Easdaq, ou la folie techno
Alors que l'arrêt de la Cour de Gand est attendu dans l'affaire Lernout & Hauspie, impossible de ne pas penser au marché derrière cette faillite retentissante: l'EASDAQ.
Né en 1996 sur l'initiative de Jos Peeters, ce marché des valeurs technologiques basé à Bruxelles a péri en même temps que la bulle techno. Outre la mauvaise publicité que lui a fait L&H, cette Bourse a souffert de plusieurs problèmes.
- Des spreads exhorbitants. La différence des cours d'achat et de vente montait très haut. Contrairement aux Bourses comme Euronext qui peuvent maintenir un coût de transaction bas grâce à leurs grandes capitalisations boursières, l'Easdaq ne pouvait compter que sur ses petites valeurs peu liquides.
- Un système de transactions peu adapté aux marchés européens. L'Easdaq était quote driven, c'est-à-dire que des teneurs de marché assuraient les prix d'achat et de vente. Sur Euronext Bruxelles, les transactions sont order driven, c-à-d que les prix d'achat et de vente sont formés par la rencontre des ordres sur le carnet d'ordres. (Toutefois, pour les titres moins liquides, le quote driven se justifie. Certains titres de la cote Bruxelloise en bénéficient)
- Pas assez de valeurs cotées. Il lui aurait fallu 500 sociétés pour pouvoir couvrir ses coûts. Lorsque le Nasdaq a repris l'Easdaq en mars 2001, il ne restait plus que 38 sociétés.

Réactions