Posté le 17 août 2012 par Stéphane Wuille

Le sabir des biotechs

Quartiers d'été
Le blog « Les cracks en action » prend ses quartiers d’été et sera donc mis en veilleuse pendant trois semaines.
Pour vous aider à patienter jusqu’au mardi 21 août 2012, nous publierons une sélection des articles du blog qui ont rencontré le plus de succès auprès des échonautes au cours de ces derniers mois. Première publication de ce billet: 17 avril 2012.

BiotechJ’ai déjà eu l’occasion d’exprimer sur ce blog toute la circonspection que m’inspirent les sociétés de biotechnologies. En soi, elles réalisent un excellent travail et sont à l’origine, pour certaines d’entre elles, d’avancées remarquables dans les soins de santé.

Régulièrement toutefois, je me demande si leur place est bien en Bourse et si laisser des petits investisseurs placer leurs billes dans de telles entreprises n’est pas quelque peu irresponsable.

Bien sûr, les biotechs ont besoin de fonds pour financer leurs recherches et il se trouvera toujours un boursicoteur pour tenter sa chance.    

Je dis bien « tenter sa chance » car à défaut d’un doctorat en biologie doublé d’un master en chimie et d’une petite formation en économie, c’est bien dans le hasard que l’investisseur lambda place toute sa confiance.

Rien que la lecture d'un de leur communiqué de presse nécessite un recours permanent à Wikipedia et une prise massive d'anti-migaineux.

Penons un exemple.

Qui me peut me dire ce que signifie ce paragraphe tiré d’un communiqué de presse publié mardi matin par TiGenix une entreprise spécialisée dans la thérapie cellulaire. Oui, on comprend vaguement qu’il s’agit d’une avancée dans l’étude clinique d’un nouveau traitement. Et pourtant, après sa publication le titre a bondi en Bourse dans des volumes significatifs.


Suite à l’examen des données d’innocuité des trois premiers patients traités dans la troisième cohorte de son étude clinique Phase IIa relative à la polyarthrite rhumatoïde (Cx611), TiGenix a annoncé aujourd’hui qu’elle avait reçu l’autorisation du Comité de surveillance indépendant de recruter et de traiter les autres patients de cette cohorte. L’étude Phase IIa repose sur un protocole de détermination des doses en trois phases. Chacune d’elles commence par un contrôle d’innocuité des trois premiers patients après 40 jours de traitement.

 


Et encore, nous avons ici la chance de bénéficier d’un  communiqué de presse en français. Car ils sont la plupart du temps rédigés en anglais comme celui de Thrombogenics publié ce mardi matin également.


ThromboGenics NV , a biopharmaceutical company focused on developing innovative ophthalmic medicines, today announced that it has resubmitted a Biologics License Application (BLA) with the U.S. Food and Drug Administration (FDA) for ocriplasmin intravitreal injection, 2.5 mg/mL, for the treatment of symptomatic Vitreomacular Adhesion (VMA) including macular hole.


Alors si les investisseurs et les journalistes financiers ont des difficultés à déchiffrer ce sabir, ne sera-t-il pas opportun de demander aux biotechs de réaliser un effort pédagogique dans leurs communications? A moins que cette opacité ne soit, in fine, entretenue à dessein…. 

A lire également:

Galapagos et la vallée de larmes des biotechs
Le b.a.-ba des biotechs
TiGenix, un gouffre à millions sur les genoux

Stéphane Wuille 

(Photo: Photo News)

 

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