Libor, à qui le tour?
Bob Diamond (photo), le patron démissionnaire de Barclays, a dû se défendre pendant près de trois heures mercredi lors de son audition devant les parlementaires britanniques au sujet du scandale sur le Libor.
Dans sa défense, il a notamment souligné que Barclays donnait systématiquement les taux de référence les plus élevés parmi les 18 banques qui contribuent au calcul de cet indice clé. Pour rappel, le London Interbank Offered Rate est calculé selon le principe suivant: la British Bank Association collecte les taux estimés par chacune des 18 banques à 11h. Elle demande à Thomson Reuters d'écarter le taux le plus bas et le plus élevé, et d'établir la moyenne sur la base restante.
The Economist donne raison à Diamond sur son argument.
On voit bien que Barclays était plus pessimiste que les autres dans ses estimations.
Bob Diamond a aussi souligné que sa banque n'était pas la seule à se livrer à une "mauvaise" estimation du Libor. Effectivement, en février, UBS a avoué au régulateur canadien qu'entre 2007 et 2010, certains de ses traders et courtiers avaient conspiré pour manipuler ce taux. Je précise que trois des 10 devises de référence pour ce taux sont suspectées de manipulation: le Libor, l'Euribor (le taux en euros) et le Tibor (le taux de référence en yen).
Au vu de ce graphique, on peut penser que toutes les banques impliquées dans le Libor sont donc coupables d'avoir manipulé ce taux. Elles font désormais toutes l'objet d'une enquête auprès des régulateurs américains, européens et asiatiques.
Du coup, certains analystes recommandent auprès des investisseurs la prudence avec les banques. "Il est légitime d'assumer que les provisions des banques vont devoir rester élevées en raison des litiges qui pèsent sur leur tête" a déclaré à Bloomberg Todd Hagerman, un analyste de Sterne Agee & Leach.
Toutefois, comme le souligne Charles Peabody, un analyste de Portales Partners, aucune banque n'a déclaré jusqu'à présent avoir mis de côté de telles provisions. "Barclays aurait provisionné seulement un tiers de la somme de ses amendes (estimées à 362 millions d'euros)" relève-t-il.
On verra donc comment le secteur bancaire va résister en Bourse avec tout ça...

Réactions