Les pommiers ne montent pas jusqu’au ciel
Franchement, on voit mal ce qui pourrait se mettre en travers de l’inexorable ascension de la marque à la pomme. A regarder l’évolution du cours de l’action ces dernières semaines, on peut se dire qu’Apple a passé sans encombre un des caps les plus délicats de son histoire : la perte de Steve Jobs.
Alors que ses concurrents n’ont pas encore conçu ne fut-ce que l’ombre de ce qui pourrait devenir un « iPhone-killer », la firme de Cupertino domine le marché en vendant un peu plus de 4 téléphones par seconde à travers le monde. Et rien n’indique que cela va s’arrêter…
La valeur fait l’unanimité chez les analystes financiers. Enfin presque. Sur les 57 d’entre eux qui suivent la société à Wall Street, il en existe un, et un seul, qui recommande de vendre le titre et qui a fixé un objectif de cours de 270 dollars alors que le consensus est de 575 dollars sur 12 mois!
L'action Apple sur les 5 dernières années (Cliquez sur la tableau pour l'agrandir)
(Source: Nasdaq)
Il s’appelle Edward Zabitsky. En deux mots, et sans trop entrer dans les détails techniques, il doute qu’Apple soit capable de maintenir sa marge de plus de 50% sur son produit phare, l’iPhone. Son raisonnement se base sur le nouveau standard du web appelé HTML5 qui devrait permettre de combler certaines déficiences des applications web qui ont permis à Apple de développer ses propres applications dans un environnement captif, l’App Store.
Pour des explications plus techniques, je vous renvoie au Tech Blog de Bloomberg. Toujours est-il que si Zabitsky a raison, pour rivaliser avec ses concurrents Apple devrait fortement baisser le prix de ses iPhones avec une marge de 25%, estime-t-il
Avec un cours de Bourse qui a franchi lundi, pour la première fois , le seuil les 500 dollars et a atteint, mercredi, un plus haut de 526 dollars en séance avant de retomber sous les 500 dollars, Apple affiche une capitalisation boursière de 491 milliards de dollars. Pour vous faire une idée, c’est environ 2,5 fois le poids de toutes les sociétés composant le Bel 20.
La question à un dollar est bien sûr de savoir si ce rally -25% depuis le début de l’année- va se poursuivre et combien de temps.
Un adage boursier dit que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. En irait-il différemment pour les pommiers ?
Goldman Sachs vient de réitérer son objectif de cours à 600 dollars.
Peter Boockvar cité par le Wall Street Journal sur son blog MarketBeat se montre un peu plus prudent:
Il remarque que mis à part l’incroyable ligne de produits et ceux encore dans le pipe-line, la valorisation toujours attractive en termes de bénéfice et les 100 dollars de cash par action qui pourrait servir de dividende, l’action Apple est devenue parabolique.
Et les mouvements paraboliques se terminent toujours de la même façon : par un retour au niveau où la parabole a commencé.
Bien sûr l’action peut encore grimper mais la plus grande capitalisation boursière au monde est maintenant entrée dans une phase plus ténue, d’un point de vue purement technique.
Voici pour illustrer ce propos un graphique publié sur le site Market Anthropology. Il montre pour deux anciennes plus grandes entreprises au monde (Microsoft et PetroChina) cet effet parabolique et le retour à la case départ.
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Enfin, pour terminer sur une note humoristique, voici une vidéo de Norman qui se moque de tous ces « Apple Addict » qui nous entourent.
Stéphane Wuille


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