Posté le 20 septembre 2010 par Jennifer Nille

Un krach d'un nouveau genre

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"Pouvez-vous comparez le krach de 1987 au krach éclair du 6 mai? Non. En 1987, le marché a chuté de 22-23% en quelques heures. (...) Et il a fallu des mois pour que le Dow Jones remonte progressivement la pente. Le krach éclair du 6 mai n'a duré que 7 minutes, et s'est rapidement renversé".

On ne peut pas donner tort à Jim Simons, s'exprimant ici dans une interview accordée au WSJ.Le fondateur du hedge funds Renaissance Technologies, récemment retiré des affaires, a défendu dans cette interview nos amis les bots. Je rappelle que Renaissance Technologies, dans le monde des quants, figure comme la référence.

Ce mathématicien oublie toutefois une chose: les Bourses disposent de quelques gardes fous plus sophistiqués que dans le passé. Chez NYSE Euronext, cela s'appelle le Liquidity Replenishment Point.

Ceci ne vaut que pour les marchés américains. Lorsqu'une action évolue trop à la hausse ou à la baisse, elle déclenche ce LRP, qui arrête pendant un certain temps le trading automatique sur le NYSE. Le temps que le teneur de marché désigné (ils sont cinq au total) cherche une contrepartie pour effacer cette variation de prix. Celui-ci va sonder les courtiers présents sur le parquet, ses clients, d'autres fournisseurs de liquidités, et enfin lui-même.

Vendredi dernier, le LRP a été déclenché sur le titre Plantronics à 14h06 (heure locale). A ma connaissance, seul le NYSE procède de la sorte. Les autres Bourses annulent les ordres déviants. Et depuis juin, les marchés américains sont dotés d'un coupe-circuit commun, imposé par la Securities and Exchange Commission jusqu'en décembre.

Donc, dire que les bots ont sauvé la séance du 6 mai, c'est un peu simplifier les choses. Ceci montre surtout qu'il est nécessaire de les encadrer.

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