Posté le 27 avril 2012 par Jennifer Nille

La course vers le zéro

2462650106 « On ne tend pas à une vitesse des marchés proche de zéro seconde, pour la simple raison que cela dépasse les lois de la physique et que la vitesse des marchés dépend de la déviance normale des Bourses » a indiqué Peter Nabicht, vice-président d’Allston Trading, une firme de trading à haute fréquence. « Et puis, ce n’est pas tenable sur le long terme ». Il s’exprimait lors d’un débat organisé pour l’événement Trade Tech, qui rassemble toute la communauté du trading électronique  du 24 au 26 avril à Londres.

 

Dave Cliff, professeur d’informatique à la Bristol University, est  aussi intervenu lors de ce débat. Il a contesté cet argument. « Les Bourses se livrent entre elles une guerre à la vitesse, en raison de la concurrence » souligne-t-il. Et de fait, quand on voit comment se battent les Bourses comme le Nasdaq pour réduire le temps de latence des ordres (au moyen d’une cheminée…), ceci laisse à réflechir.

 

Ici à TradeTech, beaucoup d’intervenants soulignent le rôle de garde-fou que jouent les Bourses. Mais les Bourses sont elles-mêmes soumises à la concurrence, permise par la régulation. Elles n’ont plus le pouvoir d’imposer leurs règles aux intervenants de marché. Si elles se montrent trop sévères, ceux-ci ont désormais le choix d’aller voir ailleurs. Et ils ne se privent pas.

 

Rob Hegarty, responsable des structures de marché chez Thomson Reuters, a rappelé que les Bourses réglementées comme NYSE Euronext et Nasdaq se plaignent sans cesse des contraintes régulatrices imposées, face à une concurrence qui ne suit pas les mêmes règles.

 

Cette différence de traitement donne lieu à des dérapages. Le flash trading,  par exemple. BATS et Direct Edge, deux concurrents au Nasdaq, ont commencé à proposer à leurs membres la possibilité de voir leur carnet d’ordres avant tout le monde. Le Nasdaq a fini par suivre le mouvement, avant que la Securities and Exchange Commission ne mette fin à cette pratique.

 

Rob Hergarty a souligné que la structure des marchés est brisée. L'autorégulation par les marchés a donc ses limites.

Toutefois, Peter Nabicht estime que la rentabilité des Bourses a  ses propres limites. Selon lui, des groupes comme NYSE Euronext ne tirent plus l'essentiel de leurs revenus du trading. Ils n'ont donc plus intérêt à investir des millions de dollars en technologie et en compliance.  Pareil pour les autres plateformes de transactions, qui elles se voient étranglées sous ces coûts. 

Bref, tout revient à une question de coûts.

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