Le blues du trader
"4000 traders officient désormais comme conducteurs de taxi à Chicago, et je peux vous dire qu'ils détestent ça"
Ces propos viennent d'Andrew Kumiega, un professeur de technologie à l'Illinois Institute of Technology, lors du séminaire High Frequency Trading World qui se tenait à Londres en novembre.
Les traders qui ont survécu à Chicago se sont tournés vers le trading à haute fréquence, à l'image de Getco. Pour rappel, les deux fondateurs de la firme sont d'anciens traders en options qui ont senti la fin des transactions à la criée.
Ces propos de Kumiega montrent la révolution qui s'est produite chez les intervenants des marchés financiers. Cette révolution n'est pas encore terminée.
Dans les salles de marché des institutions financières, cette révolution s'est traduite par un changement des compétences des traders. Et un rajeunissement des troupes, aussi. Dans un rapport confidentiel "Société Générale, SG CIB" établi suite à l'affaire Kerviel, il est souligné qu'à poste et fonction équivalents, les jeunes entrants sont souvent mieux payés qu'un titulaire en poste depuis plusieurs années.
Ce rapport montre aussi que les traders ont peur de perdre leur job, qu'ils mettent la déontologie au placard, qu'ils évoluent dans une ambiance tendue, où règne une séparation entre le front office "le soleil" et les fonctions de support "les petites planètes qui tournent autour".
Le "soleil" s'éclipse de temps en temps.
La conclusion du rapport de la Government Office for Science sur le futur de la transaction informatisée sur les marchés financiers prédit même d'importantes réductions du nombre de traders front line employés par les grandes institutions financières.
Tout cela, à cause de la robotisation des marchés financiers.

Dernières réactions sur nos blogs