
Ce tableau, issu du rapport de Thierry Giami et Gérard Rameix sur le financement des PME par le marché financier, montre combien il est difficile pour une société de courtage de suivre celles-ci. Bien que les frais de courtage soient plus élevés, ceux-ci ne suffisent pas à compenser une faible rémunération globale.
Dès lors, les firmes de courtage sont moins encouragées à fournir de la recherche sur ces valeurs, précieuse pour accroître la visibilité des titres auprès des investisseurs.
Ce tableau vaut pour le marché français, bien plus important en termes de volumes de transactions que la Bourse de Bruxelles dans son ensemble. Je serais bien curieuse de voir ce que pourrait donner une comparaison avec le marché belge...
En augmentant ses tarifs pour les transactions sur les PME en novembre 2010, NYSE Euronext est venu alourdir la charge des firmes de courtage. Certaines nous avaient dit à l'époque que cela allait décourager davantage les investisseurs dans ces valeurs.
Le rapport Giami-Rameix dénonce cette augmentation, qui a multiplié par 3 les tarifs sur les PME. NYSE Euronext répond que la facture globale des firmes de courtage a diminué depuis lors. Mais ceci ne veut pas dire que les courtiers vont privilégier les PME pour autant.
D'ailleurs, certains reconnaissent qu'en dessous d'un certain seuil de capitalisation boursière (au minimum 20 millions d'euros), plus personne ne veut suivre ces valeurs, et peu de candidats se pressent pour y investir.
Le rapport Giami- Rameix a fait le calcul du coût de cotation et d'introduction en Bourse pour une société de 10 millions d'euros de capitalisation boursière. Il lui en revient une charge annuelle de 2,8% sur dix ans, auquelle il faut ajouter les dividendes et plus-values payées aux actionnaires.
Coût élevés, peu de visibilité et donc de liquidité peuvent donc dissuader une PME de tenter l'aventure boursière.
En ces temps de crise où les investisseurs recherchent avant tout la liquidité des titres cotés, les petites valeurs de la cote ne peuvent plus compter sur ceux-ci. A moins de faire le buzz, comme Rentabiliweb. Ou dans un autre genre, Carmat, la société qui fabrique des coeurs artificiels.
C'est pourquoi Bruno Colmant, l'ancien président de la Bourse de Bruxelles, estime qu'il faut revoir la structure de la cote bruxelloise.
"Faute d'avantages fiscaux pour favoriser le capital à risque, il faudrait peut-être imaginer deux segments de marché, plutôt que trois. Un premier segment serait constitué des 20-30 principales actions négociées de manière continue tandis que toutes les autres, y compris les actions cotées sur Alternext et le Marché Libre, seraient cotées par un ou deux fixings quotidiens" souligne-t-il.
Sur Twitter, certains ont repondu à cette suggestion par la nécessité de créer un marché secondaire pour les actions.
NYSE Euronext vient de lancer son comité d'orientation stratégique pour les PME cotées. On verra ce que celui-ci va proposer pour résoudre la crise sans précédent que connaissent ces dernières.
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