La peur de la peur
Le Vix, indice de la peur, et aussi accessoirement indice mesurant la volatilité des prix des options sur le S&P 500, fait beaucoup parler de lui en ce moment.
Le 14 mars, le Chicago Board of Options Exchange, propriétaire de l'indice, a annoncé le lancement de l'indice Vix du Vix. Autrement dit, l'indice qui mesure la volatilité de l'indice qui mesure la volatilité des marchés.
Seulement, cet indice arrive sur le tard. Les petits génies de la finance ont déjà anticipé cet indice de la peur de la peur en créant des produits calqués sur la volatilité de cet indice. Un exemple? Le TVIX, un exchange traded note développé par Crédit Suisse. Le but de ce produit est d'offrir le rendement quotidien du VIX multiplié par deux.
Toutefois, la SEC, gendarme des marchés américains, vient d'ouvrir une enquête sur ce produit après une subite décorrélation de sa performance par rapport à son sous-jacent.
La note, dont l'encours a grimpé de 163 à 700 millions d'euros, a vu son cours chuter dramatiquement la semaine dernière lorsque Credit Suisse a annoncé la création de nouvelles parts.
C'est tout à fait paradoxal: ce type de produits est destiné aux investisseurs souhaitant se prémunir contre les pertes sur les marchés d'actions. Mais son succès le rend aussi vulnérable. Plusieurs observateurs ont déjà souligné la délicate construction de ces produits, construits comme une pyramide de Ponzi.
Si l'émetteur ne peut rembourser ces notes, l'investisseur perd de l'argent.Si l'investisseur se précipite en masse pour se faire rembourser, idem.
La protection a un prix en finance.

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