Twitter, une mine de (des)informations
La Swedbank vient de subir l'amère expérience d'un bank run en Lettonie, à cause de Twitter. Des fausses informations sur un retrait immédiat de la banque du pays se sont répandues comme une traînée de poudre dans le pays, poussant les gens à se ruer sur les distributeurs.
Swedbank a dû publier un communiqué démentant catégoriquement ces informations.
Cet incident montre que les informations publiées sur Twitter ne sont pas toutes crédibles. Comme sur internet d'ailleurs.
Mais Twitter présente l'inconvénient (ou l'avantage, c'est selon) de diffuser rapidement l'information. En tant que journaliste, je peux vous confirmer que je reçois plus rapidement les informations sur Twitter que sur les dépêches d'agence.
Ce n'est donc pas un hasard si les traders à haute fréquence se tournent de plus en plus vers Twitter. Lors du séminaire High Frequency Trading World qui se tenait à Londres en novembre, cette thématique a été abordée plusieurs fois.
Lors d'un débat avec un panel de traders, un représentant du régulateur des marchés danois est intervenu pour poser cette question: "Et vous faites comment pour trier les informations sensibles? Nous surveillons très attentivement Twitter car il peut y fuiter des informations passibles de délit d'initiés"
Il y eut ensuite un moment de silence dans le panel. Personne n'a vraiment répondu à cette question. Un des intervenants a juste souligné que l'information publiée est disponible pour tout le monde.Il a aussi insisté sur la mise en place de filtres de données.
Les traders à haute fréquence ont aussi beaucoup à perdre avec des fausses informations. Du moins, quand ils les subissent. Pas quand ils les créent, avec des stratégies comme le layering ou le quote stuffing.
Mais leur volonté de se tourner vers de nouvelles sources d'informations, telles que Twitter, ne rassure pas certains observateurs de marchés, déjà inquiets par la volatilité de ceux-ci.
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