Un cercle sans fin
Dans une interview accordée au quotidien Les Echos, Dominique Cerutti a dénoncé l'opacité grandissante des marchés d'actions. Selon le directeur-adjoint de NYSE Euronext, quelque 40% des transactions se déroulent hors Bourse, de gré à gré.
La Bourse de Bruxelles n'est pas épargnée par le phénomène. Selon des chiffres de Thomson Reuters (à prendre avec précaution, j'insiste), presque 50% des transactions sur le Bel20 se sont effectuées de gré à gré en mai.
Tout ceci trouve son explication dans la directive MiFID. Celle-ci visait à briser le monopole des Bourses, en permettant les transactions sur des MTF. Mais cette directive présentait quelques lacunes que les banques se sont empressées d'exploiter.
La montée en puissance des transactions de gré à gré date en effet de 2007, au moment où la directive était implémentée.
Il faut toutefois souligner que celles-ci n'ont jamais vraiment quitté le paysage boursier. Avant 2007, 20% des transactions étaient traitées de gré à gré. Ce pourcentage ne doit pas être négligé.
L'automatisation des ordres de Bourses, entamée dans les années 80, aurait pourtant dû enrayer ce phénomène.
Avant le passage de la Bourse de Bruxelles au CATS ( Computer Assisted Trading System) en 1989, le ministre des Finances de l'époque, Philippe Maystadt soulignait qu'une modernisation de la Bourse n'aurait guère de sens si elle ne réussissait pas à ramener sur des marchés organisés les transactions traitées hors Bourse ou à l'étranger.
"Ceci est nécessaire tout à la fois pour des raisons de transparence, de liquidité des marchés et de respect de l'égalité des actionnaires" avait-il dit à l'époque.
Certes, les volumes de transactions sur Bruxelles ont décollé depuis lors. Mais d'un point de vue transparence et égalité des actionnaires, là, on est très loin du compte.
Plus de vingt ans après le début de l'automatisation des ordres au Palais de la Bourse, force est de constater que rien n'a vraiment changé de ce point de vue.
Par contre, la désintermédiation (dans le sens où les intermédiaires financiers disparaissent au profit des ordinateurs) a elle bien réussi. La désertion progressive du Palais de la Bourse en témoigne.

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