Posté le 8 août 2010 par Jennifer Nille

Entre le bien et le mal

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Non, le trading à haute fréquence n'est pas la racine du Mal. C'est du moins l'avis de John Bates, un informaticien spécialisé dans ce genre de programme. 

Le trading algorithmique aurait joué un rôle dans le krach éclair du Dow Jones le 6 mai. La Securities and Exchange Commission analyse toujours les causes de cet incident.

Mais il joue également un rôle positif pour les marchés d'actions, selon plusieurs spécialistes.

  • Il réagrège la liquidité. Ceci explique pourquoi, malgré la fragmentation des marchés d'actions, les spreads (entre cours d'achat et de vente) ont diminué.
  • Il profite à tous les investisseurs. La concurrence à la technologie chez certains courtiers a entraîné une baisse des coûts pour les transactions. Du moins, c'est le cas chez certaines banques américaines. Morgan Stanley et Bank of America le confirment.

Toutefois, le trading à haute fréquence a aussi ses détracteurs. Un article du WSJ est revenu la semaine passée sur les évènements du 6 mai. Et il relève que plusieurs vétérans des marchés s'attendent à un nouveau krach éclair "parce que le marché actuel, dominé par les ordinateurs, est devenu beaucoup plus fragile que les gens ne le pensent".

L'article pointe aussi, comme le Financial Times, la crainte des investisseurs suite au krach éclair. Ceci explique pourquoi les volumes de transactions ont baissé depuis mai sur les marchés d'actions.

Lorsque j'ai été rencontrer récemment divers acteurs du trading à New York, l'un d'entre eux m'a confié une autre inquiétude.

Depuis quelques temps, certains fournisseurs de liquidité sur les marchés ont développé des systèmes pour internaliser les ordres des brokers. Ils n'exécutent toutefois qu'à peine 3% des volumes d'ordres devant normalement atteindre une Bourse. Tout ceci se fait dans la totale obscurité.

L'avènement du trading à haute fréquence, caractérisé par des ordres de petite taille, a aussi conduit à d'autres phénomènes sur les marchés, tels que la croissance des transactions de gré à gré. La taille des transactions a diminué depuis dix ans, et ceci peut affecter la profondeur des marchés d'actions, c'est-à-dire leur capacité à absorber un ordre de taille importante.

D'où le développement du gré à gré, où les transactions ne sont pas standardisées.

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