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Posté le 21 mars 2012 par Jennifer Nille

Le temps des transactions

Liquidity ecosyetem

Chaque acteur sur les marchés dispose d'un temps différent. C'est ce qui fait le marché. Lorsqu'un groupe d'acteurs, pour une raison X, se trouve dans l'incapacité de passer ses transactions, tout le marché s'en retrouve affecté.

En août 2007, après la faillite de deux hedge funds de Bear Stearns, le marché a subi une contorsion appelée "quant event". Les courtiers, paniqués après cet incident, ont demandé à leurs clients des garanties supplémentaires (appels de marge), forçant ceux-ci à liquider leurs actifs les plus liquides (donc les actions).

Pourtant, lorsqu'on regarde l'évolution des cours de Bourses à cette date-là, on ne constate rien. Les mesures comme le VWAP par contre indiquaient d'importants stress.  Et cela s'est aussi mesuré dans les perfomances négatives de hedge funds dits arbitragistes. Le VIX, qui mesure la volatilité des prix des options sur le S&P500, a commencé à s'affoler. Et les spreads (écarts entre cours d'achat et de vente) se sont élargis.

Dans ce type de marché, à dislocation importante, certains acteurs à horizon à très court terme en profitent. Le tout est de réagir le plus rapidement possible. Zero hedge relevait en août que Goldman Sachs a utilisé son trading algorithmique plus que d'habitude.

Plus récemment, le krach éclair du 6 mai 2010 illustre aussi les conséquences d'une perturbation de l'écosystème des marchés financiers. Et même plus. Là, on a vu l'impact sur les cours de Bourse.

Flash Crash

Ce qui est plus grave ici, c'est que l'acteur chahuté des marchés financiers provient du bas de l'écosystème de ceux-ci. Waddell &Reed, un mutual funds, a vendu soudainement pour 4,1 milliards de dollars d'E-Mini futures sur le S&P500, déclenchant une vague de ventes panique parmi les intervenants à horizon à très court terme.

Ceux qui passaient leurs ordres de Bourse ce jour-là ont perdu de l'argent. Ce fut le cas de Citadel, une firme de trading à haute fréquence. Mais aussi de pas mal d'investisseurs particuliers avec des ordres stop loss. Les autres n'ont quasiment rien senti passer.

On note donc une asymétrie des réactions en Bourse en fonction des horizons de placement de chaque acteur.

Vouloir mettre tout le monde au rythme du trading à haute fréquence serait dès lors dangereux. Au moindre quant event, tout le marché s'effondre.

Et pourtant, le trading à haute fréquence a progressé en quelques années sur les marchés d'actions, pour atteindre aujourd'hui 70% des volumes de transactions aux Etats-Unis et plus de 30% en Europe.

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