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décembre 2016

Ce blog veut essayer de faire découvrir le monde obscur du trading. Il veut décrire comment les dark pools, algo-traders, MTFs,... fonctionnent, et ce qu'ils entraînent comme changement sur les marchés. Les autres acteurs (régulateurs et Bourses traditionnelles) seront également épinglés.

Posté le 15 décembre 2016 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Un festival de flash crash sur les bancaires

A 10h20 ce jeudi CET, une bien étrange agitation s'est emparée des marchés européens. Les titres du secteur bancaire européen, comme la Société Générale, BNP Paribas, Deutsche Bank, KBC, ... ont connu un flash crash.

 

BNP

BNP

Société Générale

GLE

KBC

KBC

Qui a eu un fort impact sur le Bel20

Bel20

Mais les valeurs bancaires n'étaient pas les seules à être secouées à 10h20.

Royal Dutch Shell a aussi connu un flash crash.

RDSA

Et ABinBev a connu une hausse soudaine à la même heure.

ABIN

Que s'est-il passé? La question reste ouverte.

Posté le 13 décembre 2016 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Le mystère des 1,8 mds $ de e-mini futures

Mercredi 7 décembre, entre 13:21:24 et 13:21:15 ET, un volume anormal de transactions a été exécuté sur les e-mini futures sur le S&P500, pour une valeur de 3,4 milliards de dollars.

 

Il faut remonter au 6 mai 2010, jour du flash crash du Dow Jones (où l'indice avait perdu 1000 points en quelques minutes) pour retrouver un tel volume. Selon le rapport de la SEC et de la CFTC sur ce krach, quelque 4,1 milliards de dollars de e-mini futures avaient été vendus durant l'incident.

Dans le cas présent, ces e-mini futures n'ont pas provoqué de krach. Le S&P500 a touché un record ce jour-là.  Le blog Zero Hedge a observé que les volumes de transactions sur le SPYDER (un ETF sur le S&P500) ont atteint 450 millions de dollars.

Parmi les transactions sur le e-mini future durant 13:21:14 et 13:21:15, une transaction de 1,8 milliard de dollars  a retenu l'attention. Au vu de la rapidité de l'exécution, plusieurs traders estiment que celle-ci a été effectuée par un algorithme.

Le Wall Street Journal relève qu'il ne faut pas nécessairement posséder cette somme pour réaliser cette transaction. Une marge initiale de 83 millions de dollars suffit pour engager un montant de 1,8 milliard de dollars.

Le mystère demeure sur l'identité de celui qui a passé cette transaction. Mais celle-ci a été visible par tous les participants de marché le 7 décembre, qui n'ont pas hésité à qualifier la transaction d'anormale.

 

 

Posté le 12 décembre 2016 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

La vitesse se limite sur le marché des changes

Un rapport de la Banque des Règlements internationaux (BRI) indique que parallèlement à une baisse des volumes de transactions sur le marché des changes, la vitesse des transactions a diminué. Les volumes de transactions ont baissé à 5100  milliards de dollars par jour en avril 2016 contre 5400 milliards de dollars par jour en avril 2013.

Durant ces trois dernières années, note la BRI, l'activité sur le marché des devises a changé de nature. Les hedge funds, les petites banques et les utilisateurs non financiers ont réduit leur présence, alors que les investisseurs institutionnels comme les fonds de pension et les compagnies d'assurance, moins tolérants envers le risque et le levier, se sont montrés plus participatifs. Dans le même temps, les stratégies algorithmiques basées sur la vitesse a "atteint un point de saturation" note la BRI.

Une explication à cette saturation se trouve dans les freins qu'ont adopté les différentes plateformes de trading en devises depuis trois ans déjà. En avril 2013, plusieurs banques ont décidé d'imposer sur leur plateforme commune ParFX des pauses au hasard, en millisecondes, sur les ordres exécutés sur celle-ci. En août 2013, la plateforme EBS a suivi le même chemin, en commençant par la pair AUD/USD, puis en étendant ces pauses sur d'autres devises. Reuters Matching a introduit de telles pauses en 2014. EBS a aussi rendu plus difficile les annulations d'ordres sur sa plateforme.

La BRI observe aussi que les stratégies de trading à haute fréquence callent. La taille des transactions a atteint un plateau selon elle. Après avoir décliné pendant plusieurs années, la taille moyenne des transactions sur les plateformes interdealers a augmenté entre 1,5 et 2 millions de dollars depuis 2008.

Néanmoins, les firmes de trading à haute fréquence sont devenues les principaux fournisseurs de liquidité sur les plateformes de transactions en devises  à la place des banques. XTX Markets, Virtu Financial, Citadel Securities, GTS et Jump Trading sont les grands gagnants de ce changement.  La BRI relève que le volume de transactions moyen par firme et par jour avoisinne 10 milliards de dollars, voire 40 milliards de dollars par jour, avec une forte concentration dans le spot trading.

BRI

Ces firmes jouent également davantage les intermédiaires entre les particuliers et le marché. La BRI note que depuis la hausse brutale du franc suisse en 2015, suite à l'abandon du cours plancher face à l'euro, les courtiers (prime brokers)  ont fait le tri parmi les clients, ne gardant que les gros  et les teneurs de liquidité électroniques, au détriment des clients particuliers et de certaines firmes de trading à haute fréquence dont la stratégie est basée sur la vitesse.

Néanmoins, malgré cette transformation, le marché des changes n'est pas à l'abri de flash crash, à l'image du krach récent de la livre sterling.

Alors que les regards des superviseurs de marchés se tournent vers les opérations de Citi au Japon à l'origine de ce krach, la BRI observe que l'activité des hedge funds et des firmes de trading s'est déplacée vers les centres financiers asiatiques . Ils ont délaissé les transactions à New York et Londres pour se recentrer vers Hong Kong, Singapour, et Tokyo.

Rappelons que la BRI doit publier un rapport en janvier sur le krach de la livre sterling survenu le 7 octobre 2016.

Posté le 7 décembre 2016 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Un algorithme de Citi à l'origine du krach de la livre sterling

CuVOrBrWAAA0uaRLe 7 octobre 2016, vers 1h du matin (CET) la livre sterling avait connu un brusque plongeon face au dollar, chutant de 1,26 $ à 1,14$  en 40 secondes, soit une perte de 9% selon les données de Reuters. Bloomberg avait estimé la chute à 6%.

Le Financial Times explique qu'à l'origine de ce flash crash, un algorithme de trading, appelé Aggregator, appartenant à Citi a envoyé des ordres de vente à répétition qui ont exacerbé la chute de la livre sterling. Les opérations ont été effectuées à partir du bureau japonais de Citi.

Durant une courte période (moins d'une minute), les ordres de ventes de Citi n'ont rencontré aucune contrepartie sur le marché, ce qui est inhabituel, à cause d'une liquidité anormalement très faible et un sentiment général très pessimiste sur la livre sterling depuis le Brexit, note le FT. Mais ensuite, ces ordres de vente ont fini par se croiser , autrement dit ils sont entrés en boucle.

Entrer en boucle pour des algorithmes, cela peut donner lieu à des aberrations. La plus spectaculaire est sans doute celle du prix du livre de génétique "The making of a fly" qui s'est envolé sur Amazon à 24 millions de dollars en 2011. La firme de trading Knight Capital avait aussi connu un épisode similaire avec un de ses algorithmes en 2012, perdant 440 millions de dollars en 30 minutes. Depuis, l'expérience infortunée de Knight Capital a poussé les autres firmes de trading à installer des boutons stop qui arrêtent toutes leurs transactions dès qu'un problème est détecté (par exemple si la Bourse ne répond plus, ce qui arrive fréquemment, ou alors si leurs algorithmes de trading se croisent).

En principe, Citi dispose aussi de filets de sauvetage similaire à ceux des firmes de trading pour son programme Aggregator. Encore faut-il pousser le bouton stop...

Selon le FT, Citi a expliqué que la chute de la livre sterling a été déclenchée par une information selon laquelle la France durcit le ton sur le Brexit,  durant une période particulièrement illiquide de la journée. Mais la Banque d'Angleterre dans son rapport de stabilité financière semi-annuel a indiqué que l'information n'est pas le déclencheur initial de la chute de la devise.

Un rapport de la Banque des Règlements Internationaux sur l'incident doit être publié en janvier.

 

Posté le 2 décembre 2016 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Des nuages sur le HFT

MicrowavesDeux chercheurs de la Wilfrid Laurier University, Andriy Shkilko et Konstantin Sokolov, ont découvert que la méteo peut interrompre les firmes de trading à haute fréquence qui utilisent les faisceaux hertziens pour obtenir plus rapidement leurs données de marché. La météo peut les forcer à utiliser la fibre optique à la place. Durant ces épisodes, les deux chercheurs ont démontré que la liquidité s'améliore et que la volatilité se réduit.

Ils se sont penchés sur les marchés américains entre janvier 2011 et décembre 2014. Le premier réseau de faisceaux hertziens reliant le centre de données du Chicago Mercantile Exchange à Aurora à celui des Bourses d'actions et d'ETF situé dans le New Jersey a démarré à la fin 2010. Il s'agit du réseau de la société Windy Apple qui a démarré ses services quelques mois après la mise en place du câble de fibre optique de Spread Networks entre New York et Chicago.

D'autres sociétés, dont Thesys Technologies, une filiale de la firme de HFT Tradeworx, ont suivi le mouvement dès 2011. Mais les deux chercheurs notent que seule une poignée de firmes de trading ont pu bénéficier de la transmission par ondes hertziennes car la Federal Communications Commission avait limité le nombre de license pour les réseaux.

Cette situation a duré jusqu'à l'hiver 2012, où une firme de technologie a introduit un nouveau modèle pour démocratiser la transmission par faisceaux hertziens. Au lieu de vendre de la bande passante aux traders, la firme a utilisé son réseau pour transmettre les prix entre Chicago et New York et les vendre à tout le monde, moyennant une souscription.

Les deux chercheurs ont constaté qu'après cette date, la volatilité a baissé et les coûts de trading ont diminué, malgré les pylones de communication, qui transmettent les données de marchés 40% plus rapidement, en 4 millisecondes, que la fibre optique.

Ils en ont conclu que la démocratisation des faisceaux hertziens a provoqué le même effet que la météo sur la volatilité et les coûts de transactions aux Etats-Unis. A plus long terme.

Or, depuis lors, les firmes de HFT cherchent à étendre leurs réseaux de pylônes. Entre Chicago et Tokyo, dans les pays scandinaves, en Asie. Où cette démocratisation des faisceaux hertziens n'existe pas encore... Même en Europe, ce n'est pas encore le cas, puisque les firmes DRW  (via sa filiale Vigilant Global) et Jump Trading tentent d'obtenir la route la plus droite entre les centres de données LD4 à Londres et FR2 à Francfort, qui je le rappelle, passe par la Belgique.  Quitte à vouloir batîr une tour de plus de 320 mètres de haut à Richborough, dans le Kent, en Angleterre, au grand dam des habitants.

 

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