Posté le 9 août 2012 par Stéphane Wuille

Investir, c'est génétique!

Quartiers d'été
Le blog « Les cracks en action » prend ses quartiers d’été et sera donc mis en veilleuse pendant trois semaines.
Pour vous aider à patienter jusqu’au mardi 21 août 2012, nous publierons une sélection des articles du blog qui ont rencontré le plus de succès auprès des échonautes au cours de ces derniers mois. Première publication de ce billet: 13 mars 2012.

WinklevossQu’est ce qui vous fait choisir une action plutôt qu’une autre ? Quels sont les critères qui vous guident dans votre stratégie d’investissement ? Pourquoi avez-vous du mal à prendre vos pertes en Bourse?

La réponse se trouve en grande partie dans vos gènes.

C’est en tout cas ce que tend à démontrer les résultats d’une étude menée auprès d’un large échantillon de jumeaux suédois (15.208) par deux chercheurs américains. Pourquoi suédois ? Car la Suède combine un double avantage : une base de données complète sur les jumeaux  -vrais et faux- et un cadastre des investissements (jusqu’en 2007)

A partir d’expériences antérieures réalisées sur des animaux (les singeséchantillon de capucins ont manifesté une aversion aux pertes!) et en se basant sur la littérature neuro-scientifique, Henrik Cronqvist et Stephan Siegel ont identifié cinq penchants largement répandus chez les investisseurs.

Les voici:

1. Les investisseurs individuels diversifient leur portefeuille beaucoup moins que ce que les standards financiers le recommandent et ils ont tendance à privilégier ce qui leur est familier.

2. Ils effectuent beaucoup plus de transactions que ce qui  prééest justifié par un investissement rationnel. diversification

3. Ils ne sont guère enclins à réaliser une perte et vendent donc plus facilement des actions qui génèrent des plus-values que des moins-values.

4. Ils ont tendance à favoriser lors de leurs achats, des actions qui ont réalisé, il y peu, de bonnes performances en Bourse.

5. Enfin, vous et moi avons, (parait-il) une forte propension à rechercher des actions « billets de loterie ».

Restait à déterminer l’origine de ces tendances : innées ou acquises ? Les jumeaux suédois et les chercheurs américain ont répondu : innées jusqu’à 50%. Les vrais jumeaux présentent en effet un profil d'investissement plus proche que celui des faux jumeaux.

Non seulement la part du génétique est déterminante, mais il n’est en outre  pas démontré que l’éducation puisse jouer un rôle significatif pour influencer ces comportements.

De quoi décourager toutes les initiatives entreprises pour mieux éduquer le citoyen aux placements boursiers.  Et de quoi aussi relativiser les performances des Warren Buffett, Georges Soros et autres Carlos Slim dont une partie du talent réside, à en coire nos deux chercheurs,  dans les gènes.

Le tableau ci-dessous reprend les cinq tendances évoquées plus haut, et mesure leur corrélation génétique en fonction des vrais jumeaux, des faux jumeaux, des faux jumeaux du même sexe, des faux jumeaux du sexe opposé et un échantillon aléatoire.

"Home biais"= point 1 ci-dessus; "Turnover"= point 2, etc...

Twins
(Source: "Why Do Individuals Exhibit Investment Biases" de Henrik Cronqvist et Stephan Siegel)

Pour lire l'étude complète, cliquez ici.

 Stéphane Wuille

(Photo: les jumeaux Winklevoss, anciens camarades d'université de Mark Zuckerberg, le patron de Facebook. Bloomberg) 

 

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