Sale temps pour les hedge funds
En moins de deux semaines, deux figures de proue de l’industrie des hedge funds ont jeté l’éponge. Stan Druckenmiller (photo) et Paolo Pellegrini ont tous deux décidé de liquider leurs fonds et de rendre leur argent à leurs investisseurs. C'est honorable de leur part.
Dans le cas de Pellegrini, ancien associé de John Paulson et surtout moteur du fonds Paulson Credit opportunities (qui jouait à la baisse le subprime), cette liquidation survient à peine un an après le lancement de sa propre firme.
Dans les deux cas, la performance des fonds se trouve à l'origine de la liquidation. Druckenmiller, le protégé du milliardaire George Soros, s'est dit insatisfait de celle de Duquesne Capital Management, son fonds. Pellegrini accumulait lui les pertes.
Un autre phénomène a également joué: la méfiance des investisseurs. Les investisseurs institutionnels (fonds de pension, compagnies d'assurances,...) font la fine bouche. Après la crise financière de 2008, beaucoup ont été échaudés par les pratiques en vigueur dans l'industrie des hedge funds. Gates, lock up periods (possibilité de retrait limitée), manque de transparence sur la gestion les ont particulièrement excédés.
Et puis, si les hedge funds ont perdu en moyenne 23% en 2008,contre 50% pour les indices d'actions occidentaux, en 2009, avec un bond de 13%, ils se sont retrouvés en retrait de ces derniers. Depuis cette année, beaucoup éprouvent un mal de chien à décrypter les tendances des marchés, particulièrement aléatoires il est vrai.
Il ne faut toutefois pas oublier que dans cette industrie, il y a beaucoup d'appelés, peu d'élus. Rares sont les gestionnaires qui savent durer. On retrouve peu de George Soros ou Jim Simons (Renaissance Technologies). Certains fonds, comme AHL, subsistent grâce au renouvellement de son équipe de gestion. D'autres ne résistent pas à l'épreuve du temps. Et des marchés.
A ceci vient s'ajouter un tour de vis régulateur, qui se traduira surtout par une hausse des coûts de gestion pour les hedge funds. En Europe, la directive AIFM, quand elle sera finalisée, imposera une série de contraintes pour les gestionnaires.
Aux Etats-Unis, le Dodd-Frank Act a induit une scission des banques d'investissement et des hedge funds. Morgan Stanley et Goldman Sachs ont annoncé la vente de leurs hedge funds. Sans leur maison-mère, ceux-ci vont devoir trouver un autre moyen de se gérer administrativement, à moindre coût.
D'où une vague de consolidation dans le secteur.
Bref, le monde bouge pour les hedge funds.
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