Posté le 1 juillet 2010 par Jennifer Nille

Fin de la criée en Europe

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En mars 2012, Deutsche Börse espère avoir migré toutes les transactions sur Xetra, sa plateforme électronique. Actuellement, 3% des volumes de transactions de la Bourse allemande transitent encore sur son parquet. 

Ceci ne signifie pas que Deutsche Börse va fermer son parquet. Un porte-parole me l'a confirmé. Les 23 courtiers présents (dont le célèbre Dirk Mueller, dont les photos ont fait le tour du monde pendant la crise) vont devoir adopter le statut de spécialistes. Un statut qui tombe sous la loi privée allemande, et non plus publique, précise le porte-parole.

Deutsche Börse justifie cette migration par un accès des investisseurs internationaux à la Bourse à travers Xetra. Les courtiers utilisent encore un système national, précise le porte-parole.

En Europe, la Bourse allemande utilise solitairement un tel système. La Bourse de Madrid voit aussi 1% de ses transactions traitées sur son parquet. Sur les marchés européens de NYSE Euronext ou le London Stock Exchange, toutes les transactions passent par une plateforme électronique. Et ce, depuis très longtemps.

A Bruxelles, ce passage remonte à 1996. Il résulte d'un long processus de réforme complète du système boursier et financier du pays, entamé en 1989. Les agents de change, qui détenaient depuis Napoléon le monopole des transactions, ont dû adopter le statut de société de Bourse. Les banques, qui étaient jusque là tenues à l'écart de la Bourse, ont pu constituer leur propre société de Bourse, et gagner leur précieux sésame.

Il est troublant de constater, dans l'histoire de la Bourse de Bruxelles, que chacune des plateformes électroniques (C.A.TS., puis NSC, puis UTP) a connu le même genre de difficultés.

Dans les années 90, le C.A.T.S. a connu une panne suite à un afflux d'ordres massifs (et de petite taille) sur Petrofina. UTP a plus récemment été victime de tels volumes sur ING et BNP Paribas entre autres. Toujours des ordres de petite taille, je précise.

Parmi la concurrence de NYSE Euronext, on met le doigt sur la vieillesse de l'architecture informatique de ces plateformes. C.A.T.S. datait de 1977. NSC reposait sur une architecture du début des années 90. Pour UTP, par contre, cette observation ne s'applique pas. Mais la migration vers celle-ci n'a été achevée que très récemment.

Ironie du sort, seul Deutsche Börse n'a jamais connu de pépin informatique. Mais il faut préciser que le groupe contrôle toute la chaîne de transactions, de la négociation, au règlement -livraison en passant par la compensation. D'après certains observateurs, ceci permet une meilleure gestion de ce genre de risque. 

Deutsche Börse ne s'avère toutefois pas la seule Bourse à disposer d'un parquet servant à autre chose que des réceptions mondaines. La Bourse d'Amsterdam loue le sien à All Options et une série de traders pour compte propre.

A Bruxelles, Vincent Van Dessel ambitionne de revitaliser le parquet en y installant des traders. Le processus suit son cours.

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