London calling
NYSE Euronext veut lancer son marché londonien. Une drôle d'idée? Sachant que le groupe vient chasser sur les terres du London Stock Exchange, ce projet peut sembler utopique.
Pourtant, lorsque l'on examine les plans stratégiques du groupe, en particulier ces deux dernières années, force est de constater que son destin se développe de plus en plus à Londres.
"Je suis surpris qu'ils n'aient pas annoncé plus tôt un tel projet" commente Patrick Young, président de Derivatives Vision. "Toute leur structure repose à Londres: le London International Financial Futures et leur centre de données (à Basildon, ndlr). L'idée de concurrencer un marché comme le London Stock Exchange apparaît comme logique" ajoute-t-il.
Le groupe a annoncé être en contact avec une cinquantaine de sociétés étrangères désireuses d'être cotées sur son marché londonien.
Ceci pose une autre question: que deviennent alors les marchés locaux (Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne) de NYSE Euronext?
Dans leurs grandes années, ces marchés voulaient attirer des sociétés étrangères. A Bruxelles, RHJ International marque l'apothéose de cette époque. Amsterdam concurrençait Londres pour la cotation des fonds de private equity et de hedge funds.
Tout ceci est désormais révolu. "Il n'y a pas de raison pour que les marchés locaux du groupe ne continuent pas d'exister" commente Patrick Young.
"Le point d'entrée de Londres pour une société ne présente pas en soi beaucoup de valeur. Pour une entreprise dont le marché de référence est Paris, il lui est préférable d'aller se faire coter sur celui-ci. De même, une société dont le marché de référence est Londres n'aurait pas d'autre intérêt d'aller ailleurs que sur le London Stock Exchange" constate un acteur du marché.
Mais Londres reste un centre financier international, et NYSE Euronext veut en profiter. "La Bourse de Paris a toujours eu l'ambition de s'implanter à Londres, bien avant la création d'Euronext" souligne Patrick Young.
C'est dire si ce projet n'est pas nouveau...
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