Pourquoi Warren Buffett n’aime pas l’or
Warren Buffett, alias l’Oracle d’Omaha, alias le patron de Berkshire Hathaway, alias l’un des hommes les plus riches au monde n’aime pas l’or.
Ce n’est pas vraiment une surprise pour ceux qui sont familiers avec la philosophie qui le guide dans ses placements financiers. Warren Buffet investit, il ne spécule pas. Et investir pour lui revêt une définition bien précise : il s’agit d’un transfert vers d’autres du pouvoir d’achat actuel avec l’espoir raisonné de recevoir en retour davantage de pouvoir d’achat.
Pas étonnant dès lors que le métal jaune peine à séduire le milliardaire. Voici comment il pose les données de ce choix dans une contribution qui paraît dans le numéro de février de Fortune mais que vous pouvez déjà lire ici.
Aujourd’hui, tout le stock d’or représente 170.000 tonnes métriques (voir l’infographie en fin d'article que j’ai déjà publiée dans cette rubrique). Si on le fondait, il formerait un cube de 20 mètres de côté. Au prix de 1.750 dollars l’once, cela donne une valeur totale de 9.600 milliards de dollars. Appelons ce cube, la pile A.
Créons maintenant une pile B représentant la même valeur. Avec ça, on peut acheter toutes les terres cultivées des USA (162 millions d’hectares générant annuellement 200 milliards de dollars), plus 16 Exxon Mobil (l’entreprise la plus profitable au monde avec un bénéfice net annuel de plus de 40 milliards de dollars). Après ces achats, il resterait encore 1.000 milliards pour des petites dépenses. Pouvez-vous imaginer qu’un investisseur disposant de 9.600 milliards choisisse plutôt la pile A que la pile B ?
Et Buffett d’enfoncer le clou.
Au cours du siècle qui vient, les 162 millions d’hectares vont produire des quantités énormes de céréales, etc... et Exxon Mobil aura distribué des milliers de milliards de dollars sous forme de dividendes. Pendant ce temps-là, les 170.000 tonnes métriques d’or n’auront pas changé de taille et seront toujours aussi incapables de produire quoi que ce soit.
Le sage d’Omaha n’est guère plus clément vis-à-vis des investissements libellés en devises. Au cours du siècle dernier, de tels instruments ont détruit le pouvoir d’achat d’investisseurs dans beaucoup de pays. Entre 1965 et aujourd’hui, le dollar a perdu 86% de sa valeur. Il a fait le calcul: il faut aujourd’hui 7 dollars pour acheter quelque chose qui valait un dollar à l’époque.
Vous l'aurez compris, l'actif préféré de Warren Buffett reste l'investissement dans des entreprises méticuleusement choisies qui, il en est convaincu, sera le plus rentable et, de loin, le plus sûr.
Stéphane Wuille



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