a creusé leurs pertes.

Posté le 3 juin 2010 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Tout en Bourse?

Photonews_10122150017

Tout ne se traite pas en Bourse. A part les actions, les certificats et certains dérivés, les produits de placement restent encore loin des marchés réglementés.

Les fonds d'investissement, par exemple. Leur prix (autrement dit leur valeur nette d'inventaire) est calculé selon des règles comptables. Il n'est pas déterminé par le jeu de l'offre et de la demande, comme pour les actions.

Pourtant, d'après Clearstream, la chambre de compensation luxembourgeoise propriété de Deutsche Börse, quelques 5% des fonds européens se traitent sur une Bourse. Lors du 7ème sommet sur les fonds organisé par la firme à Bruxelles ce mercredi, Sergio Venti, Vice-président en charge des services sur les fonds d'investissement, a indiqué que cela pourrait inciter les régulateurs à réflechir à une telle migration.

Il s'est livré à un petit calcul: "l'an dernier, 40% des ordres sur les fonds auraient pu être éligibles sur une Bourse". Ceci signifie que tous les ordres sur les fonds ne doivent pas nécessairement être traités en Bourse.

"Cette solution conviendrait aux banques privées, et petites firmes qui n'ont pas un accès direct au  marché. Mais pas aux grandes banques qui ont déjà leurs solutions" ajoute-t-il.

Pour l'investisseur particulier, par contre, une cotation en Bourse des fonds s'avèrerait une bonne chose. D'une part, parce qu'il aurait accès à tous les fonds. Rappelons qu'en Belgique, pour avoir accès aux fonds de JPMorgan, Blackrock, Invesco,... il faut trouver leurs distributeurs. Les grandes banques ne les proposent pas, et si elle le font, elles se prélèvent une marge au passage. De quoi dissuader les investisseurs.

D'autre part, l'investisseur pourrait mieux suivre l'évolution de son fonds.

Toutefois, ceci pourrait l'inciter à jouer plus activement avec ses fonds. Ce que l'industrie des fonds européens réprouve. Jean-Baptiste de Franssu, le président de l'Efama, a récemment encore rappelé la volatilité anormale des retraits sur les fonds européens. Un gestionnaire de fonds travaille avec un horizon de placement. Ceci lui causerait des contraintes importantes. 

Les ETF répondent par ailleurs à ce besoin de gestion active. Et ceux-ci sont cotés en Bourse.

Posté le 2 juin 2010 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Dark pools, ou le côté obscur de la force

3789860108

Les dark pools font parler d'eux en ce moment. Les médias et blogs généralistes se sont même penchés sur ces plateformes alternatives où se traitent anonymement les ordres.

Etonnament, les critiques les plus acerbes contre celles-ci viennent de France, un pays déjà auteur d'une restricition pour la taille minimum des ordres exécutés sur ces plateformes.

A l'origine, celles-ci étaient destinées aux ordres de bloc, de grande taille. Vendre 100.000 actions de ABInbev par exemple sur celles-ci permet de limiter l'impact sur le marché. Mais depuis 2008, la taille des ordres a considérablement diminué.

La raison? Les investisseurs se réfugient sur celles-ci pour éviter que leurs ordres soient épiés. Sur les marchés réglementés, la méfiance règne. Les traders à haute fréquence peuvent détecter ces ordres et effectuer la transaction avant eux. Cela s'appelle du front running.

Les MTF ont également dû adapter leur dark pool pour essayer de capturer des volumes traités hors Bourse, de gré à gré.

Car depuis MiFID, entre 30 et 40% des volumes de transactions en Europe s'effectuent de gré à gré.


Les regards se tournent vers les crossing networks, les plateformes des banques comme Goldman Sachs, considérées comme du gré à gré. Celles-ci sont accusées de faire peur à leur clientèle et de les pousser à traiter sur ces plateformes.

Les Bourses dénoncent ces crossing networks car ils ne sont pas soumis aux mêmes exigences que ces dernières. La révision de MiFiD devrait adresser ce problème.

De meilleures données de post-marché aussi. Celles-ci font actuellement cruellement défaut. Elles permettraient de déterminer où sont exécutés les ordres. 

Les Bourses, mais aussi les MTF et le Comité des Régulateurs européens ( CESR) plaident pour une consolidated tape, comme aux Etats-Unis. Celle-ci apporterait une plus grande transparence au marché. Car depuis MiFID, il est devenu moins transparent.

Posté le 1 juin 2010 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Man vs Computer

Traders_OK (2)
En avril, lors du salon Trade Tech rassemblant le monde du trading, le professeur d'informatique de l'université de Bristol, Dave Cliff, a tenté de départager qui de l'ordinateur ou du trader offre la meilleure performance.

Et l'ordinateur en sort vainqueur

Cette expérience vient confirmer le résultat d'une précédente compétition de ce genre, lancée par IBM en 2001. Oui, la société qui avait mis au point Deep Blue, l'ordinateur capable de battre Garry Kasparov aux échecs.

A l'époque, six traders spécialisés dans les matières premières ont affronté les bots (ces programmes informatiques spécialisés dans le trading). Ces derniers ont généré 7% de cash supplémentaires par rapport aux humains. Dave Cliff avait développé un des algorithmes utilisés pour l'expérience d'IBM.

Neuf ans plus tard, Dave Cliff a retenté celle-ci. Avec une variante. Ici, seuls deux ordinateurs affrontaient six traders expérimentés. L'un utilisait le même algorithme qu'employé en 2001 par IBM, et l'autre plus récent, inventé en 2008, le AA algorithm.

Celui-ci présente la particularité de s'adapter aux conditions de marché, même les plus volatiles.

Les résultats de cette expérience ne sont pas définitifs, précise Dave Cliff. Il en dégage toutefois une claire victoire pour l'ordinateur. Et cette fois-ci, il n'a plus déclaré, comme en 2001: " Je n'ai pas créé ces algorithmes pour surperformer les humains".

Rappelons tout de même qu'en 2008, après la faillite de Lehman Brothers, et plus récemment, le 6 mai, lorsque le Dow Jones a connu un krach éclair, les bots ont montré leur limite.

Le trader n'a donc pas dit son dernier mot contre les bots. Du moins, pour l'instant.


Jennifer Nille

Posté le 1 juin 2010 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Londres, prend garde à toi

18301283_h500811

Xavier Rolet (représenté ci-dessus), le patron du London Stock Exchange, a du soucis à se faire. Du moins, si l'on en croit BATS Europe, un de ses concurrents. La plateforme alternative vient d'annoncer sa nouvelle politique de prix, au concept disons-le agressif. A partir de ce mardi 1er juin, elle va réduire à 0,28 point de base les frais pour les traders qui retirent de la liquidité sur sa plateforme.

BATS Europe va aussi charger le même tarif pour ceux qui retirent de la liquidité sur la Bourse de Londres. Celle-ci demande 0,29 points de base, au minimum, pour la même opération. Toutefois, cette promotion s'avère temporaire et dure jusqu'à la fin juillet

La plateforme n'a pas choisi le London Stock Exchange par hasard. En effet, elle affiche des parts de marché sur le FTSE100 et le FTSE250 supérieures à 7%, tandis que sur les marchés allemands et ceux d'Euronext (Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne), celles-ci n'excèdent pas les 4%.

Tous les spécialistes du secteur le disent: il est plus facile d'attirer de la liquidité sur son marché lorsqu'on affiche des parts de marché importantes. Chi-X, leader incontesté des plateformes alternatives, peut en témoigner

Le London Stock Exchange a déjà vu sa part de marché descendre jusqu'à 50% en séance sur le FTSE100, il n'y a pas si longtemps. Le jour du salon Trade Tech, en fait, comme par hasard. Ce mardi, elle affichait 58%. 

Malheureusement pour la Bourse, celle-ci se retrouve la plus attaquée par la concurrence. La présence de ces plateformes à Londres, où banques d'investissement et hedge funds se concentrent, joue en sa défaveur. Et celle-ci ne dispose pas d'autres sources de revenus que le trading, ou si peu.

Mais la plus grande concurrence du LSE réside dans le gré à gré. Selon Bloomberg, cette année, les transactions hors Bourse sur le FTSE100 ont atteint 35%. On se demande encore que représente le prix de référence donné par le LSE...


Jennifer Nille

Dernières réactions sur nos blogs