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septembre 2016

Ce blog veut essayer de faire découvrir le monde obscur du trading. Il veut décrire comment les dark pools, algo-traders, MTFs,... fonctionnent, et ce qu'ils entraînent comme changement sur les marchés. Les autres acteurs (régulateurs et Bourses traditionnelles) seront également épinglés.

Posté le 27 septembre 2016 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Une amende de 15,5 millions $ pour BofA

Aux Etats-Unis, la Securities and Exchange Commission se montre très sévère avec les banques et firmes de trading qui provoquent des remous sur les marchés d'actions. Elle vient d'infliger à Bank of America/Merrill Lynch une amende de 12,5 millions de dollars pour avoir permis des variations brusques et soudaines sur 15 actions entre 2012 et 2014, dont une chute de 99% pour le titre Anadarko Petroleum et de 3% pour Google. En jargon financier, cela s'appelle des flash crash.

Dans le cas d'Anadarko Petroleum, dont le titre est passé de 90 dollars à 1 cent en une seconde le 17 mai 2017, la SEC a déterminé qu'un ordre erroné de Bank of America Merrill Lynch se trouve à l'origine de ce plongeon. Un trader de la banque, qui avait encodé un ordre de vente de 400.000 titres, pensait que son ordre n'est pas passé et a renvoyé un nouvel ordre pour vendre 150.000 titres sans annuler son ordre précédent.

 

Le New York Stock Exchange, le Nasdaq et Bats ont également infligé une amende de 3 millions de dollars à la banque, pour les mêmes faits.

Depuis 2010, et après le 6 mai de cette année, où le Dow Jones Industrial Average avait soudainement perdu 1000 points pour rebondir aussi spectaculairement quelques minutes plus tard, la SEC a imposé de nouvelles règles de trading demandant aux participants de marché d'arrêter les transactions lorsque les variations deviennent trop importantes sur un titre.

Bank of America/Merrill Lynch nie avoir commis de faute. Mais la banque n'est pas la seule à avoir écopé d'une amende pour avoir enfreint les règles imposées par la SEC depuis 2010. En octobre 2013, Knight Capital a reçu une amende de 12 millions de dollars. Goldman Sachs et Morgan Stanley en ont aussi fait les frais.

En Europe, la directive sur les services financiers MiFID2 prévoit en 2018 (si elle n'est pas repoussée d'ici là) de sanctionner les firmes dont les algorithmes de trading provoquent des désordres sur les marchés, en particulier si ceux-ci n'ont pas été testés avant d'être mis sur le marché.

Posté le 19 septembre 2016 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Un ancien de la SEC rejoint Citadel

Gregg Berman, un ancien expert de la Securities and Exchange Commission spécialisé dans le trading à haute fréquence, va rejoindre les rangs de Citadel. Ce diplômé de physique du Massachussetts Institute of Technology et de Princeton avait quitté son poste en octobre 2015. Il avait déjà travaillé pour un hedge funds avant de rejoindre en 2009 la SEC. Il avait notamment été en charge de mener l'enquête du régulateur des marchés financiers américains sur le flash Crash du Dow Jones, survenu le 6 mai 2010, où l'indice avait perdu en quelques minutes 1000 points pour rebondir aussi spectaculairement quelques minutes plus tard.

Berman avait notamment affirmé que les nombreux flash crash qui surviennent sur les marchés américains (comme le répertorie Eric Hunsader, le fondateur de la firme de données de marchés Nanex) résultent d'une erreur humaine. Il défendait aussi la complexité de la structure des marchés américains.

On le voyait dans ce documentaire de la chaîne hollandaise VPro datant de 2013 consacré au flash crash.

 

 Ce n'est pas la première fois qu'un membre de la SEC part vers une firme qui défend les intérêts du trading à haute fréquence. Bart Chilton, un ancien commissaire de la Commodity Future Trading Commission, a rejoint en 2014 la Modern Markets Initiative, une association pro trading à haute fréquence,  en tant que conseiller.

Citadel, pour rappel, s'était récemment opposé au lancement d'IEX comme treizième Bourse aux Etats-Unis. Mais Virtu Financial, une firme de THF, s'était prononcé en faveur de cette Bourse, qui impose un frein de 350 microsecondes pour toutes les transactions qui surviennent sur sa plateforme.

Posté le 13 septembre 2016 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

400 microsecondes en moins entre Londres et Chicago

McKay Brothers, une firme de services financiers spécialisée dans les antennes de télécommunication, vient d'annoncer avoir réduit le temps de transmission de données entre les différents centres de données, grâce à un nouveau câble de fibre optique.

Les câbles de fibre optique sont toujours utilisés par les firmes de trading à haute fréquence, mais aussi des hedge funds, pour obtenir leurs données de marché entre les Etats-Unis et l'Europe, et entre les Etats-Unis et l'Asie.  Il faut actuellement 250 millisecondes de temps entre New York et le Japon avec la fibre optique. Certaines firmes cherchent un moyen d'accélerer ce temps, et se tournent vers les satellites. LeoSat, une startup, a récemment annoncé avoir décroché un client parmi les firmes de HFT pour qu'elle utilise son réseau de 108 satellites qu'elle compte exploiter pour permettre la transmission de données entre New York et Tokyo en 130 millisecondes. Le service n'est pas encore effectif.

La fibre optique est utilisée aux côtés des antennes de communication pour permettre de réduire au minimum le temps de transmission de données entre deux centres de données distants. McKay Brothers a réussi a réduire de 400 microsecondes ce temps entre Aurora (là où se trouve le centre de données du Chicago Mercantile Exchange) et le LD4, centre de données d'Equinix (qui abrite les transactions sur Bats, et la plateforme de devises EBS) à Slough. Il ne faut plus que 34,62 millisecondes entre ces deux points.

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La firme a indiqué avoir ajouté Euronext comme source de données (en sachant que les marchés d'Euronext, dont le marché cash de Bruxelles, sont traités depuis le centre de données de Basildon) et projette d'ajouter d'autres Bourses durant cette année.

Chaque centre de données où est situé le moteur d'appariement des Bourses est équipé d'antennes et de paraboles pour envoyer et réceptionner les signaux de données, comme le montre cette image.

 

 

Ce support sert aussi pour le laser, une autre technologie employée pour transférer les données de marché.

La course à la vitesse n'est pas encore terminée sur les marchés financiers, on dirait.

Posté le 2 septembre 2016 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

IMC se lance aussi dans les antennes de communication

AntenneTelecom_05_743A7504_KristofVadinoMcKay Brothers et IMC ont annoncé le 1er septembre un accord qui va permettre à la firme de trading à haute fréquence amstellodamoise de profiter du réseau d'antennes de la société américaine spécialisée dans cette technologie. Cette société, fondée en 2012 par l'Américain Bob Meade et le Français Stéphane Tyč, gère un réseau aux Etats-Unis,en Europe, et en Asie (entre Singapour et Tokyo), et opère depuis Oakland en Californie et Paris, en France.

IMC prend une part minoritaire dans McKay, ce qui permettra de financer d'autres projets de développements pour cette société, selon un communiqué commun. Le montant de cette participation financière n'a pas été dévoilé.

Jusqu'à présent, la firme IMC était restée en retrait dans la course aux antennes de communication, qui permettent à ses utilisateurs d'obtenir 40% plus rapidement qu'avec la fibre optique les données de marché entre les différents centres de données où sont logés les moteurs d'appariement des Bourses. Deux autres firme de THF amstellodamoises, Flow Traders et Optiver, disposent de leur propre réseau d'antennes, même si Flow Traders cherche à revendre le sien.

Mais il semble que les firmes de THF commencent à collaborer entre elles pour exploiter ces réseaux. Aux Etats-Unis, des sociétés comme Jump Trading, Citadel Securities et Virtu Financial veulent s'associer pour construire un réseau entre Chicago et Tokyo.

Et d'ailleurs, les firmes de THF ne sont pas les seules à s'associer, puisque Goldman Sachs avait pris en avril 2015 une participation de 21 millions de dollars dans la société Perseus, qui exploite elle aussi un réseau d'antennes de communication.

 

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