Des Bourses technologiques
"Nous devenons une société de plus en plus technologique" a déclaré Duncan Niederauer, le PDG de NYSE Euronext à l'occasion de la présentation des résultats trimestriels du groupe.
NYSE Euronext, pour ceux qui l'ignorent, est l'opérateur des Bourses de Paris, New York, Amsterdam, Bruxelles, Lisbonne et du Liffe, un marché de dérivés.
L'essentiel de ses revenus reste lié à ses activités sur le trading. Mais lors de la présentation des résultats de la société vendredi dernier, Niederauer a indiqué que 20% de ceux-ci proviennent désormais de ses activités technologiques. A savoir la vente de services informatiques (dont les données de marchés) et de solutions technologiques, dont la colocation.
"Notre activité technologique a grimpé de 10% en 2011 et nous visons un objectif d'un milliard de dollars de revenus en 2015 avec ce segment" a précisé Niederauer.
Aux Etats-Unis, la colocation est devenu le nerf de la guerre pour les Bourses. Nasdaq OMX venait juste d'annoncer le 7 février avoir augmenté la capacité et la vitesse de son centre de données de Carteret, dans le New Jersey. Au moyen de ceci: une cheminée.
Le groupe estime pouvoir diminuer le temps de latence, c'est-à-dire le temps que met un ordre d'un intermédiaire pour passer de son serveur à celui de la Bourse, à 7 microsecondes. A titre de comparaison, la capacité actuelle du London Stock Exchange est de 30 microsecondes. Chez NYSE Euronext, elle est de 37 microsecondes
Le temps de traitement des messages par le serveur de Nasdaq OMX a lui été réduit sous la barre de 100 microsecondes. Il en faut 150 pour le London Stock Exchange. La publication de données prend 41 microsecondes chez NYSE Euronext.
Pour un trader à haute fréquence, ces microsecondes au rabais sont précieuses. Je tiens à rappeler que les firmes se battent pour se trouver le plus près du serveur de la Bourse, au sein même de son centre de données. Et ils mesurent cette distance à la latte...
Force est de constater que ces développements demandent des investissements conséquents. Aussi bien du côté des Bourses que de ses intermédiaires financiers. On assiste donc à une véritable course à l'armement technologique. Mais à quel prix?

Réactions