Posté le 15 février 2012 par Philippe Degouy

«L’exode de 1940 raconté par 120 témoins. T.2 »

Ce second volume de « Paroles d’exode », l’ouvrage de Roger Marquet publié aux éditions Weyrich, se veut un mémorial de papier de cet enfer vécu par des millions de belges et de Français lancés sur les routes pour fuir l’envahisseur allemand.
Un exode massif marqué par les souvenirs des anciens, ceux qui avaient vécu lors de la guerre de 1914-1918 les crimes ignobles des troupes allemandes.  Un recueil poignant qui participe au devoir de mémoire. Le résultat d’un appel aux souvenirs lancé par l’auteur dans les médias en mai 2009. «Et la guerre changea leur destin.»

PAROLEDEXODELe premier volume n’arrivait pas à contenir tous les récits d’importance historique. Ce second tome, de plus de 600 pages d’histoires vécues et illustrées de clichés personnels, raconte une fois encore la peur sur les routes avec le danger des avions allemands, la faim, la soif et la crainte, au retour, de ne plus rien retrouver. Maisons détruites ou biens volés. Un pillage souvent orchestré par… ceux qui étaient restés sur place ou revenus avant les autres.
Le récit de Roger Vachaudez, huit ans en mai 1940, résume parfaitement la situation vécue par ces civils jetés sur les routes. «Mes souvenirs sont la chaleur, la poussière, la fatigue, la soif surtout, les colonnes de réfugiés, les animaux morts ou perdus, les villes qui flambent. (…) Nous marchons toujours, combien de jours, je ne sais pas, refoulés par ici, admis par là. Je suis si fatigué de marcher. (…) Arrivé à un âge où les souvenirs s’estompent (…) je ne sais toujours pas ce que nous sommes partis faire sur les routes de France en ce beau mois de mai 1940. »
Tony Delcour raconte , lui, les attaques de Stukas allemands, sirènes hurlantes. «Les oiseaux de proie piquaient à quelques centaines de mètres devant nous dans l’axe de la route, semant l’effroi et mitraillant. Par deux fois, les Stukas repassèrent  très bas, achevant leur triste mission. Ces attaques de civils nous firent encore plus détester ces Allemands barbares.»

 «Septembre 1940, les derniers Belges sont rentrés chez eux. Mais, beaucoup n’ont pas eu cette chance. Près de 6.552 civils sont morts, tués sur les routes ou victimes de bombardements.  Et la suite de cet exode se résume en quatre ans d’occupation allemande


«De la fureur des Teutons, délivrez-nous

 Philippe Degouy

 “Paroles d’exode. L’exode de 1940 raconté par 120 témoins.” Tome 2. Par Roger Marquet. Editions Weyrich. 648 pages.

 Couverture : éditions Weyrich

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