septembre 2010

Ce blog veut essayer de faire découvrir le monde obscur du trading. Il veut décrire comment les dark pools, algo-traders, MTFs,... fonctionnent, et ce qu'ils entraînent comme changement sur les marchés. Les autres acteurs (régulateurs et Bourses traditionnelles) seront également épinglés.

Posté le 3 septembre 2010 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Quand l'IT s'invite dans les investissements

725241

Qu'on le veuille ou non, l'informatique s'invite de plus en plus dans le monde des investissements. Sur les marchés d'actions, 60% des volumes de transactions aux Etats-Unis et 38% en Europe proviennent du trading algorithmique (des programmes informatiques appelés bots qui décident des ordres) selon l'Aite Group. Et ces chiffres devraient continuer à croître.

Le trading algorithmique est également appelé à se developper sur les marchés émergents. Les algo traders ciblent l'Asie, mais le Brésil plaide également pour l'arrivée des bots, qui permettent aux marchés occidentaux de maintenir des spreads (écarts entre cours d'achat et de vente) bas. 

Du côté des investisseurs, l'analyse quantitative (qui recourt aux mathématiques financières) prend également de l'ampleur. Toujours selon l'Aite Group, 12% des actifs sous gestion dans le monde étaient gérés selon cette approche en 2007. La firme de consultance s'attend à une progression à 14% d'ici  la fin de l'année.

Derrière ce phénomène, on retrouve la fragmentation des marchés, conséquence des directives REG NMS aux Etats-Unis et MiFID en Europe. La loi de Moore joue également un rôle: les processus informatiques deviennent moins chers et plus perfectionnés chaque année.

Alors, ce n'est plus une surprise lorsque des patrons de Bourse comme Duncan Niederauer (NYSE Euronext) et Christian Katz (Six Swiss Exchange) se disent patrons de sociétés technologiques.Et même dans les banques, l'IT prend de plus en plus de place.

Bien sûr, tous les secteurs sont touchés par la révolution technologique, une des trois méga-tendances (avec la globalisation et les pensions).

Mais pour l'investisseur particulier, que peut-il en tirer?

  • Selon plusieurs courtiers, des transactions moins chères et plus rapides
  • Des marchés plus efficients, selon eux
  • Des couacs aussi, comme les évènements du 6 mai, malheureusement. 


De là à espérer qu'un robot prenne toutes les décisions d'investissement à notre place, il y a encore de la marge...

Posté le 2 septembre 2010 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Petits couacs en série sur les Bourses

 
PHOTONEWS10198635004

Le 24 août dernier, les coupe-circuits du London Stock Exchange ont empêché la dégringolade de 5 titres cotés à Londres: BT Group PLC, Hays PLC, Next PLC, Northumbrian Water Group PLC et United Utilities Group PLC. Vers 14h, ces titres se sont mis à chuter sans raison. Les rumeurs de "fat finger" ont couru bon train.

La comparaison avec le krach éclair du 6 mai a vite fait surface. Mais ici, les mécanismes de coupe-circuit ont fonctionné.A Wall Street, le Dow Jones a perdu en dix minutes près de 1000 points à la stupéfaction générale des traders. A la suite de cet incident, la Securities and Exchange Commission a imposé un coupe-circuit général pour les différentes Bourses et plateformes de transactions outre-Atlantique.

La fragmentation excessive des marchés américains a été montrée du doigt dans cette affaire. Pourtant, à Londres, le marché est aussi fragmenté. Le LSE ne traite plus que 52% et des poussières du FTSE100. Le reste est partagé entre Chi-X, Turquoise, BATS et des dark pools. Toutefois, Turquoise fait désormais partie du groupe LSE.

Derrière les évènements du 6 mai, plusieurs problèmes ont été relevé. Tout d'abord, un dysfonctionnement des appareils des brokers sur le parquet du NYSE ont provoqué un exode des ordres (près d'un tiers) vers d'autres plateformes. D'autres dysfonctionnements s'en sont suivis sur les autres plateformes, asséchant les volumes de transactions. Ce jeu de domino a provoqué l'effondrement du Dow Jones.

Plus récemment, Direct Edge, le quatrième marché d'actions aux Etats-Unis, s'est illustré avec le titre HP.  Le 6 août (il faut croire que le chiffre 6 porte malheur sur les Bourses américaines), il s'est trompé de code de rapport pour les transactions sur HP (représenteé sur la photo par son patron démissionnaire, Mark Hurd), entraînant une chute de l'action.

Direct Edge a oublié de préciser que ces transactions avaient été effectuées après les heures de Bourse. Le prix de celles-ci a dès lors été comptabilisé dans le calcul général du cours du titre.

En Europe, les titres traités sur différentes plateformes ne sont pas encore soumis à ce calcul. Le prix de référence reste celui de la Bourse principale. Ceci explique pourquoi la fragmentation des marchés du Vieux Continent ne pose finalement pas de problème de ce genre. Mais ceci pourrait changer.

L'implémentation d'une consolidated tape ( base centrale de données de transactions) pourrait entraîner un recalcul du prix de référence, et des indices comme le Bel20, le CAC40, ou le DAX. Actuellement, seul le prix d'Euronext Bruxelles entre dans le calcul du Bel20. Le prix de Chi-X reste marginal. A suivre...

Posté le 2 septembre 2010 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Sale temps pour les hedge funds

Sale En moins de deux semaines, deux figures de proue de l’industrie des hedge funds ont jeté l’éponge. Stan Druckenmiller (photo) et Paolo Pellegrini ont tous deux décidé de liquider leurs fonds et de rendre leur argent à leurs investisseurs. C'est honorable de leur part.

Dans le cas de Pellegrini, ancien associé de John Paulson et surtout moteur du fonds Paulson Credit opportunities (qui jouait à la baisse le subprime), cette liquidation survient à peine un an après le lancement de sa propre firme.

Dans les deux cas, la performance des fonds se trouve à l'origine de la liquidation. Druckenmiller, le protégé du milliardaire George Soros, s'est dit insatisfait de celle de Duquesne Capital Management, son fonds. Pellegrini accumulait lui les pertes.

Un autre phénomène a également joué: la méfiance des investisseurs. Les investisseurs institutionnels (fonds de pension, compagnies d'assurances,...) font la fine bouche. Après la crise financière de 2008, beaucoup ont été échaudés par les pratiques en vigueur dans l'industrie des hedge funds. Gates, lock up periods (possibilité de retrait limitée), manque de transparence sur la gestion les ont particulièrement excédés.

Et puis, si les hedge funds ont perdu en moyenne 23% en 2008,contre 50% pour les indices d'actions occidentaux, en 2009, avec un bond de 13%, ils se sont retrouvés en retrait de ces derniers. Depuis cette année, beaucoup éprouvent un mal de chien à décrypter les tendances des marchés, particulièrement aléatoires il est vrai.

Il ne faut toutefois pas oublier que dans cette industrie, il y a beaucoup d'appelés, peu d'élus. Rares sont les gestionnaires qui savent durer. On retrouve peu de George Soros ou Jim Simons (Renaissance Technologies). Certains fonds, comme AHL, subsistent grâce au renouvellement de son équipe de gestion. D'autres ne résistent pas à l'épreuve du temps. Et des marchés.

A ceci vient s'ajouter un tour de vis régulateur, qui se traduira surtout par une hausse des coûts de gestion pour les hedge funds. En Europe, la directive AIFM, quand elle sera finalisée, imposera une série de contraintes pour les gestionnaires.

Aux Etats-Unis, le Dodd-Frank Act a induit une scission des banques d'investissement et des hedge funds. Morgan Stanley et Goldman Sachs ont annoncé la vente de leurs hedge funds. Sans leur maison-mère, ceux-ci vont devoir trouver un autre moyen de se gérer administrativement, à moindre coût.

D'où une vague de consolidation dans le secteur.

Bref, le monde bouge pour les hedge funds.

Dernières réactions sur nos blogs