Les analystes n'aiment pas "vendre"
Quartiers d'été
Le blog « Les cracks en action » prend ses quartiers d’été et sera donc mis en veilleuse pendant trois semaines.
Pour vous aider à patienter jusqu’au mardi 21 août 2012, nous publierons une sélection des articles du blog qui ont rencontré le plus de succès auprès des échonautes au cours de ces derniers mois. Première publication de ce billet: 15 février 2012.
Regardez bien le tableau ci-dessous. Il reprend pour les valeurs composant l’indice américain S&P 500, les pourcentages de recommandations à l’achat, à la vente ou à conserver, et cela au cours des 12 derniers mois.
La première lecture que l’on peut en faire est celle livrée par le site Factset qui a publié ce tableau le 1er février. "Malgré une progression de 4,4% de l’indice au cours du mois de janvier, les analystes sont devenus plus pessimistes, du moins si l’on se base sur leurs recommandations", écrit Factset. "Alors que le nombre de conseils à l’achat a baissé légèrement (-0,5%), celui recommandant de « conserver » a augmenté de 6,3% et celui conseillant de « vendre » a bondi de 13,2%."
Les analystes tablent cependant toujours sur une croissance à deux chiffres de l’indice S&P 500 au cours des 12 prochains mois avec un objectif moyen affichant un potentiel de hausse de 12,6% par rapport à son niveau de fin janvier.
(Source: Factset)
Voilà pour la première lecture.
La deuxième lecture permet de constater que la très grande majorité des recommandations formulées par les analystes financiers sont, soit positives (52%), soit neutres (43%). Pourquoi un tel trend optimiste et, surtout, comment se fait-il que 5% seulement des avis émis par ces spécialistes soient négatifs ?
Voici les explications avancées par le site Business Insider :
-->La plupart des actions- et plus particulièrement les actions de croissance- affichent une tendance haussière sur le long terme. Recommander de « vendre » signifie donc aller à contre-courant et/ou faire un pari sur le court terme.
-->Des actions affichant d’excellents fondamentaux ne baissent pas simplement parce qu’elles deviennent chères. Au contraire, elles deviennent encore plus chères. Les conseiller à la vente en se basant uniquement sur leur valorisation est un mauvais calcul.
-->Les conseils de vente sont rares ce qui, lorsqu’ils sont émis, les font apparaître comme une condamnation de l’entreprise, voire comme une vendetta de l’analyste. La façon la plus diplomatique d’annoncer ce genre de recommandation négative est de dire « conserver », ou, tout simplement d’ignorer la société.
-->Emettre un rating de vente provoque souvent la chute du titre en question et affecte donc les investisseurs qui en possèdent en portefeuille. Ceux-ci, en général, ne vous remercieront pas. Ils exigeront votre tête, à la place.
-->La plupart des entreprises refusent de s’entretenir avec des analystes qui sont à la vente sur leurs actions. Cela réduit les capacités des analystes en question de collecter des informations sur ces sociétés.
J’ajouterais -et quoi que l’on puisse me dire sur les "chinese walls" censés séparer certaines divisions au sein d’un établissement financier- que je reste persuadé qu’une banque émettant un avis négatif sur une entreprise risque fort de devoir en payer le prix fort d’une façon ou d’une autre. Soit en perdant un client, soit en faisant une croix sur client potentiel.
Et vous chers échonautes, quel est votre avis sur la question ? Laissez-nous un commentaire.
Stéphane Wuille


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