Posté le 22 juillet 2010 par Stéphane Wuille

Le faux thriller des stress-tests

Ce vendredi, à partir de 18h, nous saurons enfin si le système bancaire européen a les reins suffisamment solides pour sortir indemne d’une nouvelle tempête financière.

C’est en effet à ce moment-là (voire plus tôt, selon certaines rumeurs) que les 91 banques (cliquez ici pour la liste),  représentant 65% du secteur en Europe, publieront les résultats de leurs tests de résistance (« stress tests »).

De quoi s’agit-il ?

Le principe est assez simple : vérifier la solidité de l’assisse financière de ces établissements lorsqu’ils sont confrontés à des conditions difficiles. Pour cela, le CEBS (Comité des régulateurs bancaires européens) a concocté un scénario de base qui reprend des variables macro-économiques et un autre, plus critique, comportant une baisse de 3% du PIB par rapport aux prévisions et de fortes tensions sur les dettes souveraines.

Les amateurs de suspense risquent d’être déçus. Car si les données précises prises en compte pour triturer les bilans bancaires n’ont pas été communiquées, les fuites sur les résultats, ont, elles, été légion.

Heureusement d'ailleurs que l’on ne testait pas la perméabilité des infos confidentielles. Il y aurait eu pas mal de busés.

Gommettes vertes

Mais on ne peut s’empêcher de penser qu’il s’agit là d’une stratégie concertée pour éviter la confusion vendredi après la clôture des marchés. Histoire de préparer les esprits et de laisser retomber la tension.

Dans l’ensemble, et selon ces fuites, la toute grande majorité des établissements financiers devrait recevoir une gommette verte. Cela sera le cas en Belgique qu’il s’agisse de Dexia et de KBC ou des maisons-mère de filiales fortement implantées chez nous comme BNP Paribas ou ING.

Selon une étude publiée par ING justement, toutes les banques du Benelux auraient réussi en première session, c'est-à-dire sans recapitalisation à la clé. Le critère minimum est un ratio de solvabilité (Tier 1) de 6%. A l'issue des simulations menées par ING, ce ratio atteint une moyenne de 10,6% pour le scénario de base et de 8,8% dans des conditions critiques. Dans ce second schéma, c’est le bilan de Dexia qui souffrirait le plus avec une chute de 34% de son Tier 1.


Trop mous, ces tests?

Que dire, en fin de compte, d’examens que tout le monde passe les doigts dans le nez? Qu’ils sont trop faciles ou que les élèves se sont bien préparés ?

La vérité se situe probablement entre les deux. On n’espère qu’une seule chose : c’est que personne n’a triché en cachant des squelettes dans des coffres-forts ou en minimisant son exposition sur certains pays.

Comme toujours, le marché aura le dernier mot. Et plus précisément, le marché interbancaire. « Si ces tests sont perçus comme crédibles, ils devront se traduire par une réduction des coûts de financement sur le marché interbancaire pour les établissements espagnols ou grecs » note l’auteur de l’analyse d’ING.

C’est donc, notamment, en cliquant ici  (spread Libor-OIS) que l’on pourra mesurer le sérieux de cet exercice grandeur nature.

Stéphane Wuille

Réactions

Suivez nous sur Twitter:
@lescracksTwitter
@stephanewuilleTwitter

Dernières réactions sur Les Cracks en Action

En direct des blogs

Related Posts with Thumbnails