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novembre 2017

Ce blog veut essayer de faire découvrir le monde obscur du trading. Il veut décrire comment les dark pools, algo-traders, MTFs,... fonctionnent, et ce qu'ils entraînent comme changement sur les marchés. Les autres acteurs (régulateurs et Bourses traditionnelles) seront également épinglés.

Posté le 22 novembre 2017 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Ces firmes de THF qui se tournent vers le bitcoin

BitcoinDe plus en plus de firmes de trading à haute fréquence se tournent vers le trading de bitcoins. L'agence Bloomberg souligne que cinq des plus grandes firmes de THF négocient déjà actuellement cette cryptomonnaie. Il s'agit de DRW, Jump Trading, Tower Research Capital, Hudson River Capital, et Susquehanna International. Business Insider ajoute à cette liste DV Trading et Henmeyer Trading & Investment.

La volatilité très élevée de cette cryptomonnaie, qui peut progresser de 20% un jour, pour en perdre 40% le lendemain, attire les firmes de THF en proie à une faible volatilité sur les marchés d'actions et autres classes d'actifs. Les revenus des firmes de THF ont fortement baissé à cause de celle-ci. Tabb Forum avait calculé qu'entre 2009 et 2016, les revenus de trading sur les actions des firmes de THF ont diminué de 85%, passant de 7,2 milliards de dollars à 1,1 milliard de dollars. Tabb Forum prévoit même que ces revenus chutent à 900 millions de dollars à la fin de cette année 2017.

DRW est l'une des premières firmes à se lancer dans les cryptomonnaies. En mars 2015, la société a acquis 27000 bitcoins lors d'une vente aux enchères  organisée par le gouvernement américain. Les bitcoins avaient été confisqués à Ross Ulbricht, le fondateur du site Silk Road, aussi appelé "supermarché de la drogue".

Depuis 2014, DRW, via une filiale appelée Cumberland Mining, achète et vend du bitcoin. Elle dispose de 12 à 15 employés pour le faire. Cumberland Mining vient récemment de recruter un ancien trader de swaps de Goldman Sachs pour l'aider à construire un système de trading sur la cryptomonnaie. Car actuellement, elle reçoit par téléphone ou email les ordres d'achat et de vente pour la monnaie virtuelle. Henmeyer Trading cherche aussi à developper son système de trading.

Beaucoup de firmes de THF se tiennent à l'écart du bitcoin car celui-ci n'est pas négociable sur une plateforme de transactions régulée. Toutefois, le Chicago Mercantile Exchange a annoncé qu'il va proposer des futures sur le bitcoin, ce qui devrait pousser les firmes à davantage négocier la monnaie virtuelle.

Posté le 2 novembre 2017 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Au moins dix SI

Selon Bloomberg, dix sociétés ont déjà confirmé leur intention de lancer un Systematic Internaliser (SI) avec la mise en vigueur de la directive MiFID2. Parmi celles-ci, on retrouve bon nombre de banques qui exploitaient un Broker Crossing Network, une catégorie de marché non régulé qui doit disparaître avec le changement de régulation. Goldman Sachs, UBS, Deutsche  Bank et JPMorgan Chase sont les premières banques à annoncer lancer leur SI pour les actions. D'autres noms doivent encore tomber, selon l'agence d'informations financières. Nordea Bank, Mizuho International, UBS et Deutsche Bank veulent lancer également un OTF (Organised Trading Facility) pour les obligations, et Nordea et UBS envisagent d'opérer un OTF pour les dérivés sur taux d'intérêt et le change et les dérivés en actions respectivement. Les OTF sont une quatrième catégorie de marché créée par MiFID2 pour faciliter les transactions sur les obligations, les devises, et les dérivés, qui se traitaient jusqu'à présent majoritairement de gré à gré. Ce type de marché exige au moins trois contreparties différentes selon la législation.

Virtu Financial a indiqué lancer aussi son SI en 2018, en même temps que cinq autres firmes de trading. Selon Bloomberg, Jane Street sera le premier à opérer un SI sur les ETF (fonds indiciels)  mais aussi les actions. Sun Trading International, XTX Markets et Citadel Securities figurent parmi les autres candidats au SI. Toutes les firmes de trading ne viennent pas avec la même expérience dans cette aventure. Certaines ont, comme les banques, tenu un Broker Crossing Network, et savent donc comment organiser un marché. D'autres n'ont que leur expérience de teneur de liquidité, et fonctionnaient en vase clos jusqu'à présent. Dans le cas de Virtu Financial, il lui a fallu s'associer avec QuantHouse pour pouvoir faire le lien avec les firmes d'investissement. Toutefois, Bloomberg souligne que les sociétés de trading amstellodamoises Flow Traders et Optiver ne veulent pas lancer de SI. Le sujet divise la communauté.

Pendant ce temps-là, les Bourses et les MTF mettent le paquet sur les transactions Large-In-Scale et les enchères périodiques. CBOE Europe Equities (le nouveau nom de BATS Chi-X Europe), a annoncé ce mercredi avoir finalisé le déploiement de son software au sceau de MiFID2, pour inclure toutes les fonctionnalités nécessaires pour sa clientèle afin de se conformer aux exigences de reporting de transactions de la directive. Le London Stock Exchange lance les mêmes services que le MTF. Les autres Bourses ont aussi adapté leur infrastructure pour respecter les règles de reporting de la législation. "Grâce à ce reporting des transactions, on va savoir quelle proportion des ordres vont passer sur les SI, et aussi quelle est la taille des transactions de gré à gré" a souligné un acteur des marchés.

Mais les Bourses ne sont pas ravies de voir se développer les SI, soumis à des règles plus souples concernant le pas de cotation. Elles craignent que les SI ne viennent siphonner davantage les volumes de transactions, avec en conséquence une augmentation des spreads.

 

Posté le 1 novembre 2017 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Qu'est-ce qu'un SI?

Les Systematic Internalisers (SI) vont prendre de l'ampleur après le 3 janvier 2018 selon la plupart des experts. Cette catégorie de marché, qui dispose d'un cadre légal depuis novembre 2017, date d'entrée en vigueur de la directive MiFID, n'a jusqu'à présent pas été très employée car les transactions sur les actions en Europe ont eu tendance à migrer vers le gré à gré, échappant à toute régulation, et vers les Brokers Crossing Networks, beaucoup moins régulées que les SI.

Sous MiFID1, un SI est défini comme "une firme d'investissement qui de manière régulière et organisée, négocie à son propre compte les ordres de ses clients en dehors d'une Bourse ou d'un MTF" . La firme d'investissement n'utilise pas un système de trading multilatéral.

Les SI ne doivent pas répondre aux mêmes exigences que celles pour les Bourses et les MTF, à commencer par la règle des pas de cotation (tick size rule). Ils disposent de plus de flexibilité par rapport au pas de cotation. Par exemple, si les Bourses et les MTF s'accordent pour fixer le pas de cotation de 48,00 à 48,01 EUR pour une action, un SI est libre de proposer un pas de cotation à une décimale en dessous, de 48,001 à 48,009 EUR. Résultat, un SI peut proposer davantage de transactions qu'une Bourse sur un titre, un avantage qui est régulièrement dénoncé du côté des acteurs comme les Bourses.

En outre, les transactions qui sont passées sur les SI ne sont pas obligées d'être soumises au calcul des 8% ou 4% des volumes de transactions maximum qui prévaut pour les dark pools à partir du 3 janvier 2018. Autrement dit, si le volume de transaction sur un SI dépasse ce seuil, les transactions ne sont pas arrêtées.

Plusieurs observateurs des marchés regrettent cette différence de régime. Certains s'inquiètent d'une fragmentation encore plus poussée des marchés d'actions européens, mais surtout de l'opacité vers laquelle ceux-ci se dirigent. "Cela va à l'encontre des principes de MiFID" souligne un participant de marché.

Mais tout le monde ne voit pas cette évolution négativement, puisque dans le secteur des traders à haute fréquence, certains vont lancer leur propre SI. "La communauté est divisée autour des SI" indique un observateur du milieu qui a souhaité rester anonyme. Virtu Financial fait partie des firmes de HFT qui vont lancer leur SI. Elle a annoncé qu'elle va s'enregistrer comme SI à partir de 2018. QuantHouse, une firme de services financiers, a indiqué que la firme va utiliser ses services QuantFeed et QuantLink. "QuantHouse va faciliter la mise en relation entre la communauté financière et Virtu Financial" explique Stéphane Leroy, co-fondateur et chief revenue officer de QuantHouse. "Grâce à cet accord, quiconque parmi les firmes d'investissement dans un centre de données à Londres ou partout ailleurs peuvent facilement avoir accès au SI de Virtu Financial" ajoute-t-il.

"Personne ne sait ce qui va se passer après le 3 janvier 2018 ni quel sera l'impact des SI. On ignore comment les SI vont s'intégrer entre les Bourses et les MTF" relève Stéphane Leroy."Mais on voit des nouveaux entrants comme Virtu Financial experts de la technologie, capables d'adapter leur technologie. Il va notamment pouvoir adapter le tick size là où d'autres acteurs resteront prisonniers à cause d'une technologie moins flexible" pointe-t-il.

 

 

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