Cassiopée, le salut obligataire?
Le monde des obligations d'entreprise européennes s'agite en ce moment. Dix jours après NYSE Euronext, TradingScreen annonce aussi le lancement d'un MTF (système multilatéral de transactions) sur ces obligations. Ces deux initiatives répondent à un cahier des charges détaillé par Cassiopée, le 26 avril.
C'est quoi ça? Derrière Cassiopée se cache une initiative du Ministère de l'Economie francaise et de Paris Europlace. En 2008, le cabinet de Christine Lagarde (en photo) et l'organisme de représentation des marchés financiers français se retrouve autour d'une table pour relancer la place Parisienne via le marché primaire et secondaire. Le groupe Cassiopée s'est retrouver chargé de restaurer la liquidité du marché secondaire (celui où s'échangent les obligations), actuellement traité de gré à gré, c-à-d au téléphone, entre deux brokers.
Cassiopée a rassemblé émetteurs, brokers, fonds d'investissement et teneurs de marché, pour dégager 18 recommandations pour la création d'une plateforme de transactions en obligations d'entreprise européenne. Le projet prévoit une ouverture à la concurrence. Parmi les conditions, il ya aussi celle de l'agréation par l'Autorité des Marchés Français.
La plateforme de NYSE Euronext et celle de TradingScreen ont reçu une opinion favorable de Cassiopée. Deux autres plateformes devraient aussi émerger. J'ignore de qui.
On ne présente plus NYSE Euronext. En revanche, TradingScreen est plus confidentiel. Il s'agit d'une plateforme de trading multi-brokers, multi-assets. Elle a été lancée il y a dix par Philippe Buhannic, un ancien directeur de Credit Suisse First Boston.
Celle de NYSE Euronext sera lancée le 14 janvier 2011. Galaxy, celle de Trading Screen, est prévue pour la fin décembre.
Seront admis sur ces MTF tous les titres admis à la cotation en Europe à partir du moment où ils remplissent les critères d'éligibilité, de chaque MTF. NYSE Euronext veut se limiter dans un premier temps aux obligations de bonne qualité, dont le rating est supérieur à BB, et d'un montant minimum de 500 millions d'euros.
En Europe, la principale place de cotation pour les obligations d'entreprise se trouve au Luxembourg. La Bourse du Luxembourg cote plus de 30.000 emprunts. Toutefois, elle ne veut actuellement pas commenter sur le projet Cassiopée. Mais elle dispose d'un partenariat avec NYSE Euronext depuis 2006.
"L'essentiel du marché obligataire européen est traité de gré à gré. Toute la question est de savoir si cela va s'ouvrir à ce modèle" souligne Michel Croz, directeur chez TradingScreen.
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