Posté le 22 juin 2012 par Stéphane Wuille

Les moutards, traders de haut vol

BabyPas besoin d’un MBA d’Harvard, ni d’un stage dans la salle de trading de Goldman Sachs pour réussir à battre le marché. Un diplôme d’humanités, n’est pas nécessaire non plus, en fait. C’est ce que l’on pourrait croire à lecture des étonnants résultats d’une étude réalisée par trois universitaires : Ken Berkman, Paul D. Koch et P. Joakim Westerholm.

Se basant sur les statistiques d’Euroclear et sur les données de la Bourse d’Helsinki portant sur une quinzaine d’années, ils ont découvert que les comptes-titres ouverts au nom d’enfants âgés entre 0 et 10 ans affichaient des performances supérieures à la moyenne.

Pour cacher des délits d'initié

Ce flair boursier se faisait particulièrement sentir dans les jours précédant la publication d’informations importantes comme les résultats des entreprises ou des OPA.  Un exemple : la veille même de la communication des chiffres clés d’une société cotée, les comptes-titres des moutards étaient à 57% orientés dans la bonne direction et surperformaient ceux des investisseurs plus âgés avec un « abnormal return » cumulé de 1,1%. 

Cela me fait un peu penser à une expérience réalisée voilà quelques années avec des singes. Le portefeuille titre constitué par ces derniers de façon aléatoire (faut-il le préciser) battait celui de certains professionnels de la finance. A leur grand dam (faut-il le préciser).

Dans le cas présent, l’explication du phénomène n’est pas très compliquée à découvrir.  Ce sont bien sûr les parents qui ont ouvert ces comptes-titres au nom de leur progéniture et qui placent les ordres de Bourse. L’étude démontre toutefois que les parents, qui sont en général d’un niveau de vie élevé et qui surperforment les autres adultes sur leurs propres comptes-titres, réservent leur meilleures idées de placement pour ceux de leurs enfants. Quand il ne s’agit pas, plus prosaïquement, de camoufler des opérations d’initiés illégales comme cela est déjà arrivé en Finlande, notamment.

Le "babypin" dope la performance

Pour profiter de cette tendance inédite, nos trois chercheurs ont eut l’idée de mettre au point l’indicateur "babypin" qui évalue la part qui revient aux comptes-titres des juniors dans l’ensemble des transactions boursières. Ils ont ensuite démontré que les portefeuilles dotés d’un haut coefficient de "babypin" rapportaient plus que les autres.

Une autre magie de l’enfance…         

Stéphane Wuille

(Reuters)

 

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