août 2011

Posté le 31 août 2011 par Philippe Degouy 0 réactions | Réagir

« 11 septembre 2001. Le jour du chaos »

« Où étiez-vous ce jour-là ? Que faisiez-vous quand vous avez appris la nouvelle ? » Deux questions souvent posées à propos de deux événements historiques, la mort de Kennedy ou la mission Apollo 11 de juillet 1969, et qui resteront également à jamais liées à l’une des plus grandes tragédies connues par l’humanité. Ce 11 septembre 2001, jour maudit quand des islamistes ont jeté des avions sur des cibles civiles et militaire américaines.


Beaucoup de livres, des bons comme des mauvais, ont déjà été publiés sur le sujet. Ce dixième anniversaire sera sans doute celui de la sortie d’une nouvelle livraison.
11SEPTEMBRE Parmi les nouveautés annoncées, l’ouvrage de Nicole Bacharan, politologue et spécialiste des Etats-Unis, et de Dominique Simonnet, journaliste, sort du lot. Les auteurs ont pu avoir accès aux archives déclassifiées pour écrire un livre (publié aux éditions Perrin) construit comme le plus poignant des thrillers. Un scénario que personne n’aurait jamais pu publier. Trop peu crédible. « Qui pouvait imaginer en effet que des êtres humains puissent réaliser une entreprise aussi fondamentalement décivilisée ? C’est précisément parce cet acte était impensable que l’Amérique n’a pu le prévenir. Ce jour-là, l’intégrisme islamiste nous a ramenés aux temps obscurs des dévots criminels et frustrés. Ce jour-là, une nouvelle forme de guerre s’est déclarée avec des ennemis masqués qui frappent les civils et n’ont rien à négocier, et surtout pas la paix. »

L’ouvrage retrace les événements de la journée heure par heure et parfois minute par minute en multipliant les angles. Afin de pouvoir constituer une vue d’ensemble de ce jour de folie. Au fil des pages défilent à nouveau devant nos yeux ces clichés que personne ne pourra jamais oublier : ces tours qui explosent sous l’impact d’avions de ligne puis s‘écroulent dans un nuage dévastateur de poussière grise. Ces civils, coincés par les flammes qui préfèrent se jeter dans le vide pour éviter d’être carbonisés vivants.
Les auteurs retracent ces scènes horribles  comme celle vécue par les rescapés des tours et qui découvrent en sortant à l’air libre une vision d’enfer : « un amas de débris de toute nature, des blocs de pierre et d’acier, des fragments d’avion, des restes humains. Et toujours, des coups sourds, l’impact des corps qui s’écrasent au sol. »

Jamais le terme chaos n’a été aussi bien choisi pour titrer un livre. Car tel est le cas lorsque le premier avion frappe le World Trade Center en début de matinée. Les responsables du transport aérien pensent d’abord à un accident. La maladresse d’un pilote imbécile.
De leur côté, les militaires pensent qu’il s’agit d’un exercice prévu de longue date et demandent plusieurs fois si « c’est réel ». Une attaque d’envergure qui les laisse désemparés devant cet événement unique.  « Car il n’existe aucun plan de riposte pour faire face à une attaque aérienne contre les Etats-Unis. D’où viendraient les avions ? Personne n’a jamais imaginé que la menace viendrait de l’intérieur, au moyen d’avions civils transformés en missiles. »

 « 09h13. Pendant que New York est en feu et que des êtres humains se jettent dans le vide, que fait le président des Etats-Unis ? Figé sur une chaise, dans une salle de classe de Floride, il écoute une histoire de chèvre apprivoisée. » Ce jour-là, l’ignoble se partage avec l’absurde.

Avec également des pointes de surréalisme. Comme cette conversation tenue entre le président et ses parents en fin d’après-midi et rapportée par les auteurs. « A 16h55, le président demande à ses parents où ils sont. Dans un petit motel de Brookfield, Wisconsin, répond sa mère.  Mais qu’est-ce que vous fichez là-bas ? demande le président. Mon fils répond Barbara Bush, tu as obligé notre avion à se poser en catastrophe. Comme les 4.000 autres appareils en vol, celui des parents Bush a été contraint d’atterrir. »

Des questions sans réponses

De temps en temps, les auteurs mettent le récit sur pause, le temps de se poser des questions existentielles pour lancer la réflexion au sein des lecteurs. « Qui peut dire ce qui se passe dans la tête de ces jeunes fanatiques ? Quels sentiments les animent ? La haine, la peur ? L’orgasme de la mort… Est-ce cette pulsion, ce mélange de fanatisme et de frustration qui les a conduits à trancher la gorge de jeunes hôtesses de l’air d’un coup de cutter et qui les décide à précipiter des hommes, des femmes et des enfants dans l’horreur ? »

Des pauses pour se poser des questions, mais également pour mettre le doigt sur les nombreux dysfonctionnements qui ont mené à ce drame au sein des agences de renseignements et qui ont causé la mort inutile de victimes. Sur place, devant les tours en flammes, les policiers et les pompiers disposaient de matériel de radio aux fréquences différentes.

Une rivalité entre départements qui a coûté cher. Trop cher pour les dizaines de pompiers et de policiers qui n’ont pas entendu les appels d’évacuation des tours et qui sont morts ensevelis.

Et pendant que le président passe la journée dans son Air Force One, loin de New York et de Washington, un homme entre dans l’histoire de New York : le maire de la ville, Rudolf Giuliani. Jusqu’à l’épuisement il va s’activer sur les lieux de ce drame new yorkais qui devient à jamais « Ground zero », le lieu de la dévastation. Non loin de Big Apple, à bord du vol 93, des passagers prennent le contrôle de l’avion et obligent les terroristes à s’écraser dans un champ.
Avec la publication des enregistrements des passagers, les auteurs arrivent à rendre le récit aussi dramatique que la situation vécue par les victimes.

Seul reproche à faire aux auteurs, cet usage constant du mot kamikaze dans le récit et qui constitue  pour tout historien une insulte à la mémoire de ces pilotes japonais qui se sont sacrifiés  (en vain) en se jetant sur des navires de guerre lors des derniers mois du dernier conflit mondial pour retarder la défaite.

« Pour George W. Bush, la journée du 11 septembre 2001 s’achève comme elle a commencé. Ce matin, il courait en short dans l’obscurité. Ce soir, il a couru en short dans les couloirs de la Maison-Blanche. Toute la journée, George Bush aura couru dans le noir. »

 Dix ans après, « un mémorial a été construit sur le site du WTC. Deux fosses profondes délimitent l’ancien emplacement des tours jumelles, au fond desquelles s’inscrivent les noms des 2749 disparus du 11 septembre. »

 Et dire que ce mardi promettait d’être une belle journée de fin d’été avec son ciel d’azur. Mais les promesses de l’aube sont rarement tenues.

 Philippe Degouy

« 11 septembre. Le jour du chaos. Minute par minute. Au cœur du pouvoir américain. » Par Nicole Bacharan et Dominique Simonnet. Editions Perrin, 335 pages, 21 euros environ.

 Couverture : éditions Perrin

Posté le 31 août 2011 par Philippe Degouy 0 réactions | Réagir

“Lucio Perinotto Artbook “ (BD)

Pour le fidèles lecteurs du magazine « Le Fana de l’aviation », Lucio Perinotto n’est pas un inconnu puisqu’il réalise ses couvertures depuis des lustres.
Pour les autres, amateurs de peinture ou d’aviation, ils découvriront l’œuvre de l’artiste dans ce splendide album publié par les éditions Paquet.

Lucio_perinotto_artbook_bd_paquet
Pour le peintre, « tout le travail d’une couverture du « Fana de l’aviation » réside dans le compromis qu’il faut trouver entre la  réalité historique et l’espace réduit du format. Il faut en effet montrer une action normalement éparpillée sur plusieurs kilomètres dans le ciel, dans 30 cm de haut sur 21 cm de large, de telle sorte que le lecteur puisse en saisir l’enjeu. » Si l’artiste voue une passion spéciale aux avions de la Seconde Guerre mondiale (Spitfire, B-17, P-40, Me 109,…) il ne délaisse pas des modèles étranges ou plus « banals ». Comme le Snecma coléoptère ou le plus classique Boeing 707 « qui a permis à monsieur tout le monde d’accéder au voyage avec un prix du billet abordable. »
Fin connaisseur du monde de l’aviation donc et tout disposé à partager son goût prononcé pour tout ce qui vole avec son public. « Depuis l’enfance, je voue une passion sans bornes aux avions. Il m’a toujours paru naturel, évident même, de les dessiner puis de les peindre. Pour les couvertures, où le travail doit être rapide, souvent l’idée me trotte en tête depuis un moment, à la suite de lectures ou de films. L’acte de peindre n’est que la dernière étape du processus et, en général, c’est la plus rapide. »

Sa méthode de travail, Lucio Perinotto la dévoile dans un making of illustré, qui, sans être un guide d’apprentissage, se veut pratique et ludique.

Quant à ses tableaux, ils doivent s’apprécier en regardant l’oeuvre dans son ensemble. L’avion, bien sûr, mais également le décor qui mérite souvent le détour. Comme ce paysage new yorkais peint avant la construction des grands buildings. Sublime, tout simplement.
Outre la reproduction de quelques dizaines de couvertures, figurent également des croquis d’ambiance ou des études de composition pour capturer toute l’ambiance dramatique de scènes aériennes. L’artiste souhaite d’ailleurs, le plus possible, présenter le pilote aux commandes, dans des attitudes réalistes. Avec cette crispation et la peur qui marquent les visages de ces pilotes qui s’affrontent dans des passes d’armes qui ne laisseront bien souvent qu’un seul survivant.
Mention spéciale pour la couverture avec un superbe P-51 Mustang (notre coup de cœur) au-dessus du Chrysler Building de New York qui permet à l’artiste de satisfaire son grand intérêt pour les avions dépourvus de camouflage et présentés en aspect brut, métallique. L’occasion pour lui de jouer avec les effets de lumière.

Il reste, en définitive, un album qui tire plus du livre d’art que de la BD. A quelques mois des fêtes de fin d'année, voilà déjà une bonne idée de cadeau.
L’ouvrage est à lire avec un bon vieux disque de Glenn Miller ou d'un Big Band des années 40-50.
Même si l’auteur avoue peindre ses avions venus du passé sur fond de rock ou de musique classique.  

Philippe Degouy

 “Lucio Perinotto Artbook”. Collection Cockpit. Editions Paquet. 19 euros. 82 pages.

 Couverture : Lucio Perinotto

Posté le 29 août 2011 par Philippe Degouy 0 réactions | Réagir

1942, le tournant de la guerre

C'est à Stalingrad, El Alamein et Midway que se joue l’issue de la guerre. Pour le monde libre, la victoire devient un rêve accessible. Max Gallo livre le 3e tome de son grand récit de la seconde guerre mondiale.

 En 1942, on se bat aux quatre coins de la planète. La guerre, devenue mondiale avec l'entrée en guerre des Etats-Unis et de l'URSS en 1941, et également totale, car conduite avec une férocité jamais vue.

 Max Gallo Dans le troisième tome du récit qu'il livre de la seconde guerre mondiale, Max Gallo relate comment les forces de l'Axe ont progressivement perdu l'initiative sur les différents théâtres d'opérations. L'historien français cite abondamment les notes et commentaires personnels des principaux protagonistes des différents camps: Rommel, Churchill, Hitler, de Gaulle, Staline, Montgomery, etc.

 C'est en Russie, à Stalingrad, que la Wehrmacht encaisse sa première grande défaite au terme d'un bras de fer sans pitié avec l'Armée rouge. Les combats sont livrés dans des conditions climatiques dantesques et laissent sur le terrain des centaines de milliers d'hommes dans chaque camp. Supportant toute la pression de l'armée allemande, les Russes réclament à cors et à cris l'ouverture d'un second front en Europe. S'estimant insuffisamment préparés, les Anglo-Américains lanceront néanmoins l'opération «Torch» en Afrique du Nord.

En Afrique du Nord d'ailleurs, le vent tourne également. L'Afrikakorps de Rommel doit battre en retraite en novembre 1942 devant El Alamein. Churchill, pourtant, se gardera bien de se laisser aller à l'euphorie en annonçant devant la Chambre des Communes la victoire d'El Alamein: «Ce n'est pas la fin. Ce n'est même pas le commencement de la fin. Tout au plus s'agit-il de la fin du commencent.»

 Enfin, Max Gallo évoque l'agonie du peuple juif en Europe. Après avoir exterminé les juifs de Pologne et de Russie, les nazis entament des déportations de masse à partir de l’Europe de l'Ouest. En France, la rafle du Vel d'Hiv le 16 juillet 1942 envoie 13,000 juifs dans les camps de la mort.

 De leur côté, les Alliés sont informés de l'existence des camps de Pologne mais ne bougent pas: ils estiment que la meilleure façon de mettre fin au massacre est d'anéantir militairement le régime nazi. Aucun raid de bombardement ne sera jamais entrepris contre les camps de la mort.
Ce qui plus tard sera lourdement reproché à Londres et Washington.

 Jean-Paul Bombaerts

 «1942, le jour se lève», Max Gallo, XO éditions, 362 pages, 19,90 euros

Posté le 29 août 2011 par Philippe Degouy 0 réactions | Réagir

« Jets de la Seconde Guerre mondiale. » T2

Après un premier tome dédié à la genèse de l’aviation à réaction, ce second hors-série du magazine « Aero Journal » (éditions Caraktère) retrace son usage au combat lors des derniers mois de la Seconde Guerre mondiale.  
Avec comme exemples les quatre jets allemands qui ont douloureusement ouvert cette nouvelle ère de l’aviation moderne : l’Arado Ar 234 (premier bombardier à réaction de l’histoire), le Heinkel He 162 et les Messerschmitt Me 163 (plus fusée qu’avion) et Me 262, le plus connu auprès du grand public.

JetsT2 Une aviation à réaction entrée en guerre en mai 1944 et qui, à cette date, ne sert plus que d’ultime rempart aux assauts continus de l’aviation alliée. Celle-ci a réussi à dominer les cieux allemands, mais au prix de pertes effroyables.
Comme l’explique le hors-série, l’aviation à réaction était si novatrice qu’elle a obligé la Luftwaffe à repenser entièrement ses techniques de combat. Piloter un jet n’était en effet nullement comparable au pilotage des traditionnels avions à pistons,  plus maniables, moins performants mais plus tolérants aux erreurs de pilotage.
Les pertes de pilotes de jets allemands causées par des erreurs humaines furent d’ailleurs aussi importantes, sinon plus, que celles causées au combat.
Deux choses ont (heureusement) manqué aux Allemands pour pouvoir renverser la tendance : du temps et des pilotes bien formés pour remplacer ceux qui furent abattus ou tués à l’entraînement.
Ce hors-série se termine par deux articles qui servent d’épilogue à cette étude richement illustrée de photos historiques et de plans en trois vues qui raviront les maquettistes.
Le premier est consacré au développement de l’aviation tchécoslovaque, obligée d’improviser la mise au point de ses jets sur la base de documents récoltés au petit bonheur la chance et de pièces détachées ponctionnées sur des épaves de Me 262 allemands.
Le second concerne l’usage du Me 262 sous l’étoile rouge. Une Union Soviétique qui était à l’époque bien en retard quant au développement d’avions à réaction. Lors de leur avancée en Europe, les Soviétiques font alors main basse sur les technologies allemandes dont des Me 262 intacts, véritables Rolls Royce face à leurs  appareils rustiques. Images étranges d’ailleurs que ces Me 262 frappés de l’étoile rouge qui illustrent cet article. Comme le soulignent les auteurs, « l’Union Soviétique aurait eu bien du mal à concevoir des jets de combat sans l’apport de la technologie allemande.  Si pour l’Allemagne, les avions à réaction ont été de peu d’utilité pour défendre le pays, il n’en sera pas de même pour les Alliés, à l’Ouest comme à l’Est, qui sauront en exploiter la technologie. »

 Quand est tiré le dernier obus du dernier chasseur mis en vol, quel bilan faut-il tirer de l’usage des jets à réaction ? Ces « armes miracles » arrivées trop tardivement.
Pour les auteurs du hors-série, « les jets n’ont pas été à la hauteur de l’attente mise en eux. Une question se pose alors, après coup : ces appareils sont-ils arrivés trop tôt avec une technologie trop avancée et un manque de doctrine d’emploi ou trop tard à cause de retards accumulés en raison de succès militaires initiaux autant spectaculaires qu’inattendus ? »

Aujourd’hui encore, la question reste entière.

 Philippe Degouy

 “Jets de la Seconde Guerre mondiale tome 2”. Hors-série n°9 du magazine « Aero Journal » (septembre-octobre). 14,90 euros. 116 pages. Editions Caraktère

 Couverture : éditions Caraktère

Posté le 24 août 2011 par Philippe Degouy 0 réactions | Réagir

« Michel Vaillant. Intégrale tome 13. » (BD)

Au rayon des héros d’antan revenus pour un come-back, force est de constater que malgré certaines scènes (familiales notamment) un peu vieillies, Michel Vaillant reste toujours d’attaque face aux jeunes loups.  

VAILLANT Ce 13e tome de l’intégrale publiée aux éditions du Lombard reprend trois albums qui ne figurent pas parmi les plus connus mais qui méritent néanmoins une (re)lecture : « Rallye sur un volcan », « Rififi en F1 » et « Paris-Dakar ». Rien n'est à jeter. Et comme d’habitude, l’éditeur ne lésine pas sur la quantité de bonus offerts. Avec en introduction la rétro des Vaillante qui ont survolé les années 1970 à 1974.
L’occasion est donnée de retrouver des bolides exceptionnels comme cette Ford Mk IV Vaillante ou la Vaillante Cevert.
Au fil des pages figurent aussi des curiosités comme cet album publicitaire, « Une Escort pour Michel Vaillant »,  commandé par Ford pour célébrer en 1980 la sortie de la Ford Escort. Une voiture qui servira de monture au héros dans l’album « Rallye sur un volcan ». De rallye, il en est question également dans la BD « Paris-Dakar » qui termine le trio d’albums republiés avec « Rififi en F1 ».
Une course légendaire, controversée, et racontée par le journaliste Gérard Holtz, « Monsieur Dakar », qui a rédigé le chapitre habituel dédié à l’histoire de la compétition automobile.  Et consacré au Paris Dakar, le rêve un peu fou de Thierry Sabine, motard passionné et création de l’Enduro du Touquet ou de la Croisière verte. Le premier rallye franco-africain quitte Paris le 28 décembre 1978. « Sur 182 engagés, seulement 74 atteignent Dakar le 14 janvier 1979. » Une course épuisante pour qui Gérard Holtz est passé de l’opposition au coup de foudre sans réserve pour cette aventure humaine vécue au cœur de cette Afrique si méconnue. L’occasion est ainsi donnée au journaliste de raconter ses anecdotes étonnantes. Comme le jour où son hélicoptère s’est posé en plein milieu d’un champ de mines.
Des souvenirs personnels qui permettent également de retrouver des légendes de cette épreuve comme Ari Vatanen, Ickx et Brasseur, Jutta Kleinschmidt, Gaston Rahier, Hubert Auriol ou Cyril Neveu. Sans oublier l’évocation de Thierry Sabine, décédé en janvier 1986  dans l’accident de son hélico avec le chanteur Daniel Balavoine venu en Afrique pour des motifs humanitaires.

Depuis quelques années, le Dakar a changé de continent , victime de la géopolitique africaine devenue trop instable. L’Amérique du Sud a désormais remplacé l’Afrique.
Mais « le Dakar n’a pas fini de faire rêver, même si beaucoup d’entre nous garderont la nostalgie de l’Afrique et des années Sabine. »

 Philippe Degouy

« Michel Vaillant. L’intégrale tome 13 ». Par Jean Graton. Editions Le Lombard. 340 pages.

 Couverture : éditions Le Lombard

Posté le 22 août 2011 par Philippe Degouy 0 réactions | Réagir

“La planète des singes et autres romans”

Ingénieur, planteur en Malaisie, écrivain… De l’aventurier français Pierre Boulle on retient surtout deux romans « Le pont de la rivière Kwaï » et « La planète des singes ». Mais qui peut se targuer de pouvoir citer d’autres titres de l’auteur ?
BOULLE Cette anthologie récemment publiée aux éditions Omnibus a pour but de corriger cette lacune en présentant ses romans et nouvelles issus de la science-fiction. Un ouvrage articulé autour du classique «  La planète des singes » dont une nouvelle adaptation vient de sortir au cinéma en présentant la genèse d’un monde dominé par les singes.

Parmi les nouvelles présentées, citons « Les Luniens », « E=MC2 ou le roman d’une idée » sans oublier celle au titre jouissif, « L’homme qui haïssait les machines », à redécouvrir en ce début de siècle où un humain n’est rien sans sa panoplie d’objets électroniques. Les romans ne sont pas dépourvus de classiques savoureux, qui prennent souvent comme cibles les milieux écologistes, ces « créateurs d’utopie », ou les symboles de l’autorité : « Le Bon Leviathan », « Le professeur Mortimer » ou « La baleine des Malouines », récit plus positif que les précédents.
Sans oublier l’ouvrage devenu culte : « La planète des singes », adapté au cinéma en 1968 et en 2001, sans oublier la version de cet été. L’histoire débute par des vacances dans l’espace vécues par un couple, Jinn et Phyllis. Ils découvrent par hasard une bouteille renfermant le récit étrange d’un homme échappé d’une planète peuplée de singes civilisés. Le narrateur, Ulysse  Mérou, un jeune français, raconte son arrivée sur la planète Soror et sa découverte de ce peuple singe. « Je restai là, comme assommé, terrassé par une vision hors de proportions avec ma pauvre raison humaine (…) Mon attention fut retenue tout entière par un personnage qui regardait dans ma direction. Je faillis pousser un cri de surprise (…) car cet être était un singe, un gorille de belle taille. J’avais beau me répéter que je devenais fou, je ne pouvais nourrir le moindre doute sur son espèce. »

Mais comment ces êtres primitifs ont-ils pu prendre le pas sur la société humaine ?  « Les singes, tous ces singes, ils se multiplient sans cesse, alors que leur espèce semblait devoir s’éteindre à une certaine époque. Si cela continue, ils deviendront presque aussi nombreux que nous. Ils deviennent arrogants. Ils soutiennent notre regard. Ce qui nous arrive était prévisible. Une paresse cérébrale s’est emparée de nous. Plus de livres, plus de jeux. Pendant ce temps, les singes méditent en silence… », explique dans son délire une humaine enfermée dans une cellule d’un asile d’aliénés.

Adopté par un couple de singes scientifiques, Zira et Cornélius, Ulysse réussit, avec leur aide, à s’enfuir de la planète avec une femme, Nova, et son bébé pour rejoindre la Terre. Ou du moins celle qu’il pense être sa Terre natale. La réalité sera bien différente…
Pas question de révéler la fin étonnante de ce roman au ton ironique et qui offre un reflet misanthrope de notre civilisation humaine.
La question qui sert de fil rouge au récit est assez simple : « qu’est-ce qui caractérise une civilisation ? »
« Au fond, on est tous le singe de quelqu’un » souligne Jacques Goimard, auteur et spécialiste de la science-fiction dans la postface qui accompagne l’anthologie.  Il explique le regard scientifique de Pierre Boulle, qualifié « d’humaniste ironique », sur divers problèmes de société.

Une solide anthologie, à redécouvrir comme lecture de fin d’été, un dernier plaisir à savourer tranquillement, avant le matraquage des romans de rentrée.

 Philippe Degouy

 « La planète des singes et autres romans ». Par Pierre Boulle. Préface de Jacques Goimard. Editions Omnibus. 1024 pages. 27 euros.

 Couverture : éditions Omnibus.

Posté le 19 août 2011 par Philippe Degouy 0 réactions | Réagir

L’Amérique dans tous ses Etats. Juste pour vous !

Les vacances sont déjà presque terminées, mais il n’est pas trop tard pour se lancer dans un dernier baroud estival en visant haut, en partant loin. Les Etats-Unis, cela vous tente ? Comme le dit le président Obama, « yes you can ! »
En plus, septembre ou octobre sont des mois délicieux pour visiter le pays de l’oncle Sam. La foule est absente, la chaleur plus supportable et les prix moins élevés.
Nombreux sont les guides qui ciblent cette destination. Nous en avons sélectionné deux  qui sont sortis il y a quelques semaines et qui serviront de guides fiables. Sans doute moins illustrés que d’autres mais bien plus pratiques. Et conformes à notre expérience américaine.

Petit plus de ces guides : les deux ouvrages sont signés par des auteurs qui sont allés sur le terrain et qui engagent donc leur responsabilité. La journaliste française Anne Toulouse propose, après son premier volume consacré à l’Ouest, un second tome dédié aux Etats de l’Est américain. De l’Alabama au Wisconsin, en passant par la Floride, New York ou le Tennessee.
USAT2 Publié aux éditions Jacob-Duvernet, « L’autre guide USA » constitue davantage un road-book qu’un guide classique. Comme elle l’explique dans son introduction : « je voudrais vous donner quelques conseils et astuces expérimentés lors du demi-million de miles que j’ai parcourus en voiture. Les critères du voyageur américain ne sont pas les mêmes que ceux du voyageur européen. Les connaître vous fera gagner certainement de l’argent, et je l’espère du plaisir et de la sécurité. » Pour chaque Etat présenté, l’auteur présente ce qu’elle considère comme des curiosités incontournables, les bons plans pour le logement et la restauration sans oublier les endroits « pour touristes » à éviter.
Aucune illustration dans ce guide mais qu’importe. Les clichés, vous les ramènerez de là-bas. Avec les souvenirs insolites.

 Le style de son guide est amusant et son opinion, sans détours. Elle aime ou pas un lieu présenté. Même sans partir, son ouvrage se lit comme un récit de voyage bourré d’anecdotes. Pratiques, culinaires ou historiques. Anne Toulouse n’a pas sa langue dans sa poche et un voyage en sa compagnie doit valoir le détour.

 Go West !

 Si, par contre, vous voulez retrouver vos souvenirs de westerns ou découvrir la signification de l’expression « grands espaces » le « Guide Ouest américain » des éditions Lonely Planet devrait satisfaire vos désirs. OUESTAMERICAIN Comme le soulignent les auteurs, « dans l’Ouest américain, l’invitation au voyage prend mille visages. Le cinéma a forgé la légende de ces paysages marqués par l’héritage des peuples amérindiens où plane encore l’ombre des pionniers et des chercheurs d’or . »

Ici aussi, l’accent est mis sur le côté pratique avec astuces et mises en garde au menu. S’il ne fallait garder à l’esprit qu’un conseil, ce serait celui-ci : « il ne faut jamais perdre de vue l’immensité des Etats-Unis. Il faut donc bien planifier son voyage de façon à ne pas passer tout son temps sur la route. » En effet, long est le chemin qui sépare chaque attraction. Et aux States, on ne compte pas en kilomètres, mais en heures de route.
Si vous en êtes à votre premier séjour dans l’Ouest, il n’est pas idiot de suivre les itinéraires proposés par les auteurs. Surprises garanties.  Vous pouvez aussi organiser votre séjour autour d’un thème. Comme les merveilles de la nature (les plages californiennes, la vallée de la Mort ou les Rocheuses…), les villes (L.A., San Francisco ou Las Vegas), l’Amérique indienne (avec séjour indispensable à Monument Valley, décor des films de John Ford) ou sur les traces des routes mythiques (route 66, la Pacific Coast Highway ou la US Highway 50, la route la moins fréquentée d’Amérique.)

Quant à nous, nos coups de cœur sont destinés à Sausalito, pour un petit déjeuner face au Golden Gate, Monument Valley pour son décor de westerns fabuleux et pour la visite du Nouveau-Mexique, aux couleurs fantastiques. Parmi d’autres.

Alors, Est ou Ouest ? Impossible de répondre à cette question. Ils sont l’Amérique, à leur façon. 

 Philippe Degouy

“Ouest américain. San Francisco, Los Angeles, Las Vegas et les parcs nationaux". Sara Benson, auteur coordinateur. Editions Lonely Planet. 23 euros. 588 pages.

« USA, l’autre guide. Les 26 Etats de l’Est américain ». Par Anne Toulouse. 14,70 euros. Editions Jacob-Duvernet. 543 pages.

Couvertures : éditions Lonely Planet et Jabob-Duvernet

Posté le 18 août 2011 par Philippe Degouy 0 réactions | Réagir

« Les comptes annuels des petites associations »

Publié dans la collection « Les dossiers d’ASBL Actualités-Non-Marchand/Economie Sociale », ce nouvel opus paru aux éditions edipro se propose de  fournir toute l’assistance souhaitée pour la bonne tenue des comptes d’une association sans but lucratif.
Le but de l’ouvrage se veut pratique en expliquant en détails les multiples écueils qui ne manqueront pas d’apparaître dans la gestion au quotidien d’une ASBL. Le dossier donne la parole à des spécialistes du sujet. Comme Christian Fischer, expert-comptable , qui examine le régime d’option pour la comptabilité complète et la tenue libre d’une comptabilité en partie double. Jean-Pierre Vincke, réviseur d’entreprise honoraire,  passe en revue les obligations de publication des comptes annuels des petites ASBL et les éventuelles sanctions. Baudouin Theunissen, réviseur d’entreprises, commente pour sa part les obligations comptables des petites associations en matière de comptabilité et de comptes annuels. Fernand Maillard, également réviseur d’entreprise, donne une réponse cette question : que peut-on réellement qualifier de recette et de dépense devant obligatoirement faire l’objet d’une inscription dans le livre comptable ?  Enfin, Michel De Wolf, professeur à l’UCL et à l’ULg répond à la question relative à la vérification et au contrôle des comptes.
Une terminologie permet de rendre plus accessibles les références citées dans l’ouvrage et de comprendre certaines nuances, par ailleurs expliquées en détails dans le chapitre consacré à l’aperçu général de l’encadrement comptable légal des ASBL. Les trois catégories y sont développées : les petites ASBL, les grandes ASBL et les ASBL régies par des règles comptables particulières.

Certes, l’ouvrage n’est pas destiné au grand public, pour qui il semblerait bien abscons, mais il trouvera certainement son lectorat au vu des nombreuses ASBL en activité au sein du royaume. Comptables, trésoriers et administrateurs sont clairement ciblés par les auteurs de ce nouveau manuel disponible depuis le 8 août.

 Ph.D.

“Les comptes annuels des petites associations(asbl, aisbl et fondations) » Collection Les dossiers d’asbl actualités n°11. Sous la coordination de Baudouin Theunissen. Editions edipro. 128 pages. 38 euros.

http://www.edipro.info/asbl_actu11_descriptif.html

Posté le 18 août 2011 par Philippe Degouy 0 réactions | Réagir

“Concours d’élégance. Le rêve automobile”

Puisque l’actualité et la météo ont décidé de nous ternir l’été, misons pour terminer celui-ci sur le rêve, la classe et la beauté avec cet ouvrage de Patrick Lesueur.

Concours Son album publié aux éditions E-T-A-I rend hommage à ces fameux concours d’élégance automobile organisés en France entre les années 20  et le milieu des années 60.  Deauville, Cannes, Nice ou Vichy ont servi de théâtre à ces spectacles prisés par la haute société. Des concours dont la réussite reposait sur plusieurs éléments indispensables : une belle voiture, bien évidemment, mais aussi un cadre élitiste, et des femmes, belles et habillées par les plus grands couturiers, pour servir de chauffeur à ces voitures de rêve. Et comme le souligne l’auteur, il y avait tellement de prix à remettre que chaque participant repartait heureux et fier de sa prestation.
En feuilletant cet album dédié à la voiture mais également aux jolies femmes, on se souvient d’un temps, pas si lointain, où la voiture était belle, stylée et pas seulement dédiée à un usage au quotidien.
L’occasion est belle de revoir des splendeurs disparues de nos routes. Comme cette Duesenberg Model J de 265 ch ou cette Renault Reinasport de 1933. Avouons un faible pour cette Delage D6-70 Grand Sport au look à la fois sportif et futuriste. Avec sa livrée noire, « elle en jette », pour parler vulgairement.

Après 1945, ces concours d’élégance vont connaître un dernier baroud d’honneur pour faire oublier toutes ces horreurs vécues pendant cinq ans. Puis disparaître peu à peu, victime d’une époque et de mentalités différentes. Le luxe dérange de plus en plus et doit se cacher.
De ce voyage dans le temps au travers de ces quelques dizaines de pages, il ne reste alors que des étoiles dans les yeux et des regrets. Comme celui de devoir conduire  une voiture sans âme, standardisée et non point une Aston Martin DB4 ou une Panhard Dyna type Z-17.

 Philippe Degouy

« Concours d’élégance. Le rêve automobile. » Par Patrick  Lesueur. Editions E-T-A-I. 192 pages.

 Photo : éditions E-T-A-I

Posté le 17 août 2011 par Philippe Degouy 2 réactions | Réagir

« L’ogre, le zazou, la résistante » (BD)

Fameux trio que voilà. Et autour duquel gravitent des personnages tantôt graves, tantôt ironiques. Comme Henri Jeanson, le journaliste rebelle au ton cynique et capable de bons mots : « la musique militaire commence comme la guerre, par des heures héroïques, et finit toujours par des minutes de silence ! »
A l'instar du premier tome de la série « Catacombes » publiée aux éditions Glénat et réalisée par le duo Manini/Chebereau, « L’ogre, le zazou, la résistante »  flirte avec plusieurs genres.
L’intrigue se déroule en effet dans les sombres années de la Seconde guerre mondiale mais avec des incursions fréquentes dans le genre horrifique quand entre en scène ce peuple cannibale qui hante les catacombes parisiennes.
Catacombes Un mélange détonnant mais réussi. On ne sait plus, en effet, si le malaise provient de cette occupation allemande de plus en plus liberticide ou de l’existence de ce peuple souterrain guidé par une entité baptisée le diable vert. Qui est-il, d’où vient-il ? Les questions sont nombreuses. Bien malin sera le lecteur qui réussira à dénouer l’intrigue, tortueuse à souhait de ce volume qui débute sous l’Occupation et qui se termine, par un raccourci un peu trop rapide à notre goût, au début de mai 68.
De quoi donner envie de se jeter sur le tome 3, déjà annoncé avec un titre prometteur : « sous les pavés les entrailles. »
« Catacombes », une série méconnue au dessin ultra réaliste, qui remplit parfaitement son rôle : divertir. Mission réussie avec comme seul avertissement celui de débuter sa lecture par le premier volume. Afin de savourer pleinement le machiavélisme du scénariste qui sort des sentiers trop souvent battus par de nombreuses séries classiques.
Prendre le train en marche est possible mais vous priverait de la mise en place d’un thriller qui va crescendo.
Petit clin d’œil enfin à la couverture de l’album avec son décor de cinéma et cette plaque d’égout soulevée qui rappelle la scène d’anthologie du film « La grande vadrouille » dans laquelle les fuyards kidnappent et déshabillent des passants pour s’évader de Paris, habillés en civils.

 Philippe Degouy

« L’ogre, le zazou, la résistante ». Catacombes. T2. Scénario de Jack Manini. Dessin de Michel Chevereau. Editions Glénat. 55 pages.

 Photo : éditions Glénat

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