Ces très chers courtiers
Dans la série parquets en folie, je voudrais revenir cette fois-ci sur le krach éclair du 6 mai à Wall Street.
Tandis que le Nasdaq, Bats et Direct Edge annulaient les ordres s'écartant trop du Best Bid & Offer, le NYSE a lui pris la décision de couper sa plateforme électronique et de laisser les courtiers (les spécialistes, pour être exacte) de son parquet prendre le relais.
Sans cette intervention humaine, et sachant que toutes les dark pools ont dérouté leurs ordres vers le NYSE, la dégringolade du Dow Jones aurait pu être plus vertigineuse. Certains professionnels du secteur le pensent.
Le New York Stock Exchange s'avère la seule Bourse où criée (sans le légendaire tableau noir et sa craie, tout de même) et plateforme électronique se côtoient. Les traders du floor forment une corporation suffisamment puissante pour que le Big Board les écoute. Toutefois, ce parquet lui coûte très cher.
Pourtant, les évènements du 6 mai plaident pour le maintien de la main de l'homme sur les transactions. L'informatique a ses limites, que seul l'humain peut rattraper, il ne faut pas l'oublier.
Du côté des salles de trading, on ne doit pas l'ignorer. En 2008, la volatilité record des marchés a mis à mal les programmes algorithmiques. Plusieurs témoignages de responsables du trading électronique dans les banques ont indiqué que les transactions ont dû se dérouler manuellement au plus fort de la crise. Les algorithmes n'avaient tout simplement pas été conçus pour des évènements aussi extrêmes.
Nassim Taleb, le célèbre auteur du Cygne Noir, doit sans doute rire jaune de ce développement...

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