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Posté le 5 juin 2017 par Jennifer Nille

Des données à la nanoseconde facile à superviser

Albert Menkveld, professeur de finance à la Vrije Universiteit Amsterdam, estime que les données à la nanoseconde de granularité peuvent être exploitées par les investisseurs et les régulateurs qui ne possèdent pas de programmes informatiques, ni d'infrastructures informatiques pour faire face au challenge du Big data.

Cela peut surprendre, car aujourd'hui les messages envoyés aux Bourses et plateformes de transactions peuvent s'effectuer à la nanoseconde. Les ordres de Bourse eux sont générés à la microseconde. Autrement dit, plus rapidement que le battement de cil. L'oeil humain ne peut pas détecter à lui seul les ordres de Bourse exécutés sur les marchés.

Albert Menkveld s'est penché sur des données de transactions du Nasdaq avec des horodatages à la nanoseconde (10-9 seconde). L'échantillon étudié porte sur 117 actions en octobre 2010. Chaque transaction a été notifiée par un horodatage, un prix, le nombre de titres négociés, et la nature des contreparties (s'il s'agit d'un HFT - trader à haute fréquence ou pas). Au total, 4,7 millions de transactions dans un intervalle de 4.143.136 millisecondes ont été étudiées par le professeur. Il compte qu'un cinquième de ces transactions tombe dans la milliseconde, mais il souligne que ces transactions appartiennent à des événements extrêmes, car sinon, il aurait eu à disposition 48.000 milliards de millisecondes de données.

Parmi les ordres passés à la milliseconde, la moitié est générée par du HFT selon le professeur. L'autre moitié vient d'acteurs qui n'appartiennent pas à la catégorie des HFT, qui soumettent des ordres de marchés en fonction des informations publiques ou d'opportunité d'arbitrage inter-marchés. Les non HFT attendent selon lui que le carnet d'ordres se remplisse à nouveau au prix qu'ils attendent.

Menkveld réfute l'idée qu'une guerre des algorithmes ait lieu sous la milliseconde et génère des instabilités de prix. Selon lui, ce sont les types d'ordres (ordres limites) qui provoquent de l'instabilité sur les prix des titres, car il rappelle que l'emploi des stop loss peut créer des pertes importantes pour les investisseurs. Ce ne sont pas les HFT qui emploient ces ordres.

Selon lui, disposer de données de marchés accompagnées de l'identité des contrepartie apporte beaucoup de résultats, et s'avère exploitable. La difficulté selon lui repose sur l'inclusion des données sur les cotations de prix, qui aurait considérablement alourdi l'échantillon étudié.

 

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