IBt ou la drôle d'OPA (Part III)
Cliquez ici pour lire le premier épisode de notre feuilleton financier consacré à l'OPA sur IBt et ici pour le deuxième.
(L'Echo) - Le groupe allemand Ezag (Eckert & Ziegler) a donc lancé, la semaine dernière, une OPA sur la société belge IBt dont il détient directement et indirectement 52%. Une OPA dont Ezag ne voulait pas entendre parler au départ. Jusqu'à ce que le régulateur boursier (la CBFA) lui tire l'oreille et que la Cour d'appel de Bruxelles s'en mêle.
Mais comment un groupe qui, il y a deux ans à peine, pesait en Bourse plus de deux fois moins qu'IBt, (soit 26 millions d'euros contre 64 millions pour IBt) a-t-il pu financer une telle opération ?
Si tous les titres IBt sont apportés lors de cette OPA, EZAG devra en effet débourser un peu plus de 40 millions d'euros en cash !
Un début de réponse se trouve à la Bourse. Plus précisément dans le cours de l'action Ezag qui a été multiplié par quatre en douze mois.
Une envolée boursière qui laisse rêveur et qui suscite des questions sur ses véritables causes tant elle tombe à point. Oui, le chiffre d'affaires d'Ezag en grimpé de 42% en 2009 et son bénéfice net ordinaire a plus que doublé. Cela joue sur la santé du cours. Mais cela n'explique pas tout.
Reprenons la chronologie des événements ayant amené à l'OPA sur IBt.
Vous allez ouvrir de grands yeux...
SMI détient un bloc de 22,14% d'actions IBt. On ne le sait pas encore, mais il s'agit d'un portage pour Ezag. En clair, ce dernier essaye de cacher qu'il franchit le seuil des 30% dans IBt pour éviter de devoir lancer une OPA dont il n'a pas les moyens.
Ezag lance une augmentation de capital au prix de 5 euros l'action alors que le cours de Bourse tourne autour de 6 euros. Quelques jours après la clôture de cette opération, Creafund, un actionnaire d'IBt introduit une action devant la Cour d'appel de Bruxelles pour exiger une OPA.
La CBFA demande à Ezag de lancer une OPA sur IBt. L'étau se resserre autour du groupe allemand. C'est à partir de ce moment-là que, contre toute logique, l'action prend son envol. Bizarre, non pour une société qui risque de devoir trouver rapidement 40 millions d'euros pour financer une OPA ? Moi, j'aurais plutôt vu le titre prendre une gamelle…
Comme par hasard, l'assemblée des actionnaires du groupe, vote en faveur d'un programme d'achat d'actions propres d'une durée de quelques mois. Ce qui a pour effet de faire grimper le cours. En six semaines, Ezag dépense plus de 430.000 euros pour racheter ses actions à un prix unitaire variant entre 10,55 euros et 14,17 euros. Drôle de gestion. Pourquoi racheter des titres à ce prix après les avoir émis à 5 euros trois mois plus tôt? Pourquoi si ce n'est doper le cours ?
Ezag lance sa seconde augmentation de capital en 9 mois. Le prix est fixé à 15,95 euros et le groupe lève 21,5 millions. Officiellement, cet argent doit servir à financer son expansion dans l'environnement et à saisir les opportunités d'acquisition.
En fait d'opportunité d'acquisition il s'agit de financer l'OPA sur IBt qu'Ezag consent, dans les derniers jours de 2009, à lancer.
Ma conclusion : comment une société qui en neuf mois a réalisé deux augmentations de capital substantielles a-t-elle pu voir, dans le même temps, son action tripler de valeur ?
Sachant que l'émission d'actions nouvelles provoque une dilution du bénéfice par action, cela défie toute logique financière. Le BaFin, la CBFA allemande, pourrait-elle éclairer ma lanterne ?
Stéphane Wuille


PAS NORMAL CE MAINTIEN DU COURS A +/- 3.63 €...LA CBFA DEVRAIT METTRE LES PIEDS DANS LE PLAT.......
Réaction de BAUDELAIRE | 3 mars 2010 à 9:39
Trop tard pour moi, j'ai revendu mes 1500 IBT ce matin... j'ai déjà donné avec Fortis.
Une chose est sûre, cette OPA n'est pas du tout claire, ça sent la magouille à plein nez.
Les administrateurs, en disant vendre leurs actions influencent, de façon claire les petits porteurs.
ça se jouera à pile ou face...
Réaction de e-trader | 3 mars 2010 à 11:54
Magnifique démonstration:c'est de cela qu'il faudrait débattre dans un tribunal .La CBFA et Bafin devraient tout suspendre et remettre les choses à plat.
La SRIW ,gros actionnaire publique pourrait se remuer un peu il me semble pour garder cette entreprise Wallonne
Réaction de Miller Robert | 3 mars 2010 à 12:49
Autre fait troublant et non communiqué pendant les manipulations de cours:Ezag a vendu 156550 titres Ibt pour le faire baisser et le maintenir artificiellement bas alors que les fondamenteaux aidant le cours prenait de la hauteur.
Il n'ont fait cette déclaration que fin decembre alors que les jeux étaient faits.
Réaction de Miller Robert | 3 mars 2010 à 1:17
que faut il faire réellement avec les actions IBT,à ce prix je ne veux pas vendre, mais que se passera t il après? quelqu'un peut m'expliquer.
Réaction de tansas | 4 mars 2010 à 9:29
Quelqu'un a t'il des nouvelles de l'assemblée extraordinaire d'hier ? Ont-il parlé de l'OPA ?
Réaction de e-trader | 4 mars 2010 à 9:36
bonjour e-trader, d'après un post sur boursorama l'administrateur de Créafund a été révoqué et Ezag aurait déclaré que suite à la possible fusion avec Core le site de production de Seneffe sera maintenu. Pas plus d'info pour le moment mais cela me conforte encore plus dans l'idée de ne pas vendre... A+
Réaction de bournouffle | 4 mars 2010 à 5:38
Pour répondre à e tansas .Après plusieurs scénarii sont possibles il y a l'hypothèse où l'OPA fonctionne . dans ce cas le titre perd en liquidité et il baisse .mais il y a surtout celui où ils n'ont pas assez de fonds pour assurer l'OPA et doivent , après avoir pillé les liquidité de IBT ( ça pour moi c'est déjà une certitude )recourir soit à une AC soit à l'endettement. Là le titre se prend carrèment une super gamelle.Enfin il y a l'hypothèse où l'OPa NE MARCHE PAS. Dans ce cas ( peu probable selon moi )le titre perd malgrè tout en liquidité puisque Ibt n'est déjà plus qu'une filiale de EZAG
Réaction de MVGT | 5 mars 2010 à 1:14
Pour répondre à Bournouffle: EZAG peut déclarer ce qu'il veut encore faut-il avoir confiance dans ces gens qui contrairement à ceux d'IBT ne font pas un métier mais sont avant tout des financiers peu respectueux, non seulement des règles mais aussi de leurs associés et des actionnaires en général qu ils ont grugés par leur opération de portage, comme ils ont grugé les actionnaire EZAG en manipulant le cours pour réussir leur AK.Après cela Leur crédibilité est zéro pour l'actionnaire et peut être aussi pour leurs banquiers qui doivent commencer à se méfier.
Réaction de MVGT | 5 mars 2010 à 1:22
Bonjour à tous,
C'est fait....les pieds sont dans le plat....I.
Réaction de I'Mpulumcuraba | 8 mars 2010 à 4:59