Stress tests: Alors, heureux?
Les résultats des tests de résistance sont donc connus depuis vendredi soir. Les analystes ont mis a profit le week-end pour se pencher sur leurs implications. Voici des morceaux choisis d'études réalisées par de grandes banques. On commence avec Barclays Capital et son analyse intitulée "Happy Now?". Les autres suivront au cours de la journée, ici même.
-->Les analystes ne s’attendent pas à un fort rebond en Bourse des valeurs bancaires comme ce fut le cas après les stress tests américains. Les circonstances économiques ne sont pas les mêmes. Les stress tests US ont coincidé avec des signes de reprises économiques, ce qui ne fut pas le cas cette fois.
-->Dans l’ensemble Barclays estime que ces tests sont crédibles et qu’ils ont surtout été réalisés, non pas pour rassurer le marché des actions, comme ce fut le cas aux USA, mais plutôt dans une perspective de financement (marché de la dette)
-->Tableau: classement des banques cotées selon le Tier 1. On notera le bonne performance de Dexia qui figure en troisème position.
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-->Barlcays relève que si le seuil du ratio "equity Tier 1" de 4% utilisé lors des tests US avait été appliqué en Europe quatre banques (parmi les cotées) auraient été recalées dont KBC.
-->L’élément le plus important à retenir de ces tests, ce ne sont pas les résultats mais le nouvel éclairage apporté sur le risque souverain, souligne Barclays.
-->Les coûts de financement vont-ils baisser ? C’est sans doute la question clé estime Barclays qui note que la pression est surtout structurelle : il n’y a pas assez de fonds disponibles. Les banques européennes ont 1.500 milliards d’euros de dettes qui arriveront à maturité en 2012.
-->Danske Bank pointe trois faiblesses liées au “choc souverain” des tests. Pour rappel, un des trois scénarios élaborés pour tester les bilans bancaires comporte des décotes ("haircuts") sur des titres de la dette souveraine de plusieurs pays, ce que l’on appelle le « choc souverain ».
Les faiblesses en question sont :
1. Les pertes de trading sur la dette souveraine sont modestes voire même inexistantes dans certains cas. Cela est du au fait qu’une grande partie de celle-ci est détenue dans le « bank book » et donc est supposée être détenue jusqu’à maturité. A titre d’exemple, la dette grecque est détenue à près de 90% dans les « bank books ».
2. La décote utilisée dans le « choc souverain » n’est pas si stressante que ça. Dans la cas de la Grèce (23%), par exemple, elle est proche de ce qu’impliquent les rendements obligataires actuellement affichés.
3. Plutôt que des « haircuts » (décote) sur la dette souveraine, ce scénario aurait du comprendre le défaut pur et simple d’un pays de la zone euro. Ce à quoi le CEBS, l’organisme qui a organisé ces tests, a répondu qu’il n’était pas question de permettre la mise en défaut d’un pays.
-->La bonne surprise liée à la publication des tests de résistance concerne la transparence en matière de risque souverain. A part quelques banques allemandes, tous les établissements ont fait la lumière sur leur portefeuille ce qui permet au marché d’avoir suffisamment d’informations pour calculer l’impact d’un défaut souverain.
-->Danske Bank estime que ces tests sont modérément positifs mais qu’ils ne vont pas bouleverser la donne dans le court terme. Elle s’interroge aussi sur le sort des banques qui ont réussi l’examen de justesse et pointe l’importante dépendance en Europe entre la confiance dans le secteur bancaire et celle dans l’avenir des finances publiques.
--> Tableau: Les banques les plus vulnérables.
-->JP Morgan Casenove salue le flux des informations publiées dans le cadre des tests ce qui lui permet d’affiner ses propres analyses.
-->Elle a ainsi tenu compte des décotes dans le « banking book » et pas seulement dans le « trading book » comme les stress tests l’ont fait. Dans ce cas de figure, sur les 35 banques qu’elle suit, 13 finissent sous le seuil d’un Tier 1 de 6%. Pour 2011, cela correspond à un déficit en capital de 8,7 milliards d’euros dont 4,2 milliards rien que pour quatre banques grecques.
-->Pour JP Morgan Cazenove, ces tests sont aussi une occasion manquée. Les pays concernés auraient dû en profiter pour encourager leurs banques à augmenter leur capital. Pour deux raisons :
1. Le ratio Tier 1 restera faible en 2011 (à 7,4% selon ses propres calculs).
2. Démontrer aux investisseurs, côté dette, la capacité à accéder aux marchés des capitaux.
-->Cette occasion manquée de démontrer cette faculté de faire appel aux marchés des capitaux est d’autant plus dommageable que le secteur bancaire va faire face dans les deux années à venir à d’importantes échéances en matière de refinancement.
Oscar Bernal, économiste chez ING et collaborateur régulier de notre blog "Les cracks en action" nous a livré son analyse des résultats des tests de résistance.
Cliquez ici pour lire son texte "Un stress test n'est jamais rien d'autre qu"un stress test".
Stéphane Wuille


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