Posté le 15 septembre 2010 par Jennifer Nille

Ces vilains short sellers

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Juste après la faillite de Lehman Brothers, le monde financier "découvrait" avec stupéfaction le travail de charognard des short sellers. Ceux-ci empruntent des titres auprès d'un intermédiaire financier pour les revendre lorsque le cours de ceux-ci baisse et empocher la plus-value lors du remboursement de ces derniers.

Toutes les banques de Wall Street, dont Morgan Stanley, se sont plaint de ces oiseaux de malheur. Ceux-ci ont aggravé la chute du cours de leurs actions, d'après elles. Ceci a poussé la Securities and Exchange Commission à imposer une restricition sévère sur cette pratique jusqu'en  décembre 2008: les investisseurs devaient détenir les titres avant de pouvoir les jouer à la baisse.

La SEC visait en particulier la pratique du short selling à nu, où l'investisseur n'attend pas de posséder les titres empruntés avant de les vendre. Précisons que ceci est possible à cause des délais du règlement-livraison (J+3).

En février, le gendarme des Bourses a décidé d'interdire le short selling sur les titres baissant de plus de 10% en séance.

En Europe, les régulateurs ont suivi le mouvement. La Commission européenne vient de révéler ses propositions sur cette pratique."Aucun marché financier ne peut rester sauvage" a commenté ce mercredi Michel Barnier (photo), le commissaire au Marché Intérieur.

Les régulateurs nationaux auront le pouvoir de suspendre ces ventes à découvert pendant un jour si le titre victime chute trop. Il sera aussi demandé un reporting des positions courtes.Tout ceci doit encore être avalisé par le Parlement européen et le Conseil des ministres de l'Union.

Ceci signifie que les marchés auront une vision plus claire des titres mal aimés. Mais certainement pas que le short selling touche à sa fin. N'en déplaise à certains.


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