Posté le 4 juin 2012 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Les plus belles Harley, juste pour vos yeux

Au risque de sortir une banalité, il n'est pas vraiment nécessaire d’être un motard confirmé pour apprécier les belles motos. Surtout quand elles appartiennent à la légende. Comme la Harley-Davidson, qui est à la moto ce que la  Porsche 911 est à la voiture. Une pure œuvre d’art. Chère, certes, mais qui en donne pour son argent.
Livre-harley-davidson-plus-belles-machines-milwaukee_hdPublié aux éditions E-T-A-I, ce merveilleux album reprend les plus beaux clichés du photographe américain David Blattel, fou amoureux de la marque depuis les années 70, début de sa carrière.  En une  centaine de machines, l’ouvrage retrace l’évolution de la marque, des années 1900 à aujourd’hui. L’histoire d’une société «100% made in America» née en 1903 de la passion commune partagée par trois amis doués en mécanique : William S. Harley, Arthur Davidson et son frère Walter. Trois artisans partis de rien pour créer des motos qui font désormais rêver tous les motards de la planète. Ou presque.

 L’ouvrage, richement illustré, classe les motos par catégories. Les premières Harley, les motos de grand tourisme, les petites  Harley, les Panhead, les Knucklehead, les sportster. Tous les modèles à succès sont présents, avec un texte explicatif quant aux caractéristiques  ou lié à des anecdotes originales.  Comme ce modèle FL de 1956 resté célèbre pour ses performances mais aussi pour l’identité de certains acheteurs. Comme Elvis Presley, tombé amoureux de ce modèle rapide.

 Et s’il fallait en choisir une en se basant sur le look ?
Avouons un coup de cœur pour la FXSTSSE Softail Springer CVO, tout simplement superbe. Ou la Night Rod Special (2011).  
Et devant le cliché de la Road King Custom (2005), comment s’empêcher de l’imaginer dans une vitrine ? Comme une belle pièce de collection.  Quant aux amateurs de véhicules de police, ils seront ravis de retrouver dans l’album les modèles qui ont équipé les forces de l’ordre américaines. Comme la FLH Electra Glide Police (1967).
Pour la petite histoire, la première Harley-Davidson de police fut livrée en 1908 aux services de police de Detroit. Des Harley officielles, comme les machines qui laisseront des traces en Europe dans les années 40 avec les modèles militaires présents sur les zones de combat et devenus symboles de la victoire alliée en Europe. Avec la Jeep ou le char Sherman. Un modèle WLA sera d’ailleurs conçu spécialement pour l’armée avec  des pneus 18 pouces à rainures plus profondes, un porte-bagages renforcé, des ailes plus basiques et le célèbre porte-fusil du guidon.
D’autres modèles militaires seront conçus pour des conflits ultérieurs mais sans atteindre cette aura qu’avait la Harley des années 40. La MT 500 (1995) notamment, pas vraiment belle il est vrai, avec ses pièces en gros plastique kaki.

Business is business. C’est cela aussi l’Amérique. Après le 11 septembre 2001, Harley a produit un modèle spécial «pompier». Une moto peinte naturellement en rouge et réservée exclusivement aux  hommes du feu. Un bel hommage rendu ici à cette version introuvable.

 Enfin, qui oserait encore qualifier la Harley de moto «trop sage» après avoir admiré la XL 1200 N Nightster (2008). Un sportster teinté de noir mat, à l'allure trapue et doté d’une description peu flatteuse dans les médias américains : «le Nightster était mieux qu’un poing américain dans une rixe de bar


Difficile de résister à l’attrait de ces belles machines présentées avec soin avec des clichés somptueusement mis en scène. Une belle idée de cadeau à (s’) offrir pour prendre la route. Le rêve est possible, à défaut d'avoir le permis moto.

 Philippe Degouy

 “Harley-Davidson. Les plus belles machines de Milwaukee". Photographies de David Blattel. Textes de Dain Gingerelli. Éditions E-T-A-I, 39,00 euros. 193 pages

 Couverture : éditions E-T-A-I

Posté le 1 juin 2012 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

«Crimes et châtiments», quand la justice se raconte

Et de deux, pour le magazine « Crimes et châtiments » publié par les éditions Jacob-Duvernet. Le premier numéro avait rempli avec succès son entrée sur la  scène de crime. Un sujet de société qui fascine de plus en plus le public, soucieux de connaître les coulisses des grandes affaires et les acteurs de ces drames. Nombreuses sont les émissions présentes à la télévision et à la radio consacrées au sujet. Dans l’édition, mis à part certains journaux de qualité fort inégale, il y avait nettement un marché à prendre. C’est désormais chose faite avec ce trimestriel d’excellente facture qui évite soigneusement le piège grossier du voyeurisme. L’éditeur a fait appel à une équipe d’auteurs issus du monde judiciaire. Des grosses pointures qui mettent dans la balance (de la justice) leur réputation et les connaissances des dossiers. Quelques exemples extraits du casting présent en fin de magazine ? La journaliste Isabelle Dumas-Pelletier. Célèbre pour son interview de Mesrine. Ou Paul Lefèvre, le chroniqueur judiciaire français présent dans les médias. Mais aussi Martine Monteil, première femme commissaire à avoir dirigé les Stups, la Mondaine, la Crim’ ou la PJ en France. Sans oublier Eric Jung, ancien policier de terrain devenu journaliste et qui nous raconte le dossier lié à l’enlèvement du baron Empain. Sans oublier Vladimir Fedorovski, l’écrivain d’origine russe le plus édité en France.

 CrimesetchatimentsParmi les nombreux articles présents, le coin de l’expert est consacré aux toxicologues de la police scientifique française, de plus en plus confrontés aux nouveaux empoisonneurs. Une criminalité en forte augmentation avec l’usage de drogues destinées à la soumission chimique. Avec l’agression sexuelle comme mobile le plus fréquent.

Quant à la journaliste Audrey Goutard, elle envisage tous les pièges qui guettent le criminel en cavale. Un article qui pose les  questions pratiques à résoudre. Que faire pour effacer ces traces que nous laissons partout ? «Il ne suffit pas de se faire la belle, encore faut-il pouvoir tenir la longueur, parfois pour de longues années.»  Pour les spécialistes de la police interrogés par la journaliste, il n’y a pas plusieurs solutions pour éviter de se faire reprendre : «il faut être un cœur sec, être capable de couper complètement les ponts avec son entourage. Plus de parents, plus d’enfants ou de fiancée. Plus de restaurants ou de sorties. Et des finances conséquentes pour tenir le coup.»

 Après le dossier du premier numéro qui était consacré aux femmes, celui du deuxième relate l’histoire de ceux qui donnent d’étranges frissons à chaque apparition: les bourreaux (dont la devise est «Dieu et nous seuls pouvons»). En amuse-bouche, une histoire des châtiments prouve une fois encore que l’imagination humaine est décidément sans limites quand il s’agit de faire mal à ses semblables. Entre la décapitation à la hache, la pendaison, le supplice du pal pour les femmes adultères ou les homosexuels, l’écraseur de tête, la question ordinaire, le choix est plutôt vaste. Sans oublier, pour les femmes, les  traitements particuliers comme  la vierge de fer (un sarcophage doublé de longs clous) ou la pince vaginale destinée à arracher les organes internes.

Avec en première position la guillotine (alias «la veuve», «la bécane», «les bois de Justice») qui  ne rejoindra les musées français qu’en 1981 grâce à (ou à cause de, selon les points de vue adoptés) la loi Badinter. Une carrière longue et bien remplie pour celle que l’écrivain Céline surnommait «le prix Goncourt des assassins».

L’outil de travail de ces messieurs du petit matin dont l’histoire est racontée ici. Certains détails sont à donner froid dans le dos. Ainsi, «quand la lame de 45 kilos tombe et tranche le cou, le cœur qui n’a pas cessé de battre, propulse deux jets de sang rouge. L’un à l’horizontale et l’autre à plus d’un mètre au-dessus du corps mutilé.» Comme l’explique le bourreau André Olbrecht, «qui n’a jamais senti sous ses doigts les muscles de celui qui s’apprête à mourir, ne peut savoir quel courage surhumain il faut pour se précipiter volontairement sous le couperet. »

 Bourreau, un métier d’homme ? Assurément. Et pourtant une femme, et une seule, a exercé la profession en France. Camouflée sous des vêtements masculins, il est vrai. Elle se nommait Marguerite Le Pastour. Une frêle jeune fille mais très douée pour faire rouler les têtes. Proprement.
Son histoire incroyable est racontée dans les pages.

 Spécialiste des religions, l’historien Patrick Banon revient quant à lui sur l’un des procès les plus célèbres de l’histoire de France. Celui de Gilles de Rais, maréchal de France, compagnon de Jeanne d’Arc et héros de la guerre de Cent Ans, et dont on sait aujourd’hui qu’il a été victime d’un complot destiné à lui voler ses biens. Pour Patrick Banon, le procès du puissant seigneur ne reposait que sur des accusations racoleuses, des preuves inventées et des faux  témoignages. «Gilles de Rais ne mériterait-il pas d’être réhabilité officiellement et qu’enfin sa statue dédiée à toutes les victimes d’injustice soit installée à Nantes ou Orléans ? »

 D’autres sujets sont également traités et que nous vous laissons découvrir. Histoire ne pas vous priver du plaisir de la découverte du sommaire de ce numéro deux de « Crimes et châtiment ». Un magazine qui a pris du muscle depuis le précédent avec plus de pages offertes à la lecture.

 Philippe Degouy

«Crimes et châtiments.» N°2. Trimestriel. Avril 2012.  15,90 euros. 192 pages. Éditions Jacob-Duvernet

 Couverture : éditions Jacob-Duvernet

Posté le 30 mai 2012 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

«Prisonniers nazis en Amérique»

Après «La traque des nazis» et «Apocalypse», Daniel Costelle livre avec «Prisonniers nazis en Amérique» un nouveau document passionnant et révélateur d’une époque qui n’a pas livré tous ses mystères. Son livre constitue le résultat d’une longue et inédite recherche sur un sujet largement ignoré dans l’étude de la Seconde Guerre mondiale : le sort des prisonniers de guerre. Si nous gardons en mémoire des souvenirs de films (de  «La Grande évasion» à la comédie «La vache et le prisonnier» ou les épisodes de la 7e compagnie), comment connaître la vraie vie de ces hommes capturés par l’ennemi et enfermés de longues années?
Sur la base de récits de témoins directs, anciens prisonniers allemands ou gardiens américains, Daniel Costelle retrace le destin de ces centaines de milliers de soldats envoyés dans des camps de détention aux Etats-Unis.

L’auteur explique longuement, avec de nombreux témoignages, le paradoxe des camps américains. Les prisonniers allemands antinazis qui quittaient le front Ouest pensaient enfin échapper au nazisme pur et dur. Pouvoir souffler et savourer pleinement le fait d’être en vie. Ce fut tout le contraire. Pire même, car sans possibilité de fuir, ils se sont retrouvés dans des camps mis sous la tutelle de nazis purs et durs qui faisaient régner la terreur et appliquaient leur justice. Chants nazis, drapeau à croix gammée, portraits d’Hitler dans les pavillons, tout était autorisé par les Américains.  Et malheur aux antinazis ou aux traîtres. Ils n’ont pas vu la fin de la guerre. Assassinés par les fanatiques à l’intérieur des camps.

 PrisonniersLa découverte des camps de concentration et des atrocités commises sur les civils au cours de la libération de l’Europe va modifier drastiquement les conditions de détention des Allemands, jugés tous responsables. En juin 1945, il y aura plus de 371 505 prisonniers allemands en Amérique. Leur retour en Europe un an plus tard sera loin d’être une fête pour eux. De nombreux prisonniers seront en effet réclamés par la France pour déminer les plages et assurer la reconstruction du pays. Et dans des conditions bien moins agréables qu’au fin fond du Texas.

Malgré le sujet qui ne prête guère à rire, certaines anecdotes rapportées par l’auteur font néanmoins sourire. Involontairement. Comme ce prisonnier allemand évadé d’un camp et qui se fait reprendre dans un bus local. Sans comprendre l’anglais, il va s’installer au fond du bus, parmi les sièges réservés aux noirs. Chose totalement impossible dans l’Amérique des années 40.  Il y a aussi le témoignage de cette Américaine qui vient réclamer cinq nazis pour travailler dans sa ferme. Cinq vrais nazis, avec des cornes. Comme la représentation du nazi  faite dans la bande dessinée américaine.

 Des prisonniers au sort bien différent selon les pays

 Un chapitre détaille, en guise d’épilogue, le sort bien différent rencontré par les prisonniers de guerre. Si ceux qui étaient «protégés» par la Convention de Genève ont connu des conditions disons supportables, il n’en va pas de même pour les autres. Comme les prisonniers du front de l’Est, Allemands ou Russes. Ou ceux capturés par les Japonais pour qui «le code de l’honneur interdisait à un soldat de se rendre. La reddition étant une souillure, le prisonnier de guerre était ipso facto un lâche qui ne méritait pas de vivre

Au fait, combien étaient-ils ces prisonniers capturés lors du dernier conflit mondial ? «Les études les plus récentes nous orientent vers une fourchette qui situerait approximativement le nombre de prisonniers de guerre entre 18 et 20 millions de personnes.» Comme le souligne justement le colonel (e.r.) Frédéric Guelton, auteur de la postface, «le premier mérite du livre de Daniel Costelle est d’avoir su tirer de l’oubli un sujet largement ignoré, comme si les prisonniers de guerre étaient les grands oubliés de l’histoire des guerres en raison de leur position particulière de ‘sous-vaincus ‘ pour les vaincus et d’antihéros pour les vainqueurs.»

 Un livre passionnant, qui se lit d’une traite ou presque, grâce au talent d’écriture de Daniel Costelle, spécialiste du sujet, et aux nombreux témoignages qui aèrent le récit. Un ouvrage qui participe au devoir de mémoire et que nous classons sans hésitation parmi nos récents coups de cœur.

 Philippe Degouy

 «Prisonniers nazis en Amérique.» Document de Daniel Costelle. Éditions Acropole. 18,50 euros. 334 pages.

 Couverture : éditions Acropole

Posté le 25 mai 2012 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Au coeur de l'Ouest américain (Guide)

Malgré un euro en toute petite forme, un séjour aux Etats-Unis reste toujours intéressant à planifier pour les prochaines vacances qui s’annoncent.  De quoi donner envie de traverser l’Atlantique pour aller saluer nos cousins du Nouveau Monde. Et par la même occasion oublier l’ambiance plombée qui plane sur la vieille Europe.
Pour vous aider à préparer ce périple, cette formidable aventure, les éditions Hachette publient une nouvelle édition de leur guide bleu dédié à l’Ouest américain. Une sacrée somme de conseils et de propositions d’itinéraires  qui rendent inutiles les achats d’autres guides. Celui-ci est beau et utile. Que  demander de plus ?

 OUESTÀ condition d’éviter les mois d’été - le pire moment pour visiter l’Amérique (à cause de la chaleur et de la foule)-  rien n’est plus facile que d’organiser un voyage au pays de l’oncle Sam. Un billet d’avion, une bonne assurance  santé et une réservation de voiture (à  faire en Europe) suffisent. Le reste s’improvise sur place. Vu la pléthore de solutions d’hébergement, pas la peine de réserver votre hôtel. Laissez plutôt le destin décider de l’endroit où vous logerez le soir. C’est cela aussi le rêve américain : la liberté totale. Pour les aventuriers, le camping reste le meilleur moyen de vivre les parcs nationaux de l’intérieur et de rencontrer les Américains. Avec  veillée au coin du feu, guitare country,  barbecue et ambiance de pionnier qui devraient vous laisser de très bons souvenirs.  À vous de voir.

 L’Ouest, ou Far West. Sans doute la région d’Amérique qui (a) fait rêver tous les enfants d’Europe. Sur place, vous verrez que la réalité est bien plus excitante encore que vos rêves de gosse. Si l’immensité du territoire vous fait peur, faites confiance au guide Hachette qui propose des itinéraires illustrés de photos en couleur et de nombreux conseils pratiques. Sur la façon de conduire, de faire face aux rencontres avec les animaux, de s’orienter dans les villes etc. Un solide chapitre délivre quant à lui de bonnes adresses de logements ou de restaurants. Car on y mange bien, contrairement aux préjugés européens.

 Parmi les curiosités à ne rater sous aucun prétexte figurent les plages de Californie, de San Diego à San Francisco, vous trouverez celle qui vous fera rêver face à l’Océan Pacifique. Ou le parc tribal de Monument Valley. Propriété de la tribu indienne des Navajos, il mérite un détour pour la splendeur de ses paysages, décor des films de John Ford.  Les trois étoiles accordées par le guide sont loin d’être usurpées.

Et même si les villes américaines ne sont pas nos destinations préférées, il est pourtant impossible de passer à côté de certaines destinations. Comme San Francisco, San Diego ou Los Angeles.  Sans oublier Las Vegas, notre point de chute préféré pour visiter les grands parcs (Grand Canyon, Bryce, Zyon, Monument Valley…).

 

Photo thématique: Philippe Degouy

Route66, CalifornieUn dernier conseil pour la route? Les auteurs du guide ont 1000 fois raison de souligner le fait de ne pas tout vouloir visiter en un séjour. Il ne faut surtout pas négliger les distances et les limitations de vitesse (à respecter scrupuleusement) qui n’inspirent pas à tailler la route comme en Europe. Comme pour tout en Amérique, les distances sont énormes. Un exemple ? Au Texas, il faut plus de 12 heures de route pour relier Houston (à l’est) à El Paso (à l’ouest).

 À vous désormais les grands espaces avec la country dans l’autoradio. « De Dallas à San Francisco. »

 Philippe Degouy

 «Etats-Unis. Ouest américain. » Collection Guides bleus. Editions Hachette. 625 pages.

 Couverture : éditions Hachette

Posté le 24 mai 2012 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

«Un sage en hiver» ou la palme d’or de la cuite (Cinéma)

Le festival de Cannes nous donne une bonne occasion de reparler d’un pur chef-d’œuvre : « Un singe en hiver ». Film de 1962 tourné par Henri Verneuil, ce classique du cinéma a donné au duo Chanoinat et Da Costa (déjà chroniqué ici à de multiples reprises) l’occasion de publier un nouveau petit bijou d’humour : « Un sage en hiver » (éditions 12bis).
Sur des textes de Philippe Chanoinat, le caricaturiste Charles Da Costa livre une douzaine de caricatures de scènes extraites du film. Un travail d’orfèvre, en noir et blanc (comme le film), de toute beauté. Avec un Jean Gabin aussi cabotin que dans le film où il donnait la réplique à Jean-Paul Belmondo (pour une unique occasion) mais aussi à Suzanne Flon ou Noël Roquevert.

Un_sage_en_hiverPour rappel, dans l'intrigue, Gabin, taulier d’un petit hôtel normand et ancien fusilier-marin en Indochine vit dans ses souvenirs du Yang-Tsé-Kiang. Quand débarque Belmondo, l’imprévu va faire renaître  l’ancien qui retrouve son envie de hisser les voiles.  D’accord, c’est vrai,  le film date un peu. Mais traité par nos deux cinéphiles des éditions 12bis, il en devient dantesque (pour parodier Gabin). 
Vous voulez découvrir à quoi ressemblent deux monstres sacrés ? Visionnez le film, et vous verrez Gabin et Belmondo, qui n’ont vraiment rien à voir avec les « nouvelles stars » d’aujourd’hui.  Un jeu grandiose, certes, mais aussi des répliques qui fusent comme un feu d’artifice. «Si je buvais moins, je serais un autre homme. Et j’y tiens pas.»  Ou cette réplique de Gabin face à sa femme (Suzanne Flon) : «dit-toi bien que si quelque chose devait me manquer, ce ne serait plus le vin, ce serait l’ivresse. (…) Y a pas de bonnes habitudes. L’habitude, c’est une façon de mourir sur place.» Quant à Belmondo, il n’a pas eu à se plaindre non plus de ses répliques, aussi percutantes que celles de son aîné : «monsieur, si la connerie n’est pas remboursée par les assurances sociales, vous finirez sur la paille ». Et comment oublier cette scène de flamenco destinée à expliquer à des Normands ce qu’est le soleil (d’Espagne). «Arrière les esquimaux, un toréador reste toujours seul» braille Belmondo en quittant le bar.

Pur régal de lecture, les douze caricatures revisitent, fidèlement, les grandes scènes d’un film à revoir sans tarder. Et sans modération, contrairement au Picon-bière.

 Dédions enfin notre coup de cœur à la planche qui clôture l’album, celle où Jean Gabin est assis, seul, sur un banc de quai de gare avec sa petite valise. Comme prêt pour le grand départ.

 «Et le vieil homme entra dans un long hiver

 Philippe Degouy

 «Un sage en hiver.» Par Philippe Chanoinat et Charles Da Costa. Éditions 12 bis. 48 pages. 12 euros environ.

Couverture : éditions 12bis

Posté le 24 mai 2012 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Le porte-avions ou quelque 90.000 tonnes de diplomatie

Première puissance maritime au monde, les Etats-Unis, qui disposent en permanence d’un accès aux océans Atlantique et Pacifique, possèdent plus de porte-avions que toutes les autres nations réunies. Une force de frappe considérable particulièrement utile  pour  la diplomatie US. L’envoi d’un porte-avions dans au large d’une zone instable suffit généralement à calmer les esprits.  Une arme qui a connu son développement lors de la Seconde Guerre mondiale. Comme le souligne Jean-Marie Krausener, auteur de ce hors-série du magazine  «Navires et histoire» (Lela presse)  et consacré aux porte-avions américains : «le 1er juillet 1941, l’année de l’entrée en guerre des Etats-Unis, sa marine possède 7 porte-avions en activité. Quatre ans plus tard, le 1er juillet 1945, elle en aligne… 98

 PorteavionsSi l’idée d’utiliser des navires pour lancer des avions est une idée britannique, les Américains vont s’y intéresser très rapidement pour la développer avec succès. Le 14 novembre 1910, Eugène Ely réussit un décollage du pont de l’USS Birmingham à bord d’un Wright B1. Le 18 janvier 1911, il réalise un autre exploit, le premier appontage de l’histoire sur l’USS Pennsylvania. L’histoire de l’aéronavale américaine est en route pour ne plus jamais faire machine arrière.
 Le premier porte-avions américain sera le USS Langley, armé le 20 mars 1922.  Un ancien navire charbonnier transformé qui est cependant bien loin de ressembler aux porte-avions qui vont évoluer vingt ans plus tard lors de la guerre du Pacifique.
Miraculeusement épargnés lors de l’assaut japonais sur Pearl Harbor le 7 décembre 1941, ils vont être l’instrument essentiel de la reconquête et de la victoire alliée sur ce front lointain.

Premier volet d’une histoire des porte-avions américains, ce hors-série de très bonne facture retrace par le détail la genèse de cette puissance navale et son rôle dans la guerre du Pacifique où les porte-avions vont remporter des batailles décisives. Comme à Midway en juin 1942 ou lors de la bataille des Mariannes en juin 1944 durant laquelle les pilotes vont abattre plus de 385 avions japonais.
Plus de 400 clichés et profils illustrent le texte précis de Jean-Marie Krausener. À noter, l’intéressant chapitre sur une étape peu connue de l’histoire de l’aéronavale : l’entraînement des pilotes sur des porte-avions mis à l’eau  sur le lac Michigan. Un moyen d’entraîner les pilotes sans devoir subir le risque d’attaques ennemies et des pertes inutiles.

 À la fin du conflit mondial, le bilan de l’aéronavale américaine est éloquent : «l’aviation embarquée a détruit 12.268 avions japonais, coulé 12 porte-avions japonais, 6 cuirassés, 18 croiseurs, 13 sous-marins.» Sans compter les sous-marins allemands dans l’Atlantique et les navires marchands japonais. «Quant aux pertes, elles s’élèvent à 12 porte-avions perdus : le USS Langley, quatre porte-avions d’escadre anciens, un léger et six d’escorte. »

Ce hors-série, qui débute dans les années 1910  pour s’achever en 1945,  sera suivi d’un second volet.

 Philippe Degouy

 «Navires et histoire. Hors-série n°15. Les porte-avions de l’US Navy. 1ère partie. Des débuts à 1945.» Par Jean-Marie Krausener. Éditions Lela Presse. 18 euros 50

 Couverture : Lela Presse

Posté le 23 mai 2012 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

«Iron Siege» ou l’improbable alliance (BD)

Peu présents dans les chroniques littéraires ou les rayons des libraires classiques, les Comics américains, souvent méprisés, méritent pourtant le détour.  Les catalogues des éditeurs recèlent de véritables pépites pour les lecteurs qui se montrent curieux.  Comme cet album des éditions Soleil qui publient une collection baptisée Soleil US Comics. Notre coup de cœur de la semaine. «Iron Siege», sorti ce mercredi, débute comme un récit classique qui prend forme au cœur de la Seconde Guerre mondiale. Avant de rapidement plonger dans un scénario gore où les humains font face à des zombies avides de sang et pourvus d’un solide instinct de prédateur.

 Iron siegeSud de la France, 1944. Un petit groupe de paras américains menés par le sergent Jack Delacey est chargé de capturer un officier SS porteur des plans d’une offensive sur les Ardennes. Une mission presque ordinaire pour des soldats qui ont vécu les horreurs du débarquement quelques semaines plus tôt. Mais des hommes  qui n’auraient jamais pu deviner l’horreur qui allait s’abattre sur eux et leurs prisonniers allemands. Obligés de s’allier pour survivre, ils vont lutter contre une forme de vie sans pitié qui souhaite leur anéantissement. Purement et simplement. Voilà pour le résumé de l’intrigue de cet excellent album.

 Le dessin de Trevor Goring , dynamique à souhait, ne laisse aucun répit avec ses scènes d’action à donner la chair de poule. L’éclairage très sombre des planches renforce toute l’horreur des scènes.  Le scénario de James Abraham et Trevor Goring est quant à lui manifestement inspiré par le cinéma fantastique et d’horreur. Les auteurs connaissent leurs classiques sur le bout des doigts et leur rendent hommage au fil des 88 pages de l’album. Les cinéphiles n’auront guère de peine à trouver les allusions.  Difficile, en effet,  de ne pas retrouver le clin d’œil à des films comme «Evil Dead»  de Sam Raimi ou au formidable «Assault on Precinct 13» de John Carpenter.
Il faut accorder également une mention spéciale pour la  couverture de l’album et ses têtes de chapitre dessinées par Tim Bradstreet. Simplement superbes avec les jeux d’ombre et le rendu d’une angoisse omniprésente dans le récit.

 «Les soldats connaissent les horreurs dont les hommes sont capables à la guerre. Mais rien de ce qu’ils ont vu, rien de ce qu’ils ont vécu n’aurait pu les préparer à un ennemi comme celui-là

 Inutile de préciser que cet album est destiné à un public averti.  

Philippe Degouy

 “Iron Siege”. Scénario de James Abraham et Andrew Hong. Dessin de Trevor Goring. Collection Soleil US Comics. 13,95 euros. 88 pages. Éditions Soleil.

Couverture : Tim Bradstreet

Posté le 22 mai 2012 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Au soleil du Midi, sur la Côte (Guide)

Irascible? Le teint couleur de craie, l’œil sans cesse tourné vers ce ciel tristement gris ? Stop. Ne cherchez plus docteur. Il est temps de changer d’air. De se teinter l’existence avec du bleu, du jaune, de l’orange, du vert et de se gaver d’odeurs. Celles de la lavande, du thym, du parfum de plage. Direction la Côte d’Azur. Destination classique certes mais qui réserve toujours de bonnes surprises. Si vous évitez les terribles mois d’été. Saint-Tropez, Nice baie des Anges, Menton, Monaco…. Si ces destinations n’éveillent rien en vous, vous êtes vraiment mal en point. Il est temps de prendre le large pour du repos mérité.
En voiture Simone pour un périple de plus 1100 kilomètres vers ces lieux enchanteurs, thème de ce guide Hachette remis à jour par Jean-Pierre Cassely, figure locale  bien connue pour ses visites touristiques.

Cote d'azurQuand le touriste pense à la Côte d’Azur, nombreux sont les clichés qui défilent, avec des plages à perte de vue, une eau bleue et des criques où s’abriter des regards indiscrets. Soit. Tout cela est vrai.  Mais il serait dommage de passer à côté des richesses  culturelles de cette région, visitée depuis longtemps par les artistes du monde entier. Leurs traces sont encore bien visibles dans des fondations ou des musées de toute beauté.  Comme Sanary-sur-Mer (notre coup de cœur), où de nombreux écrivains ont, par le passé, choisi d’y habiter pour y trouver la quiétude : Thomas Mann, Stephen Zweig ou Aldous Huxley (dont « Le meilleur des mondes » fut écrit à Sanary). À ne pas rater non plus, la fondation Maeght sur les hauteurs de Saint-Paul-de-Vence, charmant village artistique. Elle dispose de  l’une des plus importantes collections d’œuvres d’art du 20e siècle.

Sur place, impossible non plus de rater la route de la corniche d’Or qui débute après Saint-Raphaël pour rejoindre La Napoule, peu avant Nice. Quarante kilomètres qui constituent un régal pour les yeux et donnent l’occasion de prendre des clichés photographiques de toute beauté. Seul petit bémol, la présence de nombreux cyclistes sur cette petite route étroite. Mais soit, calmos, vous êtes en vacances.  Petite mention aussi  pour les amateurs de bande dessinée avec l’île d’or qui fait face au port du Poussaï. Elle a manifestement inspiré Hergé pour son décor de l’album « L’île noire ».
Un guide bourré de bons conseils, d’itinéraires avec cartes et curiosités étoilées, et qui se clôture par un carnet de bonnes adresses.
De quoi profiter pleinement de votre séjour au sein de l’une des plus belles régions d’Europe. N’ayons pas peur des mots.

 Philippe Degouy

 «Côte d’Azur. Nos plus beaux itinéraires, villages pittoresques, plages de rêve, balades et saveurs du Sud.»  Collection Guide évasion. Édition mise à jour et augmentée par Jean-Pierre Cassely. 400 pages. Éditions Hachette. 14,95 euros.

 Couverture : éditions Hachette

Posté le 22 mai 2012 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Michel Vaillant toujours en piste, d’Angoulême à Francorchamps (BD)

Oui, d’accord. De l’eau a coulé sous les ponts depuis la première parution des albums de la série « Michel Vaillant » réalisée par Jean Graton. Avec du très bon, ou de la production infâme. Mais il n’y rien à faire, la série de Jean Graton reste encore et toujours « la » référence en la matière. Pour preuve les multiples rééditions des albums, dont cette belle intégrale actuellement publiée par le Lombard, arrivée au 16e volume. Déjà.


Michel vaillantUn volume qui reprend quatre histoires qui tiennent parfaitement  la route, pour employer un mauvais jeu de mots : «Le défi des remparts», «F3000», «La nuit de Carnac» et «Le caïd de Francorchamps».  Ce dernier permet à l’auteur de se faire plaisir, de rendre hommage au circuit belge célèbre pour son tracé  « interdit aux petits garçons » et son climat... humide. «Et au passage de fustiger l’arrogance que provoque chez certains l’argent trop facilement gagné» explique Jean Graton. Force est de constater que l’album est amusant et baigné de nostalgie. Tout comme « Le défi  des remparts » qui voit un quatuor de pilotes narguer le clan Vaillant. Qui sont-ils ? Mystère. Mais ils savent piloter et semblent bien connaître leurs adversaires. Un album qui permet de retrouver de vieilles connaissances.  Comme l’imprévisible Betty, rivale amoureuse de Steve Warson (Lire l’album « 5 filles dans la course »). Mais aussi du beau monde issu du sport automobile. Comme Ickx, Beltoise, Pescarolo, Pironi. Sans oublier Albert Uderzo, à l’origine d’une anecdote savoureuse racontée ici. Invité à bord  de la Ferrari d’Uderzo comme passager le temps d’une course, Jean Graton a failli, par maladresse de sa part, être éjecté de la voiture à plusieurs reprises. Comme il le dit si bien, «ma première course automobile faillit bien être la dernière.» Les amoureux de belles voitures seront quant à eux à la fête avec cette réunion d’ancêtres réunis dans les petites rues d’Angoulême.

Quant au chapitre qui retrace un pan de l’histoire du sport automobile et qui figure à la fin de chaque tome de l’intégrale, il est consacré aux formules  qui servent  à préparer les pilotes à la F1. Comme le dit l’auteur, Gilles Gaignault, journaliste, ex-pilote et manager, il s’agit  d’un « univers mal connu du grand public mais où, pourtant, la bataille est plus sauvage qu’en F1. Des décennies durant, l’échelle débouchant en Grand Prix se composait de quatre échelons dont l’ultime et dernier avait pour nom, jusqu’en 2004, Formule 3000. (…) De nombreux pilotes sont ensuite passés en classe supérieure : la F1. Notamment Alesi, Herbert, Häkkinen ou Hill. Pour ne citer que quelques noms.
La Formule 1 n’est finalement que la partie émergée de l’iceberg. La plus médiatisée certes, mais pas la plus intéressante ni la plus disputée. Le tempérament des jeunes pilotes impatients de gravir les échelons rend ces disciplines-tremplin aussi spectaculaires que captivantes. »

 Philippe Degouy

 «Intégrale Michel Vaillant tome 16.» Par Jean Graton. Éditions Le Lombard. 224 pages, 25,50 euros

 Couverture : Jean Graton

Posté le 16 mai 2012 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Le journal des canyons ou Jacques Tati au Far West

Journaliste français, Arnaud Devillard décide de partir sur les traces d’un écrivain américain, Edward Abbey, un contestataire devenu le porte-drapeau de la lutte contre le tourisme de masse dans les parcs nationaux américains. Un sacré personnage cet Edward. Venu de l’Est et devenu fou amoureux du Sud-Ouest des Etats-Unis. De ses déserts, de ses parcs solitaires. Pour lui, il n’y a pas deux façons de communier avec la nature sauvage de l’Ouest. «Un parc naturel se découvre sur les sentiers de randonnée, pendant au moins deux semaines, dans la sueur, la douleur et le bonheur de vivre au grand air et dans le silence
Dans les années 60, déjà, il assiste aux débuts de l’urbanisation des parcs. Catastrophé, horrifié. Et pourtant, «il n’a encore  rien vu» des aménagements ultérieurs avec du macadam au kilomètre, des complexes hôteliers haut de gamme qui cachent la vue, des embouteillages partout et tout le temps, des sites historiques violés par des hordes de touristes en short.

 Journal des canyonsSa contestation, il va la décrire avec force et rage dans son ouvrage «Désert solitaire» (1968). «Décédé chez lui en mars 1989, ses quatre amis emportent alors son corps dans un sac de couchage rempli de glace pour l’enterrer avec un pack de bières dans un coin secret du désert d’Arizona. La légende raconte que l’un de ses amis s’est couché dans la tombe  pour s’assurer de la vue qu’aurait le défunt pour l’éternité.» Comme le disait John Ford, «quand la légende est plus belle que la réalité, imprimez la légende ».

 La tête pleine de  souvenirs de films, de jeux d’enfance, l’auteur part, en couple, sur les traces d’Abbey pour voir si colère se justifie réellement. Si la contestation de l’Américain est basée sur des faits avérés.  Un voyage initiatique qui ne s’effectue pas sans une bande musicale à glisser dans l’autoradio. Townes Van Zandt, Emmylou Harris, Stephen Nills, Stevie Ray Vaughan, Beach Boys ou Johnny Cash. L’auteur s’y connaît en pop-rock et son récit s’accompagne de country, de pop, de rock.

«Le parc national de Zion, le lake Powell, Moab, Canyonlands, Bryce Canyon, Capitol Reef, Monument Valley, Grand Canyon… Partout des paysages à épuiser les superlatifs, qui brûlent les yeux, qui peuvent sembler n’être qu’une suite d’aberrations naturelles avant que nous ne comprenions que la seule aberration, ici, c’est notre présence» explique l’auteur qui prend son pied à jouer le rôle nomade de motel en motel. «Je ne me sens nulle part chez moi. Mais c’est ce que j’apprécie. Depuis que nous sommes partis, rien ne me manque

 Bryce CanyonSon carnet de route bourré d’humour, basé sur l’observation de cette race étrange baptisée « touristes », se révèle terriblement jouissif. Comment ne pas devenir misanthrope à la lecture de ces descriptions de gros beaufs en short et souliers, incapables de quitter de vue la voiture et se promenant avec la petite bouteille d’eau dans des endroits où la température nécessite de boire des litres. L’aventure clé sur porte, avec distributeurs de sodas omniprésents, parkings situés aux endroits à ne pas manquer. Une foule acceptée, accueillie avec nécessité par les autorités pour remplir les caisses et rentabiliser les investissements. Tout cela au détriment de la nature, réduite à l’état de pur produit marketing, déclinée en produits de merchandising dans les boutiques de souvenirs.

 Quarante ans plus tôt, Edward Abbey «ne savait pas à quel point il avait raison.» La preuve par les chiffres. «En 1956, le parc des canyons accueillait 30.000 visiteurs par an. Déjà la foule pour Edward Abbey. Aujourd’hui, Arch Canyon attire entre… 900.000 et 1 millions de touristes !" CQFD.                                                           Photo thématique: Ph.D

 Philippe Degouy

 «Journal des canyons». Par Arnaud Devillard. Éditions Le mot et le reste. 18 euros. 245 pages

 Couverture : éditions Le mot et le reste

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