Des choix d'algorithmes trop statiques
Les traders à haute fréquence utiliseraient-ils les mauvais algorithmes? Une étude de Ian Domowitz et Henry Yegerman, de l'Investment Technology Group, suggère que la grande majorité des traders à haute fréquence emploient toujours la même stratégie, peu importe les conditions de marchés.
Publiée dans le "Journal of Trading", cette étude apporte quelques lumières supplémentaires sur le fonctionnement des traders à haute fréquence. Celle-ci a été effectuée auprès de 20 institutions importantes, utilisant les algorithmes de 30 courtiers. Elle a été menée en deux périodes: entre le quatrième trimestre de 2009 et celui de 2010, et entre les deux premiers trimestres de 2009. Donc, la période du krach éclair de Wall Street (le 6 mai 2010) a été couverte.
Ce choix statique de stratégie de trading (l'étude en relève sept: VWAP, TWAP, algorithmes de participation, trading à la fermeture des marchés, dark, recherche de liquidité et Implementation shortfall (IS) a bien sûr des conséquences pour la performance et les coûts du trader.
En cas de forte volatilité, les coûts de trading pour toutes les stratégies augmentent de près de 6 fois. Mais l'étude mesure aussi la probabilité d'une sous-performance dans un marché fortement volatil. Et dans ce cas -ci, les stratégies VWAP, TWAP et participation sont plus affectées. La plus touchée est cependant la stratégie de trading à la fermeture de marchés, période extrêmement volatile sur la séance boursière. La stratégie de recherche de liquidité et l'IS se comportent elles beaucoup mieux.
La stratégie dark, qui consiste à scanner la liquidité dans les dark pools (les systèmes de transactions pour ordres anonymes), tombe aussi dans cette dernière catégorie.
Mais alors, pourquoi les traders n'adaptent-ils pas leur stratégie en fonction des conditions de marchés? Domowitz et Yegerman relèvent plusieurs raisons.
La principale repose sur l'opacité même des stratégies. "Plusieurs traders ont indiqué qu'il n'est possible de ne connaître extrêmement bien qu'une ou deux "boîtes noires" (les algorithmes)" souligne l'étude. Ce choix repose en outre sur le donneur d'ordres, et pas sur le courtier, qui propose toutes les stratégies.
A la lumière de ceci, il faut parier que les marchés actuels doivent encore donner du fil à retordre aux traders à haute fréquence...

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