juillet 2011

Posté le 26 juillet 2011 par Philippe Degouy 0 réactions | Réagir

“Black Force Squadron. Opération Echo” (BD)

Si le film de guerre se fait désormais aussi rare au cinéma qu’un jour de soleil en été, le genre a néanmoins les faveurs des éditeurs de bandes dessinées. Avec de la qualité. Un simple coup d’œil sur les catalogues peut en témoigner. Zéphyr BD, habituellement spécialisé dans la production aéronautique, ne dédaigne pas emprunter des chemins de traverse. 

BlackComme celui qui mène à « Black Force Squadron, Opération Echo », le fer de lance d’une nouvelle collection qui met en action une équipe internationale de soldats alliés chargée d’effectuer des missions secrètes sous les ordres exclusifs de Winston Churchill.
Dans ce premier volume, les Alliés décident de neutraliser une station radar allemande située sur la côte normande. Une technologie anglaise volée par les Allemands lors de la défaite de Dunkerque et retournée ensuite contre ses inventeurs. Pour la mission, les meilleurs spécialistes alliés sont recrutés pour composer le commando d’attaque qui sera parachuté en France pour être guidé par la Résistance vers la cible.

Voilà pour le scénario. Classique mais efficace.
On ne s’ennuie pas un instant lors de la lecture et on regrette juste d’arriver si vite à la fin de l’album. Les amateurs du genre retrouveront avec plaisir le style de dessin, typique, de Philippe Hooghe, alias Philhoo. Dessinateur autodidacte, on lui doit notamment une autre série axée sur cette période sombre des années 40 : « L’alternative » (Glénat). Chez Zéphyr, il a notamment participé aux ouvrages collectifs « Emergency T 1 et 2 ». Les scènes d’action pure d'"Opération Echo" se révèlent bien réalisées, basées sur une solide documentation et un scénario bien ficelé par Philippe Robert. Un deuxième tome est déjà prévu pour cette nouvelle collection « Black Force Squadron »: « Croisière en enfer ». Tout un programme.

 Philippe Degouy

 « Black Force Squadron. 1. Opération Echo. » Dessins de Philhoo ; scénario de Philippe Robert. Editions Zéphyr BD. 48 pages, 13,00 euros.

 Couverture : éditions Zéphyr

 http://www.zephyreditions.net/bd.php?bd=147&position=6

Posté le 25 juillet 2011 par Philippe Degouy 0 réactions | Réagir

« Hélicoptères militaires modernes » (Wingmasters, HS 20)

Les récentes guerres en Irak, en Afghanistan et l’assaut mené contre le fortin de ben Laden au Pakistan démontrent une fois encore l’importance acquise par les hélicoptères dans l’arsenal militaire d’un pays et d’une coalition. Machine coûteuse, fragile, certes, mais également indispensable pour certaines missions délicates.
HELICO Ce hors-série du magazine « Wingmasters » dresse l’inventaire des hélicoptères militaires en service de par le monde. Comme dit vulgairement, il y en a pour tous les goûts.

Les textes de Frédéric Lert sont illustrés des clichés des machines  en action mais également accompagnés de montages expliqués de modèles réduits. Ce mélange de modélisme et d’histoire militaire contribue depuis le début  au succès du magazine.
Comme le souligne l’auteur, « l’hélicoptère n’a jamais connu, au cours de son évolution, l’ivresse de la vitesse. Les premiers modèles évoluaient à 150 km/h et les plus modernes aujourd’hui en service ne dépassent guère les 300 km/h. »
Les recherches pour aller plus vite occupent les ingénieurs, qui cherchent la parade pour contourner les lois de la physique. Deux groupes, Eurocopter avec son X-3 et Sikorsky avec son X-2, se livrent au jeu de celui qui fournira la machine la plus rapide et la plus bizarre. Avec deux objectifs différents. « Si Sikorsky louche sur les gros budgets militaires américains, Eurocopter se livre à une démarche plus commerciale. L’idée est de rendre la grande vitesse rentable, et donc d’offrir un appareil très rapide -50% de plus qu’un hélico classique- à un coût raisonnable. »

En attendant la commercialisation de ces machines, la place est toujours occupée par les hélicos classiques présentés dans ce hors-série. Et force est de constater que le choix se veut large. De la petite machine pour le vol de reconnaissance aux monstres volants. Comme  le gros CH-53E, la bête de somme du Corps des Marines. En opération depuis plus de 50 ans et modernisé pour donner le CH-53K, prévu pour 2018. Une superbe machine dont la maquette (au 1/48e) est présentée étape par étape. Côté russe, la vedette se nomme Mi-26. « Avec la capacité d’emport d’un C-130 tant en tonnage qu’en volume de soute disponible, le Mi-26 est l’hélicoptère de tous les superlatifs. Toujours unique, 34 ans après son premier vol. » Un appareil russe qui travaille pour l’OTAN en Afghanistan. Un marché russe, analysé par l’auteur, et qui reprend d’ailleurs du poil de la bête sur la scène internationale avec des accords avec les motoristes occidentaux.

 L’Europe n’est pas absente avec une large gamme de machines volantes. Dont le EC665 Tigre. Peu impressionnant, mais bien apprécié en Afghanistan par les troupes au sol. Un tigre sur le sentier de la guerre aux côtés du Super Cobra de Bell et de l’AH-64D Apache de Boeing.

A signaler également le dossier consacré au programme d’hélicoptères furtifs de l’armée américaine. Un programme qui date d’il y a plus de 40 ans mais récemment mis en lumière par les événements liés à l’opération de capture de ben Laden. Les restes de l’appareil américain perdu ont alimenté les théories. Il s’agirait  plus que probablement d’un MH-60 Blackhawk modifié pour le rendre furtif. « Une furtivité obtenue, souligne Frédéric Lert, « au prix de performances et de qualités de vol dégradées. »

 De sacrés moustiques à apprécier dans ce HS digne de figurer dans votre programme de lecture estivale. D’autant plus qu’il serait bien le dernier numéro spécial prévu par l’éditeur.

 Philippe Degouy

« Wingmasters ». Hors-série n°20. « Hélicoptères militaires modernes ». 84 pages. 13, 10 euros. Editions Histoire et collections.

 Couverture : Histoire et collections

Posté le 20 juillet 2011 par Philippe Degouy 5 réactions | Réagir

“V1, l’arme du désespoir”

Après une première édition publiée en 2006 et rapidement épuisée, l’ouvrage « V1, l’arme du désespoir » rédigé par Yannick Delefosse entame une deuxième vie aux éditions Lela Presse. Il ne s’agit nullement d’une réédition mais d’une refonte de l’ouvrage sur base de nouveaux documents, de nouvelles études. Et force est de constater qu'il constitue sans doute l’étude de langue française la plus complète sur le sujet. Fruit de la culture encyclopédique de l’auteur et de son travail de recherche sur le terrain avec ses reportages sur les sites de lancement, devenus un patrimoine historique à préserver.

V1 Un travail résumé dans ces 384 pages consacrées au génie machiavélique  des scientifiques allemands. Parmi les chapitres du livre, le lecteur découvre ainsi l’historique de cet engin aux multiples surnoms (dont « corneille », le plus réaliste au vu de la situation de l’Allemagne en 1944), l’histoire du centre de recherche de Peenemünde, les multiples phases de lancement,  les différentes versions, les peintures de camouflage ou la visite de vestiges toujours visitables par l’amateur de patrimoine militaire. De nombreux plans et clichés, en couleur ou en noir et blanc parsèment également l’ouvrage. De quoi régaler les maquettistes qui trouveront là source d’inspiration.

 Une arme de représailles 1 (V1) conçue puis rendue opérationnelle pour venger les bombardements anglo-saxons sur les villes allemandes : Lübeck, Cologne mais aussi et surtout Hambourg et Dresde.

Comme l’explique l’auteur, « entre avril 1942 et le 8 mai 1945, 1.350 000 tonnes de bombes furent déversées en Allemagne (soit 50% du tonnage de bombes), faisant 600.000 morts et 780.000 blessés. Sans oublier les monuments artistiques rasés et les 25 millions de livres brûlés.» Un pays qui a échappé de peu au bombardement atomique, un moment envisagé, ainsi qu’à l’attaque bactériologique souhaitée en août 1944 par Churchill. 500.000 bombes à l’anthrax avaient été commandées aux Etats-Unis révèle l’auteur. Qui démonte, preuves à l’appui, l’efficacité de ces raids de bombardement intensifs. « Les raids de terreur ont été le plus grand échec de cette guerre. Non seulement ils ont soudé les Allemands autour de leurs dirigeants mais en plus, ils n’ont pas empêché l’obligation de mener des campagnes terrestres. » Une erreur qui sera répétée encore et encore dans les conflits futurs. En Corée, au Vietnam, en Irak et en Afghanistan.

 Le premier tir complet du Fi 103 (le nom officiel du V1) a lieu le 24 décembre 1942. Charmant cadeau de Noël pour l’humanité !
Le mardi 13 juin 1944, à 03h50, le premier V1 opérationnel est lancé sur l’Angleterre et marque le début d’une longue série de raids de saturation. Entre 32.600 et 32.800 V1 ont été construits sur les 60.000 exemplaires envisagés. Deux campagnes  de tirs ont eu lieu vers les objectifs alliés. Du 12 juin au 1er septembre 1944, 8617 V1 ont été catapultés contre 12 263  lancés durant l’offensive de l’hiver 1944-1945.

 La Belgique ne sera pas épargnée avec des attaques sur Anvers (8696 tirs) , Bruxelles (151) ou Liège (3141).

Au moment de dresser le bilan des offensives V1, il reste à savoir si les Alliés ont gagné la guerre contre ces avions sans pilote. La réponse est à nuancer avec une tendance nettement négative. Comme l’explique Yannick Delefosse. D’un point de vue économique, il faut mettre les chiffres à plat. « Le V1 coûtait dix fois moins cher que le V2, qui lui-même avait un prix de revient 30 fois inférieur à celui d’un bombardier lourd allié, y compris les bombes et la formation de l’équipage. Soit un rapport de 1 à 300. Intenable à long terme. » Et « chaque chasseur détruit dans la lutte contre les V1 nécessitait 12.000 heures de construction contre 250 pour un V1. » Sans parler du coût humain. La perte d’un V1 ne provoquait pas la mort d’un pilote. Pour tenter d’endiguer le flux des lancements de ces bombes volantes, quelque 100.000 tonnes de bombes ont été larguées sur les sites de lancement au cours de l’opération Crossbow pour le prix de 443 avions et 2924 aviateurs perdus. L’auteur démonte aussi quelques clichés, comme celui du procédé de basculement des V1 par l’aile des chasseurs alliés. Les cas vérifiés se comptent sur les doigts de la main.

 En résumé, «comme bombe volante, le V1 est arrivé six mois trop tard pour gêner les préparatifs de l’invasion et modifier le cours de la guerre à l’Ouest, mais comme missile, il est arrivé trop tôt, beaucoup trop tôt. »

 Philippe Degouy

 “V1, l’arme du désespoir”. Par Yannick Delefosse. Collection Histoire de l’aviation n°29. Editions Lela Presse. 384 pages. 55 euros.

 Couverture : éditions Lela Presse

Posté le 19 juillet 2011 par Philippe Degouy 0 réactions | Réagir

Ford contre Ferrari: le combat des chefs

Avec «Ford versus Ferrari», les éditions Haynes proposent la réédition d’un ouvrage de référence paru initialement en 1968. Le livre, écrit par Anthony Pritchard, décrit le bras de fer sportif et technologique que se sont livrés de 1964 à 1967 le géant de Detroit et «l’artisan» de Maranello, comme Enzo Ferrari aimait se qualifier.

FORD

La version originale en anglais a fait l’objet d’une traduction parue à la fin des années 60 aux éditions Marabout en Belgique. Une version italienne a également été publiée, à ceci près que l’éditeur italien avait soigneusement veillé à biffer toute critique de Pritchard à l’égard de Ferrari…

Dans cette nouvelle édition, en anglais, les textes ont été enrichis grâce à de nouvelles recherches. Les photos (dont 200 en couleurs) sont nombreuses, grâce surtout aux archives de Ford, tandis que deux nouveaux chapitres ont été ajoutés, traitant des saisons 1968 et 1969. Durant ces deux dernières saisons, Ford et Ferrari ne se sont plus rencontrés directement. Ford n’était plus engagé que par l’intermédiaire de l’équipe britannique Gulf de John Wyer, tandis que Ferrari s’est limité à quelques apparitions en 1969, sans grand succès d’ailleurs.

Un projet de fusion qui tourne court

Au début des années 60, Ferrari dominait la course automobile de la tête et des épaules, en particulier au 24 heures du Mans, la course la plus prestigieuse du calendrier à l’époque.

Le duel entre les deux marques a été lancé à partir de 1963 lorsque Ferrari s’est retiré au dernier moment d’un projet de fusion avec Ford, projet dans lequel il n’avait jamais sérieusement envisagé de s’engager. Car en sous-main, le rusé Ferrari faisait monter les enchères avec Fiat, avec qui un accord sera conclu quelques années plus tard. Les Américains n’ont que très modérément apprécié ce double jeu, avec pour résultat une détermination renforcée à battre les Italiens sur la piste.

Des Belges sur le podium

Les Américains obtiendront la consécration au Mans à la troisième tentative, en 1966, avec la Mark II. Ils remettront le couvert en 1967 et s’imposeront de justesse avec la Mark IV aux mains de Dan Gurney et AJ Foyt, devant le tandem Parkes-Scarfiotti sur une Ferrari P4 et une autre P4 d’usine prêtée à l’Ecurie Francorchamps et pilotée par les Belges Willy Mairesse et «Beurlys» (alias Jean Blaton). La P4 marquera d’ailleurs durablement les esprits comme une des plus belles voitures jamais vue dans la Sarthe.

Le récit de Pritchard, basé sur des témoignages des principaux acteurs de l’époque, est passionnant d’un bout à l’autre. On y redécouvre un univers de la compétition très accessible au grand public où les vedettes de la F1 n’hésitaient pas à sacrifier une semaine entière sur l’année pour participer à la grand-messe annuelle des 24 heures du Mans.

Jean-Paul Bombaerts

«Ford versus Ferrari», Anthony Pritchard, Haynes Publishing, 400 pages, textes anglais prix: 57,50 euros environ, www.haynes.co.uk

Posté le 19 juillet 2011 par Philippe Degouy 0 réactions | Réagir

L'aventure au coeur de vos lectures d'été

Avouons-le d’emblée, Wilbur Addison Smith ne faisait pas encore partie de nos lectures.  C’est désormais chose faite depuis la découverte de deux ouvrages publiés respectivement par les éditions Presses de la Cité et Omnibus. Si vous aimez l’aventure, l’exotisme et l’action, vous serez servis. Un lieu commun, certes, mais qui cadre bien avec cet auteur africain né en Zambie. Un continent africain pour lequel il éprouve un amour sans fin et qui se retrouve d’une façon ou d’une autre dans son œuvre.

« Attaque en haute mer », récemment publié aux Presses de la Cité constitue son dernier ouvrage traduit en français.

WILBUR SMITH2 Un thriller dont le sujet principal, la piraterie maritime, trouve sa place dans le contexte géopolitique actuel. Ne vous fiez pas à la couverture qui semble promettre un roman sentimental avec croisière sur fond de soleil couchant. Si croisière il y a effectivement, elle est tout sauf tranquille. Et elle ne s’amuse pas.

L’intrigue en deux mots : Hazel Bannock, femme à poigne, est à la tête d’un empire pétrolier. Tout bascule le jour où son yacht est pris d’assaut par des pirates au large de la Corne de l’Afrique. L’équipage est liquidé et sa fille Cayla enlevée par un chef de guerre local. Pour tenter une opération de libération efficace et moins risquée qu’un assaut militaire, elle fait appel à Hector Cross, ancien membre des forces spéciales. Le combat de la belle contre la Bête.
Un synopsis qui fleure bon les films d’aventures qui peuplaient nos années 60-70. Sans le côté mièvre de certains. Wilbur Smith n’hésite pas à distiller des scènes dures pour troubler ses lecteurs. La vie n’est pas rose, ses romans non plus.
Par ailleurs bien documentés sur la géopolitique et la piraterie. A ce sujet, l’auteur, dans les dialogues du roman, n’hésite guère à dire tout haut ce que les milieux diplomatiques pensent tout bas : « pour détruire les canots de pirates, les puissances occidentales devraient déployer des systèmes de surveillance au coût prohibitif. De plus, elles sont paralysées par les lois complexes de la mer et la sensiblerie de vieille fille de nombreux pays socialistes qui se soucient plus des droits de l’homme des pirates capturés que de leurs victimes. Ils craignent que les pirates n’aient pas droit à un procès équitable ou ne soient purement et simplement abattus. »

Un roman efficace qui vient à point nommé pour occuper agréablement  quelques heures de vacances.

 Back to Africa

D’aventure, il en est question également dans l’autre ouvrage de Wilbur Smith publié voici peu : « La saga Ballantyne » publié aux éditions Omnibus. Un retour aux sources d’inspiration de l’auteur : l’Afrique. Une anthologie qui reprend quatre volumes: « L’œil du faucon », « A la conquête du royaume », « La troisième prophétie » et « Le léopard chasse la nuit ».

Wilbur smith1 Une série qui débute au 19e siècle pour se terminer de nos jours avec les divers problèmes rencontrés par le continent africain.  Tout au long de cette saga, on assiste en parallèle à l’histoire de la famille Ballantyne au destin croisé des anciennes colonies britanniques.  
 Difficile de trouver roman plus dépaysant pour oublier cet été morose. Animaux sauvages, diamants et ciel bleu d’Afrique forment en effet un cocktail réussi.

 Philippe Degouy

«Attaque en haute mer ». Thriller de Wilbur Smith. Editions des Presses de la Cité, 21,50 euros. 417 pages

 « La saga Ballantyne ». Anthologie de Wilbur Smith. Préface de François Rivière. Editions Omnibus. 32 euros. 1824 pages.

Couvertures : Editions des Presses de la Cité, Omnibus.

Posté le 18 juillet 2011 par Philippe Degouy 0 réactions | Réagir

« Les opérateurs radio clandestins »

Premier titre de la collection « Résistance » des éditions Histoire et collections, « Opérateurs radio clandestins » se veut un hommage à ces hommes et femmes qui ont permis à Londres de rester en contact avec ses agents présents en France occupée.
Spécialiste du monde de la résistance française, Jean-Louis Perquin retrace le destin de ces hommes de l’ombre, surnommés « les pianistes ».

Opérateurs
« Objets d’une lutte impitoyable de la part des Allemands, les radios ont une espérance de vie sur le terrain de six mois. Parachutés, déposés sur une côte maritime ou lors d’un atterrissage d’avion sur un terrain clandestin, ces agents ont été de véritables croisés, voire des kamikazes de la France Libre » souligne l’auteur qui ajoute « qu’il en fallait du courage pour accepter d’être le gibier d’une chasse sans pitié pour les éléments capturés par l’ennemi. Le bilan est d’ailleurs sans appel : 8 morts sur 11 en 1941, 12 sur 15 en 1942 et 15 sur 19 en 1943. » Un taux de perte qui sera réduit plus tard avec l’utilisation du plan Electre, véritable amélioration pour la sécurité des opérateurs radio en zone occupée.
Illustré de nombreux clichés historiques, l’album débute par la formation des agents : au maniement des émetteurs, des codes radio mais également aux techniques de parachutage.
Plusieurs témoignages d’opérateurs donnent toute la mesure du danger rencontré lors de ces missions à haut risque. Car dans le camp allemand, une centaine d’hommes du KWU (Kurzwellenüberwachung ou surveillance à ondes courtes) constituent l’équipe chargée de neutraliser les radios clandestins avec des unités mobiles équipées d’antennes gonio. Un système redoutablement efficace et expliqué en détails dans l’ouvrage. Tout comme les systèmes de codage : code Playfair, double transposition ou code A-Z.

La  seconde partie de l’ouvrage dresse un inventaire en images des différents émetteurs utilisés.  De quoi terminer en beauté un ouvrage dédié à un sujet rarement traité.

 Philippe Degouy

 “Les opérateurs radio clandestins”. Par Jean-Louis Perquin. Collection Résistance. Editions Histoire et collections. 24,95 euros. 113 pages. http://livres.histoireetcollections.com/

 Couverture : éditions Histoire et collections

Posté le 14 juillet 2011 par Philippe Degouy 0 réactions | Réagir

Buck Danny rejoint l’Air Force (BD)

Faute de séries récentes, il ne reste aux fans d’aviation et de bandes dessinées qu’à se replonger dans les trésors d’antan. Comme cette intégrale consacrée à Buck Danny publiée par les éditions Dupuis.

BuckDAnny3 Ce troisième volume, déjà, constitue une étape de transition entre les albums d’aventures de guerre  et la saga Buck Danny qui commence réellement avec l’épisode « Pilotes d’essai », présent en clôture de ce troisième volume. Cet album marque aussi l’entrée de jeu de l’aviation à réaction au sein de l’US Air Force.

Démobilisé à la fin de la Seconde Guerre mondiale, Buck Danny est devenu chômeur sans réelle chance de trouver un job de pilote. Un début d’histoire qui donne l’occasion aux auteurs de présenter leur héros en redresseur de torts vis-à-vis des patrons ingrats avec les anciens combattants. Les bourre-pifs volent sans remords. Avec Tuckson et Tumbler, dans le même cas, Buck Danny va accepter un poste de pilote au Moyen-Orient. Voilà pour le début de cette trilogie constituée par « Les trafiquants de la mer Rouge », « Les pirates du désert » et « Les gangsters du pétrole ». Trois volumes qui ne constituent en fait qu’une seule histoire, destinée à éviter une lassitude des lecteurs pour les albums militaires. Une fausse bonne idée, comme le souligne Jean-Michel Charlier. « A la requête de Dupuis, nous avons essayé de démobiliser Buck Danny et ses équipiers. Mais le succès a fléchi presque immédiatement. Aussi, les éditions Dupuis, poussées par le courrier des lecteurs et la chute des ventes, nous ont vite demandé de faire réintégrer l’armée américaine à Buck et à ses copains. » Ce sera chose faite dans « Pilotes d’essai » et sans interruption ensuite. Les scènes de vie privées, les amourettes, c’est désormais terminé. Place à l’action et à l’aventure.


Comme d’habitude, les albums de cette intégrale sont précédés par un copieux dossier d’archives présenté par le spécialiste du sujet, Patrick Gaumer. Avec des clichés historiques des auteurs, des couvertures inédites et des anecdotes amusantes.  Ainsi, selon une légende liée à l’album « Pilotes d’essai » (titré à l’origine « Pilotes de la mort »), Hubinon, choqué par le crash de Buck Danny aux commandes d’un avion expérimental aurait envoyé à Charlier ce télégramme : « Si Buck Danny est mort, considère-toi comme viré ! » Ce qui, heureusement, ne sera pas le cas.

A noter la petite erreur en quatrième de couverture. « Pilotes d’essai marque le retour du trio au sein de l’US Air Force. Ils ne la quitteront plus jamais. » Et pourtant si, puisque le trio va évoluer ensuite sur porte-avions, donc dépendre de la marine américaine. Un petit détail, reconnaissons-le.

 Philippe Degouy

« Buck Danny. L’intégrale tome 3 ». Par Hubinon et Charlier. Editions Dupuis. 240 pages. 24 euros.

 Couverture : éditions Dupuis

Posté le 14 juillet 2011 par Philippe Degouy 1 réactions | Réagir

« Motos insolites et prototypes hors normes »

Voilà un album qui risque de satisfaire les nombreux adeptes des deux-roues. Pour son côté original. Il délaisse en effet les motos les plus connues pour mettre en lumière les autres. Celles qui ont servi de précurseurs, de prototypes ou qui ont simplement incarné le rêve loufoque ou génial d’un inventeur.

Motos Ce sont ces « motos délaissées par l’histoire » qui tiennent le haut du pavé dans cet ouvrage publié aux éditions E-T-A-I et illustré de plus de 500 photos historiques. Son auteur, François-Marie Dumas, spécialiste de la moto, propose six grands chapitres : les motos insolites, les nouveaux concepts, les moteurs hors norme, les motos de course, les side-cars et les scooters. Un classement personnel qui cache  des trésors et des machines oubliées mais bien étonnantes. Comme la première moto multicylindres (1895-1897) de Félix Millet, au fonctionnement plutôt abscons pour le motard du XXIe siècle.

Les Années folles le seront également pour l’histoire de la moto. Durant cette période, les ingénieurs rivalisent en effet d’imagination pour créer des motos bizarres. Certes, mais superbes comme cette Megola allemande de 1922 présentée dans l’album avec une livrée rouge sang. Un design tout simplement superbe. Tout comme celui de la Killinger de 1938 au style art moderne.
Pour les motos comme pour le reste, l'imagination des inventeurs est bien souvent sans limites. A l'instar de ces motos en bois qui ont servi de maquettes avant la production ou de hobby pour bricoleurs du dimanche.

Les amateurs de motos de course seront comblés également. Avec l'évocation de modèles rares mais au joli palmarès. Et comme l'explique l'auteur, "si aujourd'hui on ne jure plus que par les technologies venues du Japon, elles n'en sont pas moins nées il y a bien longtemps en Allemagne, en Italie...et en Belgique." Avec notamment les motos de la FN. Comme cette FN 500 M14 Grand Prix de 1937 ou la Gillet-Laguesse à refroidissement liquide. Une Belgique qui fut également pionnière dans le domaine écologique avec la naissance du premier deux-roues électrique commercialisé en série en 1942-1943: le Socovel. Une "moto" d'une autonomie d'environ 50 km à la vitesse de 25 km/h.

L'album ne manque pas de curiosités. A vous de les découvrir pour affiner vos connaissances historiques.  Ou juste pour le plaisir d'enfourcher virtuellement une bécane hors norme.

Philippe Degouy

 “Motos insolites et prototypes hors normes”. Par François-Marie Dumas. Editions E-T-A-I. 46 euros. 209 pages.

 Couverture : éditions E-T-A-I

Posté le 13 juillet 2011 par Philippe Degouy 0 réactions | Réagir

« U-47, le taureau de Scapa Flow »

Spécialisées dans la publication d’ouvrages sur l’aviation, les éditions Zéphyr aiment parfois emprunter des chemins de traverse pour explorer d’autres thèmes. Comme avec cet album consacré aux sous-marins allemands, ces fameux U Boote qui furent la seule peur de Churchill (selon ses propres propos) durant la Seconde Guerre mondiale.

U47_1 Une nouvelle collection dédiée à la guerre maritime qui réussit son coup : captiver le lecteur avec un album construit comme un bon film d’action.
Passons sur le dessin des personnages, parfois trop figés à notre goût, pour saluer le découpage des planches et le dessin magnifique des navires engagés dans une lutte à mort.  Un duel sur  et sous la mer entre un commandant britannique qui a juré de venger son fils, mort dans le torpillage de son navire dans la rade de Scapa Flow  et le käpitanleutnant du sous-marin allemand U-47. Le récit est fictif mais néanmoins basé sur des éléments historiques. Dont le fameux U-47, devenue une légende avant de sombrer au combat. Quant au scénario, il est solidement ficelé et trouvera une suite attendue dans le prochain volume, « Le survivant ».
Les lecteurs qui ont aimé les bons vieux films de guerre sur le sujet vont se régaler, c’est certain.
Le prix de l’album, un peu plus élevé que d’habitude, soit 20 euros, se justifie pleinement par le complément historique proposé en fin d’album. Un gros dossier bien illustré de Jean-Paul Pallud, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, qui relate en images  l’histoire des U-Boote engagés dans la Seconde Guerre mondiale.  L’une des armes les plus redoutées du IIIe Reich avec les fusées et les avions à réaction. Comme l’explique Jean-Paul Pallud, « les pertes infligées par les  U-Boote aux flottes françaises et anglaises lors de la Première Guerre mondiale ont à ce point marqué les Alliés qu’ils décident en 1918 d’interdire à l’Allemagne d’en posséder un seul… »


 Lors du traité de Versailles, ils exigent la remise de la flotte allemande mais le traité oublie de se faire remettre les plans. Un oubli qui permet à l’Allemagne de contourner aisément les clauses du traité. En mars 1935, Hitler signe avec l’Angleterre un accord naval qui permet à l’Allemagne de mettre en service autant de sous-marins que l’Angleterre. Fatale erreur qui va marquer le début des funestes exploits des U-Boote. Plus de 1.150 engins seront produits avant et pendant le Second conflit mondial. Dans les premières années de la guerre, les U-Boote vont dicter leur loi dans l’Atlantique et chasser en meute. Les convois alliés peu protégés sont alors taillés en pièces avant l’arrivée, en 1943, de navires d’escorte, de radars ou de protection aérienne. 
Ces défenses feront alors pencher la balance en défaveur des sous-marins, traqués, coulés par dizaines.

A la fin du conflit, le bilan est impressionnant. Plus de 2.900 navires alliés ont été coulés, soit l’équivalent de 14 millions de tonnes. Côté allemand, 759 U-Boote sont perdus et sur les 40.000 membres d’équipage, 29.000 ont coulé avec leurs submersibles et 5.000 ont été capturés.

 Philippe Degouy

 « U-47. Tome 1. Le taureau de Scapa Flow ». Scénario de Mark Jennison. Dessins de Gerardo Balsa. Editions Zéphyr.  133 pages. 20 euros

http://www.zephyreditions.net/tout_bd.php

 

Couverture : éditions Zéphyr

Posté le 13 juillet 2011 par Philippe Degouy 0 réactions | Réagir

“Les petits hommes 1973-1975” (BD)

C’est l’été, et pour l'occasion on peut tout se permettre comme petits plaisirs. Y compris celui de redécouvrir sans honte les bandes dessinées qui ont traversé nos années d’enfance. Comme cette série publiée actuellement chez Dupuis, « Les petits hommes », et qui, à l’époque, dans les années 70, n’avait pas rencontré le succès mérité.

Album-cover-large-12519 La faute sans doute à cette année 1968, fatale à cette série « trop gentille », « trop familiale » avec ses bons sentiments et son esprit de clocher. Les spécialistes ont aussi reproché aux auteurs de n’avoir pas su intégrer la femme dans la série. Comme dirait Gaston, « M’enfin ! ». Certes, les femmes n’ont guère de grands rôles mais elles sont bien présentes. Y compris deux jolies femmes nues à découvrir dans « Le vaisseau fantôme ».
"La chance ne repasse jamais deux fois les plats" dit-on. Faux, Dupuis redonne à la série une deuxième chance. Une intégrale qui en est à son troisième tome. Ce volume  reprend, outre des inédits et des histoires courtes, trois classiques de la série, extraits de l’âge d’or du magazine « Spirou » : « Le lac de l’auto », « L’œil du cyclope ». Et notre coup de cœur : « Le vaisseau fantôme ». Une histoire bien charpentée avec un vaisseau fantôme blanc peuplé de squelettes, de robots, de gaz étranges. Pour l’anecdote, Seron avait monté une maquette de plus de 648 pièces pour servir de modèle détaillé à ce vaisseau diabolique. ce qui explique sans doute le côté très détaillé de ses planches.

 Des albums précédés par un nouveau dossier d’archives présenté par Rodolphe Lachat qui resitue dans le contexte historique cette série qui ravira surtout les témoins de ces années 70. Mais pas seulement, puisque l'objectif de ces intégrales est d'attirer de nouveaux lecteurs. Ceux de la génération "manga".

 Philippe Degouy

 “Les petits hommes 1973-1975” Par Seron et Hao, éditions Dupuis. 232 pages. 24,00 euros

 Couverture : éditions Dupuis

Dernières réactions sur nos blogs