ITB et IBT sont sur un bateau...
Bruxelles (L'Echo) - Les mordus de la cote l'auront déjà remarqué depuis longtemps. Deux sociétés à l'appellation fort proche se côtoient à la Bourse de Bruxelles :IBt et ITB. Et pourtant derrière cette presque homonymie se cachent deux PME wallonnes actives dans des niches à mille lieues l'une de l'autre : les traverses de chemin de fer et les implants radiothérapeutiques. Deux destins que l'actualité financière permet d'éclairer.
ITB sur des rails
Honneur aux anciens.ITB Tradetech qui a fêté ses cent ans d'existence l'année dernière est la preuve que l'on peut occuper un créneau pointu pendant des décennies, si l'on on reste à l'affût des avancées technologiques. Et cela, même dans un secteur aussi peu " sexy " que les traverses de chemins de fer. Traverses qui de chêne indigène traité à la créosote (d'où la dénomination de départ de l'entreprise : Imprégnation et Transformation des Bois) ont pris l'allure de structure en béton bi-bloc, une technologie qu'ITB a adoptée en acquérant la société Betonkonstruktie.
Aujourd'hui, ITB affiche une santé de fer. L'an dernier, elle a dégagé un chiffre d'affaires de 5,6 millions d'euros et un bénéfice net d'un peu plus de 400.000 euros avec 7 personnes employées. Il faut dire que l'entreprise sous-traite la production sur 10 sites répartis, notamment, en Afrique et en Asie. Pour l'exercice en cours, le chiffre d'affaires estimé devrait atteindre 6,4 millions d'euros. Un contrat récemment décroché au Cameroun, qui a reçu le soutien de la Banque Mondiale, assure déjà pour 2010 un volume d'affaires en plein développement.
Si on ajoute à cela un endettement quasi nul, une trésorerie (trop ?) confortable et l'espoir de récupérer prochainement un quart d'une créance congolaise de 4,4 millions d'euros, on comprend mieux la volonté affichée par la société de vouloir procéder, après accord des actionnaires sollicités en assemblée extraordinaire le 17 décembre, à une réduction de capital avec rétribution des actionnaires à hauteur de 15 euros par action. Le titre se traite aujourd'hui aux alentours de 30 euros. Un beau geste avant de quitter le double fixing de la Bourse de Bruxelles ? A suivre.
La vie d'IBT Tradetech n'a pas toujours filé sur des rails… Une bataille judiciaire l'a opposée pendant neuf années à la SNCB dans une affaire de contrefaçon des traverses en béton. Avec une victoire au bout du chemin…
OPA ou pas OPA?
C'est une bagarre devant les tribunaux qui agite aujourd'hui la vie déjà bien mouvementée d'IBt Bebig. Cette dernière produit et commercialise des implants destinés à traiter le cancer de la prostate. La société basée à Seneffe semble enfin avoir trouvé le chemin de la rentabilité après des ratés stratégiques. Le rapprochement avec l'Allemand Bebig, intervenu l'an dernier, a apporté le souffle nécessaire à IBt (International Brachytherapy) pour assurer son avenir.
Ce sont les conditions mêmes de cette alliance qui font l'objet d'une action en justice. Pour faire simple : le régulateur boursier, la CBFA, estime que l'actionnaire initial de Bebig, Eckert&Ziegler, aka Ezag, doit lancer une OPA sur IBt au prix unitaire de 3,47 euros. Elle soupçonne en effet le groupe allemand d'avoir dépassé le seuil fatidique des 30% au sein d'IBt via une action de concert déguisée en portage. Une injonction qui date d'avril et qu'Ezag a contesté devant la Cour d'appel de Bruxelles. Après les plaidoiries tenues ce mardi, celle-ci communiquera jeudi la date du prononcé.
Mais tout cela ne ressemble-t-il pas à une tempête dans un verre d'eau sachant que le cours du titre IBt évolue, depuis quelque temps, déjà au-dessus du prix d'OPA. Comme par hasard, Ezag a annoncé aujourd'hui le lancement d'une augmentation de capital qui intervient quelques mois seulement après un programme de rachat d'actions propres qui a eu pour effet de doper le titre.
Il s'agit officiellement de financer le développement de l'une de ses divisions. Mais on peut aussi interpréter cette émission comme la volonté affichée par le groupe allemand de rémunérer, en cash (et non en titres) les actionnaires d'IBt en cas d'OPA obligatoire. Tout en espérant, bien sûr, que personne n'apportre ses titres.
Stéphane Wuille

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