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Posté le 25 avril 2017 par Jennifer Nille

Le futur du trader

Sur les réseaux sociaux, en particulier sur Twitter, une photo a beaucoup circulé tellement est elle interpellante. On y voit un avant/après de la salle de marchés d'UBS à Stamford, dans le Connecticut. Depuis la crise financière, elle s'est quasiment vidée car UBS a regroupé ses traders à New York et écrémé ses effectifs au passage.

Cela ne s'est pas passé sans conséquence pour les activités de la salle de marchés. Eric Boess, responsable du trading chez Allianz, a souligné durant le salon Trade Tech qui se tient ce mardi et mercredi à Paris au Palais des Congrès, que "la communication devient difficile quand vous devenez plus grand. Si un trader se situe à un endroit et que ses clients sont localisés dans divers endroits, cela devient plus compliqué". A la question: "Que regardez-vous si vous voulez recruter un trader", Eric Boess a répondu "une forte compréhension de la technologie mais surtout sa capacité à communiquer". "S'il n'est pas capable de communiquer avec le sell side et les gestionnaires de fonds, alors ce n'est pas bon. Cela n'a pas beaucoup changé" estime-t-il.

Pourtant, avec l'évolution de la technologie, le métier de trader évolue, comme le constate Alfred Eskandar, CEO de Portware. "Cela devient de plus en plus difficile pour les traders, car ils ont de moins en moins d'informations à partager" indique-t-il. "La communication des traders avec les courtiers et les gestionnaires de fonds devient inutile car un trader humain n'apporte aucune valeur ajoutée par rapport à un algorithme. Elle l'est par contre utile dans de rares cas comme un événement de liquidité, une action des sociétés comme une augmentation de capital,... tout ce qui sort d'un modèle normal des transactions. Un trader devient inutile quand il veut communiquer comment se traite l'action Vodafone pour un montant de 5000 euros à investir" ajoute-t-il. 

Selon lui, cela va conduire à une disparition des traders dans les salles de marchés. "La tendance ne va pas s'inverser " affirme-t-il. "On voit aussi que l'utilisation des algorithmes à la place des traders se répand sur d'autres classes d'actifs comme les taux de change et les obligations d'entreprise. On assiste de plus en plus à des conversations entre serveurs informatiques" souligne-t-il. "Mais on assiste aussi de plus en plus à des conversations entre serveurs informatiques et traders humains, qui leur donnent des indications sur comment agir sur les marchés. Ca, c'est le modèle qui va se développer ces prochaines années" prédit-il.

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