Posté le 22 février 2012 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Les riches ne sont pas de notre monde

En 2009, le footballeur Thierry Henry a perçu un revenu annuel d'environ 17 millions d'euros. Soit l'équivalent d'un siècle du salaire minimum en France. La même année, Bernard Arnaud, le PDG du groupe LVMH, a touché une rémunération annuelle de plus de 9 millions d'euros.
Soit environ 3.000 euros brut de l'heure. Des sommes qui donnent le vertige, mais qui ne sont encore que la partie émergée de l'iceberg, les revenus ne constituant qu'une proportion souvent modeste des grandes fortunes.

Temps des richesFaut-il s'en offusquer? Oui, trois fois oui, estime Thierry Pech, directeur de la rédaction du mensuel "Alternatives économiques". Car au-delà de l'indignation croissante qu'il suscite sur le plan moral, ce "puissant mouvement de sécession des riches" est politiquement dangereux et n'a de surcroît pas de réelle justification économique. Selon Pech, l'émergence ces dernières décennies d'une classe d'ultra-riches "brise la continuité de la chaîne des revenus, mais également l'idée appartenir au même monde, de pouvoir se comparer sous l'angle du mérite, du talent ou de l'utilité commune". Ces formes d'enrichissement discréditent un peu plus chaque jour les promesses d'égalité et de méritocratie associées au Pacte républicain en France.

Le point de vue est orienté - les écarts de richesse sont après tout une réalité historique et géographique -, mais Pech développe son propos avec force arguments. Là où il se montre convaincant, c'est lorsqu'il examine les justifications économiques censées expliquer cette fracture: la richesse extrême, qui s'associe de surcroît régulièrement au refus de l'impôt, n'a pas les vertus qui lui sont souvent associées, dont celles de la performance ou de la "dynamique productive". Thierry Pech ne croit pas un seul instant à la théorie du "ruissellement", selon laquelle une partie de cette fortune fertiliserait l'ensemble de la société, sous forme d'investissements, d'emplois ou de consommation.

Reste une question: comment cette situation a-t-elle pu se produire? Pour l'essayiste, c'est avant tout la tolérance des dirigeants politiques à l'égard de l'enrichissement qui a produit l'envolée d'une minorité.

Olivier Gosset

Thierry Pech, "Le temps des riches (anatomie d'une sécession)". Editions du Seuil. 180 pages, 15 euros.

Posté le 22 février 2012 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Les allées du pouvoir

En France, l'Ena, qualifiée d'"école du pouvoir", a longtemps représenté la voie royale pour les jeunes surdoués ambitieux et portés par des idéaux sincères. Mais le mythe est écorné, constate, dans "Les allées du pouvoir", Marie-Laure Delorme, chef de la rubrique "Lire" au JDD.

Avec un État contesté de toutes parts, une société en crise et une mondialisation sans frein, l'Ecole nationale d'administration a perdu de sa superbe. Concurrencée par des cursus internationaux, l'Ena est surtout accusée d'incarner une "élite de l'élite", arrogante et coupée de la réalité. Si l'on peut parler de réussites individuelles pour les énarques, on ne peut plus guère en revanche parler de réussite collective.

ALLEESDUPOUVOIRLes énarques sont également critiqués pour leur passage un peu trop rapide vers la sphère privée. Une "trahison des élites" qui fait de plus en plus mauvais genre, surtout avec l'explosion des rémunérations dans les grandes entreprises du CAC 40. Le rôle de l'Ena n'est-il pas de former des bataillons de cadres de la haute fonction publique et de grands serviteurs de l'Etat?
"L'Ecole enflamme toujours autant internet de propos au lance-flammes sur ces énarques coupables de tous les maux dont souffre la France", relève Delorme.

Neuf énarques ont accepté de lui parler de leur enfance, de leurs admirations et détestations, de leurs réussites et de leurs échecs, de leurs changements de pied, de leur vision de la France.
Tous ont fait l'Ena entre 1985 et 1999. Ils appartiennent au monde de la banque (Matthieu Pigasse), des médias (Denis Olivennes, Laurent Solly), des affaires (Nicolas Bazire), de la politique (Jean-François Copé), du service public (Sophie Boissard, Martin Hirsch). Ils sont passés en majorité dans le privé. Certains sont connus du grand public, d'autres pas. Vilipendée, l'Ena ne semble pas près de s'éteindre, conclut l'auteur.
Comme le fait remarquer Laurent Solly (TF1), "toutes les familles de France critiquent l'Ena, mais toutes les familles de France aimeraient que leurs enfants fassent l'Ena".

Olivier Gosset

"Les allées du pouvoir", Marie-Laure Delorme, éditions du Seuil, 280 pages, 20 euros.

Posté le 21 février 2012 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

“Guide pour une rédaction claire. 40 bonnes pratiques »

Enseigner comment savoir écrire de façon claire. L’objectif enseigné par Anne Vervier est ambitieux. Romaniste de formation et experte en rédaction professionnelle, elle apporte avec ce manuel  publié aux éditions Edipro les clés d’une communication écrite réussie. Un vrai guide pratique pour dire «stop aux jargons incompréhensibles, aux phrases interminables et aux textes rébarbatifs
Redact_claire_GDÀ qui s’adresse ce manuel ? Nous serions tentés de dire « à tout le monde », mais adoptons plutôt le point de vue de l’auteur : «à tous ceux qui se rendent compte que leurs textes et ceux de leur entourage professionnel ne sont pas clairs ou manquent de convivialité. À tous ceux qui se disent :  « je n’aime pas écrire », mais qui doivent le faire.»

 Savoir rédiger de façon claire et précise, c’est plus qu’un job, c’est une sacrée aventure. À notre époque où tout doit aller très vite, les écrits doivent suivre le mouvement et pouvoir être compris dès la première lecture.  Une mauvaise communication mal comprise peut avoir de graves conséquences. Pour le destinataire du courrier…comme pour l’expéditeur.

 En quarante étapes, Anne Vervier détaille les principes-clés d’une bonne rédaction. Claire et précise.
Le manuel fait ainsi la part belle aux exercices et aux exemples commentés. En marge de la formation, de nombreux conseils sont fournis. «Dans la mesure du possible, facilitez la compréhension par des visuels. Un tableau, un graphique, une illustration ou une photo seront utiles pour assimiler des données ou un concept. Sachez jongler avec la formule de politesse selon le destinataire. Attention aussi aux formules anciennes qui peuvent être une erreur de communication et d’erreurs. De même, éliminez clichés et archaïsmes administratifs.» Pour ne citer que quelques exemples repris dans l’ouvrage.

 Si vous êtes pressés, un résumé du «savoir rédiger vite et bien » est disponible. Trois étapes sont à suivre : réfléchir, rédiger et réviser. Enfin, une bibliographie bien fournie donne d’autres pistes pour approfondir davantage certains points.

 «Je vous invite à partager cette valeur qui m’est chère : rédigez clairement, par respect pour vous-même et pour vos destinataires
La conclusion idéale pour ce guide pratique.

Philippe Degouy

 «Rédaction claire. 40 bonnes pratiques pour rendre vos écrits professionnels clairs et conviviaux.» Par Anne Vervier. 320 pages. Éditions Edipro. 26 euros

http://www.edipro.info/redaction_claire_descriptif.html

http://www.redaction-claire.com

 Couverture : éditions Edipro

Posté le 20 février 2012 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

«Crimes et châtiments. Quand le fait divers devient majeur. T.1»

Sous un titre que l’on pourrait trouver quelque peu racoleur se cache un nouveau trimestriel publié aux éditions Jacob-Duvernet et dédié au monde judiciaire.
Une nouvelle publication qui répond à l’intérêt collectif pour tout ce qui se rapproche au fait divers ou au monde criminel.
Mais « Crimes et châtiments » ne se veut pas de bas étage et sordide. Le sérieux des auteurs ne peut pas être pris en défaut. Jugez-en avec cet échantillon de noms extraits du casting réuni par l’éditeur. Paul Lefèvre, chroniqueur français pour Europe 1, France Inter ou France2. Isabelle Dumas-Pelletier, journaliste et chroniqueuse judiciaire à qui l’on doit notamment un entretien exclusif avec le gangster Mesrine peu après son évasion de la Santé. Des journalistes reconnus.
Mais aussi de grands flics comme Claude Cancès, ancien directeur du « 36 » à Paris ou Charles Diaz, historien et contrôleur général de la police nationale française. Des pointures, qui ont vu tout ce qu’il est possible de vivre dans une carrière de policier.

 Crimes_et_chatimentsLe but de ce nouveau trimestriel, qui mélange dossiers, récits de crimes, BD’s et chroniques de livres, est d’amener le lecteur au cœur d’un univers largement méconnu. Celui du crime sordide, du monde de la justice où, rarement, le simple citoyen a accès. En étant du bon côté de la barrière.
Un ouvrage qui provoque un étrange sentiment teinté de malaise, d’intérêt et d’angoisse.
Le crime au quotidien ne peut se comparer aux séries télévisées. Un meurtre est toujours horrible. Avec cette scène de crime où la vue et l’odorat sont mis à rude épreuve. Tout contribue à laisser « une marque indélébile sur le parchemin de la mémoire. »

Les auteurs n’apportent pas de jugement. Leur objectif est de présenter les coulisses de la justice et de faire rencontrer certains acteurs qui font parfois l’objet d’un article dans la presse. Comme les troupes du RAID (Recherche, Assistances Intervention et Dissuasion), ces soldats d’élite de la police française. « Les hommes du RAID, c’est une bande de potes aiguillonnés par le danger, cimentés par le risque. Ils ont la conscience aiguë d’être le dernier recours. Après eux, il n’y a plus rien, plus personne. »
Un monde criminel qui n’est pas réservé au milieu masculin. Comme le prouve ce dossier consacré à ces destins de femmes : femmes tueuses ou femmes de voyou. La prison, on en parle souvent dans  les pages des quotidiens. Mais que sait-on vraiment à son sujet? Les auteurs nous ouvrent les portes de ces établissements pour rencontrer les longues peines ou les libérés qui racontent la vie après la prison. La réalité, déprimante, n’a rien à voir avec la version cinématographique. « La prison, on en sort abîmé ou endurci, ou les deux à la fois. On en sort rarement plus heureux qu’au moment où on y est entré. »

Un dossier plonge également le lecteur au cœur du département de la police scientifique sur les traces des spécialistes de la balistique. Ou bien encore exprime la difficulté du chroniqueur judiciaire qui a souvent de la peine à rester neutre dans la tragédie qui se joue devant lui dans la salle d’audience.

Des dossiers ponctués de récits d’affaires criminelles hors du commun. Comme l’étrange destin de Laurence Baker, condamné à la chaise électrique aux Etats-Unis puis gracié. Et, mortellement électrocuté par l’un des bricolages réalisés en prison.

 Comment, en refermant ce gros magazine de quelque 176 pages, ne pas se souvenir de ce passage lu ? Celui d’un officier de police de terrain et qui fait froid dans le dos. « Le soir, l’appétit n’y est pas. Juste envie de se laver. Et toujours la même remarque quand on rentre :  tu as une drôle de tête… - Oui, j’ai vu quelque chose de pas joli. »

Les mots restent coincés dans la gorge. Avec les mauvais souvenirs  personnels qui remontent à la surface.
À chaque affaire.

 Philippe Degouy

 « Crimes et châtiments. Quand le fait divers devient majeur. » Trimestriel N°1. Éditions Jacob-Duvernet. 176 pages. 15 euros

 Couverture : éditions Jacob-Duvernet

Posté le 15 février 2012 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

«L’exode de 1940 raconté par 120 témoins. T.2 »

Ce second volume de « Paroles d’exode », l’ouvrage de Roger Marquet publié aux éditions Weyrich, se veut un mémorial de papier de cet enfer vécu par des millions de belges et de Français lancés sur les routes pour fuir l’envahisseur allemand.
Un exode massif marqué par les souvenirs des anciens, ceux qui avaient vécu lors de la guerre de 1914-1918 les crimes ignobles des troupes allemandes.  Un recueil poignant qui participe au devoir de mémoire. Le résultat d’un appel aux souvenirs lancé par l’auteur dans les médias en mai 2009. «Et la guerre changea leur destin.»

PAROLEDEXODELe premier volume n’arrivait pas à contenir tous les récits d’importance historique. Ce second tome, de plus de 600 pages d’histoires vécues et illustrées de clichés personnels, raconte une fois encore la peur sur les routes avec le danger des avions allemands, la faim, la soif et la crainte, au retour, de ne plus rien retrouver. Maisons détruites ou biens volés. Un pillage souvent orchestré par… ceux qui étaient restés sur place ou revenus avant les autres.
Le récit de Roger Vachaudez, huit ans en mai 1940, résume parfaitement la situation vécue par ces civils jetés sur les routes. «Mes souvenirs sont la chaleur, la poussière, la fatigue, la soif surtout, les colonnes de réfugiés, les animaux morts ou perdus, les villes qui flambent. (…) Nous marchons toujours, combien de jours, je ne sais pas, refoulés par ici, admis par là. Je suis si fatigué de marcher. (…) Arrivé à un âge où les souvenirs s’estompent (…) je ne sais toujours pas ce que nous sommes partis faire sur les routes de France en ce beau mois de mai 1940. »
Tony Delcour raconte , lui, les attaques de Stukas allemands, sirènes hurlantes. «Les oiseaux de proie piquaient à quelques centaines de mètres devant nous dans l’axe de la route, semant l’effroi et mitraillant. Par deux fois, les Stukas repassèrent  très bas, achevant leur triste mission. Ces attaques de civils nous firent encore plus détester ces Allemands barbares.»

 «Septembre 1940, les derniers Belges sont rentrés chez eux. Mais, beaucoup n’ont pas eu cette chance. Près de 6.552 civils sont morts, tués sur les routes ou victimes de bombardements.  Et la suite de cet exode se résume en quatre ans d’occupation allemande


«De la fureur des Teutons, délivrez-nous

 Philippe Degouy

 “Paroles d’exode. L’exode de 1940 raconté par 120 témoins.” Tome 2. Par Roger Marquet. Editions Weyrich. 648 pages.

 Couverture : éditions Weyrich

Posté le 14 février 2012 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

«Comment revivre sans Internet après une overdose»

« Depuis quinze ans, chaque année avec de plus en plus d’intensité, je partage ma vie en ligne. Je donne et je reçois du bonheur. Je ne suis jamais seul. Je dois tout au Net. »

 L’auteur, Thierry Crouzet est un spécialiste des nouvelles technologies. Depuis des lustres, le Net n’a plus aucun secret pour lui et ses blogs sont lus par un public fidèle. Il s’est habitué au succès.  Et il en veut encore et encore. Mais le corps ne suit plus et le conduit au service des urgences. Crise cardiaque? Non, juste une grosse fatigue provoquée par un excès d’internet. La surprise est grande. «Peut-on être addict au Net comme à une vulgaire drogue ?» Inconcevable, mais pourtant … Le sevrage est indispensable, au risque de passer l’arme à gauche.  «J’admets que je dois changer de vie. Je ne suis jamais au repos. Je suis accro. Cette technologie imaginée pour nous aider à mieux communiquer a fini par me transformer en toxicomane. Je ne contrôle plus rien, consumé par ce qui m’a nourri. Je dois me réapproprier ma vie, ne plus la subordonner aux messages qui déferlent sur moi. Personne avant nous n’a vécu avec Internet. Personne ne peut nous guider

 Comme un drogué qui possède encore une ultime pointe de lucidité, Thierry Crouzet décide d’entamer une cure. Radicale : couper les liens virtuels pendant six mois. Autant dire une éternité pour un geek. Une addiction pernicieuse, car sans symptômes physiques. «Je découvre soudain que pour les gens, je suis celui qui passe sa vie en ligne. Un animal de foire que personne ne prend au sérieux

 JAIDEBRANCHECe livre, « J’ai débranché » (paru aux éditions Fayard), relate cette cure sous la forme d’un roman, d’un carnet de bord. Mois après mois. Drôle mais avec cet humour qui déclenche ce rire jaune. Car Thierry Crouzet, c’est vous ! C’est moi ! C’est nous ! Tous plus ou moins englués dans ce monde virtuel qui nous entoure et qui nous coupe des plaisirs de la vie. Bien réels.  Nous suivons donc avec intérêt cette désintoxication, en futures victimes de ce Net qui coule sur nos vies inquiètes. Un ouvrage qui n'est pas une attaque contre le Net, mais qui dénonce sa mauvaise utilisation.

Une déconnexion du village global qui provoque des crises d’angoisse, des peurs existentielles. Comme l’explique l’auteur : «vivre en déconnecté ne me déplaît pas. Cet état végétatif me convient. Mais je vois un danger : me replier sur moi-même, finir par ne plus parler à personne.»

Sans mail, sans blog, le «malade» redécouvre peu à peu les petits bonheurs du quotidien, de la vie en famille.
Puis, un jour, il se reconnecte. Pour voir.

«Je me suis reconnecté mais avec un régime drastique. Au diable les dévoreurs de temps, les mails inutiles. Expéditeur indésirable. Désabonnez-moi. Je ne veux plus être dérangé, dépouillé de mon temps, arraché aux beautés avec lesquelles j’ai choisi de vivre. Le contrôle exige de la discipline. J’espère que je m’y tiendrai.» Nous aussi.

 Philippe Degouy

« J’ai débranché. Comment revivre sans Internet après une overdose. » Par Thierry Crouzet. Éditions Fayard. 18 euros. 308 pages.

 Couverture : éditions Fayard

Posté le 13 février 2012 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

«La Mini. Un jouet pour adulte»

Publié par les éditions E-T-A-I dans la collection Autofocus, le nouvel ouvrage de Bernard Sara replace ses lecteurs derrière le volant de l’une des légendes de l’histoire de l’automobile : la Mini. Non pas le modèle actuel vendu par BMW, mais celle qui a bouleversé les modes avant d’en créer d’autres et en inspirant largement les citadines actuelles.

MINIPrésentée le 18 août 1959, la « voiture du peuple » britannique est rapidement devenue l’égérie des années 60-70, pilotée par un large panel de célébrités qui ont, il faut le reconnaître, donné un sérieux coup de pouce aux ventes de cette petite voiture qui était jugée trop bon marché pour être fiable. Les Beatles, Peter Sellers, Mister Bean… tous ont piloté cette petite voiture pleine de charme. Y compris outre-Atlantique avec un Steve McQueen tombé amoureux d’une Mini Cooper S de 1967 peinte en brun métallisé. Star sur la route, véhicule de star mais aussi star sur grand écran où elle fut l’héroïne du film « The Italian Job » avec Michael Caine dans la version originale du film devenu sujet d’un remake US.

La Mini, voiture de ville par excellence pour sa taille réduite et sa faible consommation, est également devenue une bête de course dans les rallyes sous sa version Mini Cooper. Comme le rappelle l’auteur, la presse britannique avait à l’époque parlé de la Mini en ces mots : « une musculature de loup dans un corps de brebis. »

L’auteur de cet essai est tombé amoureux de ce petit bolide. Cela se devine. La belle est présentée sous toutes les coutures, magnifiée dans le cadrage des photos, replacée dans des écrins dignes de son panache.
Contrairement à d’autres ouvrages consacrés aux voitures, celui-ci n’a rien d’un catalogue de vente. On sent ici la passion ressentie pour une petite voiture disparue des show-rooms, mais pas du paysage routier. Nombreuses sont encore les Mini en circulation. Et force est de constater que l’on aime se retourner sur elles.
Certaines vendues en série limitée sont devenues plus rares que certaines Rolls-Royce. Comme cette « For Ever » avec son drapeau  britannique peint sur le toit et équipée de toutes les options possibles.
Un modèle rare vendu à 150 exemplaires.  Juste avant la sortie de chaînes de montage de la dernière Mini, le 6 octobre 2000, de nombreuses Mini sont achetées comme pièces de souvenir d’une époque révolue.

Outre les multiples versions de la Mini « classique », l’album présente également les multiples variations de la voiture : en version break, en décapotable ou sous la forme de cette Mini Moke présentée comme la Jeep anglaise avant de devenir le symbole d’une série télévisée : le « Prisonnier », avec Patrick McGoohan.  

 La Mini ? So british !

 Philippe Degouy

 «La Mini. Un jouet pour adulte.» Texte de Bernard Sara. Photographies de Pierre-Yves Gaulard. Éditions E-T-A-I. 29,90 euros. 129 pages.

 Couverture : éditions E-T-A-I

Posté le 10 février 2012 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

« Les Affreux ou l’esprit d’Audiard revisité” (BD)

Nourris au cinéma « de papa », les auteurs de la bande dessinée  « Les Affreux » (éditions 12bis) rendent un nouvel hommage aux acteurs français qui ont rempli les salles de cinéma dans les années 60-70.
Sur la trame du récit d’un braquage de banque qui tourne au carnage, l’album permet de retrouver des personnages truculents. Avec en tête d’affiche un Jean Gabin plus bourru que jamais dans son rôle de veuf misanthrope. Mais aussi Lino Ventura, Bernard Blier, Michel Constantin, André Pousse, Bourvil, Steve McQueen (en fils de Gabin, il fallait oser), Paul Meurisse, Robert Dalban. Sans oublier un Louis de Funès en officier de police teigneux. Un casting  de rêve pour un film qui ne verra jamais le jour, hélas.

Les affreuxNous ne pourrions pas trouver mieux que ces mots de l’éditeur : « un polar où les bourres-pifs tombent comme les impôts sur le contribuable et les bons mots comme la pluie en période de mousson. »

Un album qui se déguste le sourire aux lèvres grâce aux répliques typiquement « audiardiennes » : « dans la vie, il faut toujours être poli ! Ça évite de finir dans une tombe au milieu des bois ! », « Effectivement, le Mangin, c’est pas un gladiateur avec ses poings. Mais quand il tient une sulfateuse dans les pognes, il te remplit un cimetière plus vite que la peste. »

Sans vouloir être désobligeant les aminches, l’album est plutôt destiné aux lecteurs avertis. Ceux qui possèdent une culture cinématographique populaire suffisante pour comprendre les allusions des auteurs et les clins d’œil disséminés dans l’album (comme ce restaurant baptisé Le Doulos).

Vous avez aimé les comédies policières françaises des années 60-70? Si oui, vous adorerez cette bande d’ « Affreux » au langage fleuri.
Un album qui appelle une suite prochaine. De quoi prolonger le plaisir de lecture.

 Philippe Degouy

 « Les Affreux. » Tome 1: Dumont père et fils.  Scénario de Frédéric Marniquet et Philippe Chanoinat, dessins de Jean-Luc Vergne et Denis Grand. Editions 12bis. 48 pages, 10,50 euros environ.

 Couverture : éditions 12bis

http://12bis.com/

Posté le 9 février 2012 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

« 1944-1945, dans l’enfer de Gouvy-Beho »

La bataille des Ardennes débutée en décembre 1944 n’est pas un sujet très neuf. Soit, mais il révèle encore de multiples anecdotes et des histoires restées inédites. L’ouvrage de Joseph Neysen, préfacé par Roger Marquet, spécialiste du sujet, retrace la confrontation terrible qui a eu lieu au cœur de sa région natale, celle de Gouvy-Beho, située entre Houffalize et St-Vith.
Comme beaucoup de témoins de cette terrible épreuve, Joseph Neysen a tenu a rendre hommage à ces jeunes soldats américains qui ont, pour beaucoup d’entre eux, trouvé une dernière demeure dans les Ardennes belges. Aux Etats-Unis, cette bataille du Saillant (Battle of the Bulge) est aussi connue que la campagne de Normandie. Plus de 500.000 hommes des deux camps ont combattu dans la région sur presque deux mois.

Gouvy-beho-cov-web L’ouvrage de Joseph Neysen (publié aux éditions Weyrich) n’est pas un livre d’Histoire. Mais plutôt un recueil de témoignages illustré d’une centaine de clichés et cartes.

 Né à Gouvy, l’auteur a souhaité donner la parole aux acteurs des multiples affrontements qui ont eu lieu autour de la localité. Le récit, dramatique et vivant, retrace l’ambiance des combats dans toute leur horreur.  Le récit plonge ses lecteurs au cœur de ce terrible mois de décembre 1944 qui réservera un sort peu enviable aux civils pris entre deux feux.
Comme ceux déclenchés par ces duels d’artillerie qui provoquent des crises de folie au sein des réfugiés cachés dans les caves. Marcel Peters, un civil ardennais, témoigne : «nous logions dans la cave où on ne pouvait chauffer les aliments que sur un tout petit poêle. Les adultes dormaient à même le sol et les enfants étaient couchés sur des planches placées sur des tonneaux.  (…) Nous étions calfeutrés dans la cave depuis un mois au moins quand les obus ont commencé à pleuvoir. C’était tellement horrible que, même avec les mains à plat sur les oreilles, nous nous mettions à hurler pour ne pas entendre les explosions. »

 Durant des semaines, les deux camps s’affrontent pour un village, un carrefour, un bois. Avec des pertes effroyables, des combats rapprochés, des prisonniers fusillés sur place, des blessés achevés, amputés ou estropiés par les nombreuses mines. Survivre devient un coup de chance. Comme le souligne un G.I. « dans l’infanterie, le job et les combats sont déjà si durs que mourir semble être la plus grande injustice de ce monde. En tant qu’individu, seul au combat, survivre était simplement une question de chance, car nous avions seulement trois options : être tué, être sérieusement blessé ou survivre jusqu’à la fin de la guerre. C’était une loterie. »

Gouvy-web-4Pour les soldats engagés sur le terrain ardennais, cet hiver 1944-1945 se révèle plus cruel encore que les combats. Un climat qui multiple par deux les difficultés des combats. Ainsi, le nombre de soldats déclarés inaptes au combat atteint une proportion équivalente à la somme des tués et blessés.  « Le G.I risque des engelures et des coups de froid à tout moment. Trop de vêtements, ça le gêne lors des assauts et trop peu, ça le fait grelotter. Le pire avec ce froid c’est que les armes gelées refusent de fonctionner et quand on a besoin d’administrer une seringue de morphine à un blessé, elle est gelée. »

 Alors, encore un ouvrage sur la guerre ? Oui. Mais nécessaire. Pour découvrir des témoignages encore inconnus, mais surtout entretenir le devoir de mémoire. Pour se souvenir des propos du philosophe George Santayana : « ceux qui ne peuvent se rappeler le passé sont condamnés à la répéter. »

 «Les événements sont inscrits en lettre de sang et resteront gravés en nous de manière indélébile. Il est impossible de raconter d’une façon parfaite l’atmosphère et la terreur qui ont régné en Ardenne pendant ces terribles semaines. L’angoisse et la peur ont dominé toute cette tragédie. » (Cécile Gérard, infirmière en 1944-45)

 Philippe Degouy

 “Gouvy-Beho. Dans les pas des 3e DB, 83e DI, 84e DI. Collection Bataille des Ardennes. Par Joseph Neysen. Editions Weyrich. 336 pages. 26 euros

 Photos : éditions Weyrich

Posté le 8 février 2012 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Héros et héroïnes de notre jeunesse

Face à un avenir plus incertain que jamais, force est de constater qu’il est très tentant de se retourner sur ses années passées pour y puiser quelques souvenirs heureux. Comme ceux des années 60 et 70 restées dans les mémoires des quadras (et plus) comme les années d’insouciance. La nostalgie, non pas ce sentiment ridicule  « c’était mieux avant », mais simplement la reconnaissance des années bonheur. Un courant très à la mode qui touche la musique, mais aussi d’autres éléments de la culture populaire comme les séries télévisées ou Héroinesles héros et héroïnes de bd’s et de romans d’aventures.

 Laurent Chollet, historien, et Armelle Leroy, spécialiste de littérature pour enfants, ont récemment publié aux éditions du Rocher deux albums qui devraient ravir tous les adultes qui ont gardé une petite part d’enfance en eux.  Deux ouvrages qui contiennent un très large échantillon de ces personnages de fiction du siècle dernier qui ont laissé des traces de leur passage.
Mais avant de vous plonger dans cette lecture récréative, éteignez GSM  ou Facebook, éloignez les importuns et choisissez un bon fauteuil. Un retour vers les années d’enfance, cela nécessite une petite préparation.

 HérosCeci fait, place aux invités ! Danny Wilde et Brett Sinclair (Amicalement vôtre), James West, Columbo, Bob Morane, Buck Danny, Tintin, Spirou, Tarzan, Superman, James Bond,  Emma Peel (de la série Chapeau melon et bottes de cuir), Laura Ingalls, Adèle Blanc-Sec, les Drôles de dames, Mary Poppins, Martine, Buck Danny ou Joëlle Mazard, la fiancée de fiction de tous les ados des années 80.  Ils sont tous là, surgis du passé, intacts.

Chaque héros ou héroïne est présenté (e) sous la forme d’une fiche d’identité accompagnée d’anecdotes de tournage et d’illustrations destinées à raviver le souvenir.

Deux sympathiques albums à laisser traîner au pied du lit et à (re) lire les jours de spleen. Sans modération aucune.
Pour reprendre le titre du feuilleton écrit par Odette Joyeux, le contenu de ces deux albums représentait « l’âge heureux ».

 Philippe Degouy

 « Héros de ma jeunesse. Héroïnes de ma Jeunesse. » Par Armelle Leroy et Laurent Chollet. Éditions du Rocher. 168 pages par album. 18,90 euros environ.

 Couvertures : éditions du Rocher

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