Télécoms: l'heure des fusions?
Et si le temps était (enfin) venu pour les grandes manœuvres dans le secteur des télécoms en Europe ? C’est ce que laisse entendre le Financial Times dans une analyse publiée dans son édition du 19 juin sous le titre European operators ready to talk mergers . Pure coïncidence ou début de spéculation, les titres de Belgacom et de Mobistar grimpaient de 2% en cours de séance ce mardi.
Il y a déjà eu, ces dernières semaines, quelques signes d’un regain d’intérêt pour ce secteur en panne de croissance. Le milliardaire mexicain Carlos Slim (photo) vient, par exemple, de renforcer sa position dans Telekom Austria tout en visant un bloc de près de 28% dans le Néerlandais KPN.
Voici les arguments avancés par le quotidien britannique en faveur d’une vague de fusions dans les télécoms :
-->De faibles valorisations provoquées par une perte de revenus et une situation économique problématique en Europe.
-->Malgré cette croissance ralentie, les opérateurs télécoms ont besoin de fonds pour financer la fibre optique et les réseaux mobiles de la quatrième génération.
-->Non seulement les revenus ne sont plus ce qu’ils étaient mais cela se double d’un endettement élevé et de l’exigence, dans le chef des actionnaires, de dividendes généreux.
Qu’en est-il en Belgique ?
Belgacom
Les résultats 2011 de Belgacom reflètent ce qui précède. A telle enseigne que le groupe dirigé par Didier Bellens s’est vu contraint de renoncer à distribuer un super dividende. Régulièrement mise sur la table lors de conclaves budgétaires, la privatisation de Belgacom n’est plus guère évoquée depuis quelques mois. Au cours actuel (très bas), la vente des 53,5% détenus par l’Etat rapporterait près de 4 milliards d’euros.
Mobistar
Pour Mobistar, la publication de ses chiffres annuels 2011 et, quelques mois plus tard, ceux du premier trimestre 2012 se sont tous les deux traduits par des dégringolades à deux chiffres en Bourse. Fin avril, l’action a touché son plus bas depuis neuf ans. Concurrence, spécialisation dans le mobile, baisse des tarifs imposée par le régulateur, échec de la diversification dans la télé,… expliquent la méforme de cette filiale de France Telecom. Tout comme Belgacom, la vente de l’opérateur fait régulièrement l’objet de rumeurs.
Telenet
Contrairement à ses deux concurrents cotés en Bourse, Telenet se porte comme un charme, si l’on excepte son endettement élevé. Les résultats du premier trimestre ont dépassé les attentes du marché. Preuve de cette vigueur : le câblo-opérateur flamand étudie le rachat éventuel de Base. Il a par ailleurs renouvelé son partenariat avec Mobistar dans la téléphonie mobile. Une alliance plus poussée entre ces deux-là a déjà été imaginée par un analyste financier. A moins que l’ actionnaire américain de Telenet ait d’autres projets derrière la tête.
Stéphane Wuille
(Photo: Reuters)


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